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Les relations de la Turquie otages du problème arménien (2/2)

TURCOPHOBIE

Ecrit par , 2007-09-12 23:09:29


Turquie News vous propose de découvrir un article de Soli Özel publié dans le quotidien Zaman. Soli Özel analyse la maladresse des Turcs face au lobbying intensif des nationalistes arméniens en vue de réviser l’histoire dans le cadre des campagnes ultra-nationalistes menées par les officines arméniennes.

La propagande turcophobe des nationalistes arméniens vise occulter les crimes de masse perpetrés par les milices arméniennes contre la population turque en faisant valoir la thèse d’un "génocide arménien" qui tend à laisser croire que les seules victimes en Anatolie seraient arméniennes ; faisant ainsi la part belle à la mise en place d’une histoire officielle dictée par les groupes de pression arméniens, principalement en Europe et en Amérique du Nord.

Lire la première partie : Les relations de la Turquie otages du problème arménien (1/2)


Par Soli Özel

* Pourquoi Peres est-il intervenu ?

C’est la Turquie qui lui a demandé de faire un geste. La Turquie a ouvertement menacé les relations Turco-Israéliennes et au lieu d’appeler l’ambassadeur américain, a appelé l’ambassadeur israélien. A mon avis nous avons commis une erreur en négligeant de dissocier la communauté Américano-Juive et la politique intérieure américaine, d’Israël. Personnellement, je ne vois pas pourquoi Israël offenserait manifestement la Turquie et mettrait en avant ces organisations. En outre je ne pense pas que ces organisations agissent seulement quand Israël leur en donne l’ordre. Dans ce cas particulier, elles ont agi entièrement seules, sachant très bien qu’Israël réagirait et qu’il y aurait des répercussions.

* Les organisations juives sont-elles été vraiment disposées à combattre le combat de la Turquie ?

Au cours des dernières années les organisations juives étaient peu enclines à combattre la Turquie. Puisque, admettons-le, c’était un combat perdu d’avance vue la manière dont nous avons choisi de combattre cette question de motion. Nous avons fait beaucoup d’erreurs qui ont affaibli notre position et ont fait douter de notre crédibilité.

* Quels types d’erreurs ?

À un moment où vous discutez si un génocide a eu lieu ou non, et votre argumentaire est - non car c’était réciproque et les Arméniens ont fait plus de mal - la direction de votre association historique a sorti une idée. A savoir, qui est anathème pour n’importe qui, qui plus est pour les juifs, avoir des listes de personnes basées sur leur origine ethnique. Et le gouvernement ne s’en est pas désolidarisé.

* Qu’est-ce qui aurait du être fait ?

Nous aurions du parler du contexte, du nationalisme, et de la responsabilité des grandes puissances qui sont et à l’origine de certaines choses et auteurs de certaines autres. Mais avant tout, nous aurions du regretter qu’une si grande tragédie humaine ait eu lieu. Ainsi vous auriez pu demander le respect pour tous les morts de la Première Guerre Mondiale. La République Turque n’est pas responsable de ce qui s’est passé en 1915. Les autorités turques pourraient exprimer la douleur profonde pour les tragédies qui se sont produites.

* Ainsi la stratégie turque a échoué ?

Évidemment, la stratégie pour casser cet élan, pour arrêter le congrès américain sur le vote de la motion non contraignante, a tout à fait et malheureusement échoué. Reconnaissons juste ceci, un membre du Congrès, élue de la Californie, qui est actuellement la Présidente de la Chambre, n’a pas les moyens — à moins de circonstances extraordinaires – de baisser le quorum requis (218 voix) pour le passage de la motion devant le Congrès avant les élections de 2008. Il y a à ce jour plus de 227 soutiens. Injuste peut-être, mais la Turquie a perdu la bataille.

* Comment la Turquie peut-elle changer la nature de la discussion ?

Ce que la Diaspora arménienne veut c’est l’appellation génocide. Nous ne devons pas accepter cela. Personne en Turquie n’acceptera cela. Mais nous avons longtemps joué sur les mots. Ce n’est pas l’appellation qui est importante ; le vrai problème est d’entrer dans le fond des choses. Vous pouvez prendre ce qu’a dit Yusuf Halaçoğlu, le directeur de la Société d’Historique turque (TTK) et tourner en rond. Vous pouvez dire que c’est vraiment une terre multiconfessionnelle et multiethnique. Nous avons des personnes qui ont été contraintes de se convertir à l’Islam, évidemment pour sauver leurs vies. Employez la même chose pour un sujet différent. En acceptant le jeu des appellations, vous avez carrément mis toute la population face à une menace importante. En portant le problème sur un niveau ethnique et nationaliste, vous avez fait une interprétation émotive sur ce qui s’est produit. D’abord, vous devez changer l’air, après vous pourrez discuter des choses.

* En quoi la normalisant des relations avec l’Arménie aiderait-elle la Turquie ?

La seule raison que je vois pour la continuation du blocus actuel, est l’Azerbaïdjan et les sensibilités du public turc qui est à 20% des Azéris à proprement dit, en plus il y a le Haut-Karabakh sous occupation ; les gens sont des réfugiés dans leur propre pays et les Arméniens ne font rien à ce sujet, la communauté internationale non plus — alors pourquoi ouvrir la frontière ? Si la Turquie ouvrait la porte avec l’Arménie, elle aurait beaucoup plus d’influence sur l’Arménie qu’elle en a aujourd’hui. Deuxièmement, elle pourra mieux expliquer sa position, parce que beaucoup d’étrangers ne savent pas qu’il y a des vols officieux entre Erevan et la Turquie ; il y a environ 30.000 Arméniens qui travaillent effectivement ici. En conclusion, les villes frontalières veulent que les frontières soient ouvertes parce qu’elles souffrent économiquement. Je pense que nous devrions également raisonner sans les Azéris et poursuivre notre chemin. Ce serait déjà bien pour aider la Turquie sur la motion arménienne.

* Si la motion passe l’année prochaine, la Turquie fermera-t-elle la base d’İncirlik ?

La Turquie devra répondre à cette question. Je ne pense pas qu’elle fermera tout à fait İncirlik, mais elle peut ne pas permettre à des approvisionnements d’être expédié d’İncirlik. Ce qui, d’ailleurs, peut être la seule manière pour inciter l’Administration Bush de convaincre le congrès — si c’est le cas alors la vie des soldats américains serait compromise. L’Administration Bush peut alors blâmer les Démocrates en disant « vous avez compromis la vie des troupes américaines ». Elle peut également s’attaquer aux Républicains et aux Démocrates en disant : « nous vous avions toujours dit que la Turquie était un allié incertain — à un moment où nos troupes souffrent, elle nous fait faux-bond ».

* Quelles sont les autres priorités de politique étrangère sur la table du nouveau gouvernement turc ?

Les relations avec l’Union Européenne naturellement, mais moi je dirai plutôt les relations avec les Etats-Unis. Nos relations avec les Etats-Unis ont un effet sur toutes nos autres relations, y compris l’Iran, Irak, le reste du Moyen-Orient et la Russie. Nous devons avoir un nouvel accord avec les Etats-Unis. Le moment peut venir où la Turquie devra choisir entre l’Iran et les Etats-Unis, ou l’Iran et l’Ouest, ou même l’Iran, la Russie et l’Ouest. Quoique l’Irak ait nui gravement aux relations Américano-Turques, nous avons entamé un dialogue et nous devons faire partie beaucoup plus activement d’une solution. La Turquie est probablement la mieux placée des parties concernées en Irak, mais en raison de notre incapacité de traiter la question Kurde, nous n’avons pas été reconnus en tant qu’acteur constructif. Nous devons parvenir à un arrangement avec les Etats-Unis au sujet de ce qu’ils veulent faire en Irak et de ce que nous voulons faire en Irak. Réparer nos relations avec les Etats-Unis est une question de politique étrangère prioritaire, en plus de l’Union Européenne.

Traduction d’un article de Soli Özel (suite et fin)
source : Zaman

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