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Les relations de la Turquie otages du problème arménien (1/2)

TURCOPHOBIE


Ecrit par , 2007-09-12 00:16:31


Turquie News vous propose de découvrir un article de Soli Özel publié dans le quotidien Zaman. Soli Özel analyse la maladresse des Turcs face au lobbying intensif des nationalistes arméniens en vue de réviser l’histoire dans le cadre des campagnes ultra-nationalistes menées par les officines arméniennes.

La propagande turcophobe des nationalistes arméniens vise occulter les crimes de masse perpetrés par les milices arméniennes contre la population turque en faisant valoir la thèse d’un "génocide arménien" qui tend à laisser croire que les seules victimes en Anatolie seraient arméniennes ; faisant ainsi la part belle à la mise en place d’une histoire officielle dictée par les groupes de pression arméniens, principalement en Europe et en Amérique du Nord.


Par Soli Özel

‘Le problème arménien sera une priorité pour le nouveau gouvernement parce qu’il bloque nos relations internationales’, dit Soli Özel, un conférencier aguerri des relations internationales et des sciences politiques à l’université d’Istanbul Bilgi, et spécialiste des relations de la Turquie avec les Etats-Unis.

« Il y a des communiqués que le gouvernement turc devrait faire concernant la frontière avec l’Arménie. Certains disent que les Arméniens devraient faire quelque chose avant que la Turquie ne fasse quelque chose. Il y a des personnes dans ce pays qui ont une opinion différente de la version officielle sur ce qui s’est produit en 1915. Ces gens auraient beaucoup plus de crédibilité que n’importe quel officiel autour de nous. Faire un travail d’historien sur cette question et avoir une vision différente du Comité d’Histoire », a poursuivi Özel.

Récemment, la Ligue Anti-Diffamation (ADL) américaine a été forcée de revoir sa politique concernant les massacres des Arméniens anatoliens au début du 20ème siècle et a déclaré que les massacres des Arméniens par les ottomans « étaient équivalents à un génocide ».

Les Arméniens avancent le chiffre de 1,5 million de morts dans une campagne de génocide perpétrés par les ottomans au cours de la Première Guerre Mondiale, mais Ankara rejette le qualificatif de "génocide". Sa position est que des Turcs et des Arméniens sont morts lors d’une guerre civile quand ces derniers ont pris les armes pour l’indépendance de Anatolie orientale, fraternisant avec les troupes russes qui envahissaient l’empire ottoman sur le déclin.[NDLR : Position équivalente à celle de l’écrasante majorité des turcologues européens et américains]

Et il y a « une motion sur le génocide arménien » non contraignante en suspens au Congrès américain, qui sera probablement votée l’année prochaine. Pour Özel, cela pourrait déboucher sur une crise avec les Etats-Unis.

Dans le cadre ‘des entretiens du lundi’, Özel nous a précisé les circonstances qui ont incités la position de l’ADL, ce que le gouvernement turc peut faire en ce moment et comment les relations de la Turquie avec les Etats-Unis ont été affectées.

* Comment pouvons-nous mettre la décision de l’ADL en perspective ?

D’abord nous devons distinguer la position que l’ADL souhaite actuellement prendre vis-à-vis de ce qui s’est produit en 1915, si cela peut-être considéré comme un génocide ? Et en second lieu, si l’ADL devrait soutenir une motion sur le génocide au Congrès américain ? Sur les demandes politiques de la Turquie aux agences juives pour qu’elles ne soutiennent pas la motion arménienne, leur position demeure la même, mais évidemment le fait qu’elles changent leur position sur la façon de juger les événements de 1915, mine la position politique turque, au moins vis-à-vis de certains élus du Congrès, lesquels peuvent être sensibles à ces pressions.

* Devons-nous parler de la dynamique interne de l’organisation ?

Si c’est purement une affaire interne ou s’il doit être pris dans son contexte, ces deux éléments sont liés, mais je pense que la crise actuelle que nous avons vue était la conséquence d’un développement interne de l’ADL. Quand nous regardons la chronologie des événements, ce que nous voyons c’est que le ‘chapitre’ de la Nouvelle Angleterre élit un nouveau président, Andrew Tarsy. Il décide d’appeler ce qui s’est produit en 1915 un "génocide", et il est sommairement démis de sa fonction. Il y a un bouleversement dans l’ADL, aussi Abraham Foxman nous dit, oui en effet, nous considérons ces brutalités et ces violences comme un "génocide" ; nous avons modifié notre position sur la terminologie.

* Foxman a également fait une annonce suite à cela. Était-ce un pas en arrière ?

La deuxième annonce de l’ADL n’était pas un recul. Cependant, on doit prendre en compte… que les juifs sont la communauté la plus libérale dans le système politique américain ; ils prennent la tête de chaque cause humanitaire. Et même lorsque le pays entier était en faveur d’une guerre contre l’Irak, la plupart des juifs avaient été contre en tant que communauté, malgré le fait que beaucoup des néo-conservateurs eux-mêmes, étaient d’origine juive. Ainsi, vous ne pourriez pas vraiment croire que la Turquie allait attendre indéfiniment des esprits éclairés et aller sensiblement à l’encontre de ses propres jugements à un moment où le mot "génocide" a été quelque peu déprécié, ou si vous voulez « désacralisé » ; pour ne pas basculer vers l’autre extrémité et dire que ce qui s’est passé était vraiment un génocide.

* Est-ce que certaines démarches de la politique étrangère turque, comme avoir des gestes amicaux envers la Syrie et l’Iran, ont-elles pu influencer la décision de l’ADL ?

Il y a des circonstances qui ont facilité la dynamique interne de l’organisation et qui ont permis à l’organisation elle-même de changer de position.
- Il y a bien sûr les récents événements liés au parti Justice et Développement (l’AKP) ;
- l’invitation du Hamas ;
- l’hésitation de la Turquie à le considérer, comme d’autres pays occidentaux le font, en tant qu’organisation terroriste ;
- les relations amicales avec la Syrie ;
- et bien entendu les relations très amicales avec l’Iran, qu’Israël considère comme un ennemi mortel — sentiment évidemment partagé par beaucoup de juifs américains ;
- le fait que la Turquie n’a pas suffisament élevé la voix pour protester contre la conférence de Téhéran niant l’holocauste, ou contre les remarques absurdes du Président Ahmadinejad remettant en cause l’holocauste et réclamant de rayer Israël de la carte. Voici des raisons suffisantes, concernant les Israéliens et la communauté juive d’Amérique, pour juger que la réaction de la Turquie n’était pas à la hauteur des événements.

* Le Comité juif américain a pris également une position politique lorsque son chef a écrit : ‘L’image du jour où l’Iran et l’Arabie Saoudite ont cherché à faire de la négation de l’holocauste, une condition pour commercer avec d’autres pays’.

De mon point de vue, ce qui a été politiquement plus efficace fut un éditorial écrit dans le ‘Jérusalem Post’ par David Harris, directeur exécutif national du Comité juif américain, le noyau encore plus dur d’une organisation politiquement engagée dans les affaires juives, davantage adapté probablement au sentiment israélien. Je ne peux pas croire qu’Israël ait demandé à ces organisations de faire ce qu’elles ont fait. C’était l’intervention de Shimon Peres qui a amené Foxman à tempérer ses propos. Mais dans ce contexte il y a suffisamment d’éléments circonstanciés pour penser que c’était donnant-donnant.

Les relations de la Turquie otages du problème arménien (1/2)

Traduction d’un article de Soli Özel
source : Zaman

Lire la suite et fin : Les relations de la Turquie otages du problème arménien (2/2)

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