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Pourquoi l’Arménie refuse tout dialogue avec les Turcs ? (Turquie/Arménie)


Ecrit par Turquie News, 2007-12-06 10:36:33


« Turquie News » vous propose la traduction d’un article de C. Cem Oguz publié dans le Turkish Daily News du 29 août 2007. L’auteur se pose la question de l’intérêt pour l’Arménie de répondre favorablement aux multiples propositions de la Turquie d’entreprendre un dialogue et jouer "carte sur table" sur les sujets contentieux. Or il semblerait que l’Arménie soit bien décidée à ne pas répondre favorablement à ces appels et continuer de soutenir le lobbying et la propagande que les factions ultra-nationalistes arméniennes mènent en Europe et aux USA pour forcer des Etats tiers à "faire pression sur les Turcs".

Et la technique paye puisque les politiciens soucieux de leur réélection penchent en faveur des thèses turcophobes arméniennes et cèdent aux intimidations et au chantage éléctoral des nationalistes arméniens. Ils poussent ainsi l’Arménie et les organisations de lobbying arméniennes à s’embourber dans leur politique de renfermement et de propagande anti-turque.

Source : Turkish Daily News


C. Cem OĞUZ / [email protected]

Abraham Foxman "la saison de la Chasse à la Turquie [aux Turcs]" [1]

Cette fois c’est M. Foxman lui-même qui, suivant sa déclaration que les meurtres d’une partie des Arméniens d’Anatolie lors de la Première guerre mondiale « étaient en effet équivalents à un génocide » qui a ouvert la porte à une nouvelle partie de chasse aux Turcs aux Etats-Unis.

par C. Cem Oguz

Il y a presque deux ans un éditorial publié dans le Turkish Daily News commencait avec une observation notable des discussions sur la Turquie aux Etats-Unis : « J’ai toujours pensé que la saison de la chasse à la dinde était en automne. Cependant, après la lecture de quelques écrits caustiques de la presse à l’égard de la Turquie, j’ai compris que j’avais faux ». L’auteur de ces lignes était Abraham H. Foxman, le directeur national de la Ligue Anti-diffamation basée à New York, une des principales organisations mondiales se battant contre l’antisémitisme.

Paradoxalement cependant, cela a été cette fois M. Foxman lui-même qui, à la suite de sa déclaration que les meurtres des Arméniens d’Antolie lors de la Première guerre mondiale par les Turcs « étaient en effet équivalents à un génocide » a ouvert la porte à une nouvelle partie de chasse aux Turcs aux Etats-Unis.

Les causes de ce renversement radical de politique sont évidemment à rapprocher d’équilibres internes et de désaccords dans l’ADL elle-même. La divergence d’opinions tourne principalement autour de savoir si une organisation comme l’ADL, qui est consacré à la mémoire des victimes de l’Holocauste, pourrait en réalité rester crédible sans reconnaître les événements tragiques de 1915 comme un génocide. Le tumulte a finalement émergé avec le renvoi de son directeur de la Nouveau Angleterre, Andrew Tarsy suite à son appui pour l’approbation de la dernière résolution arménienne attendant de passer au Congrès. De l’avis de Tarsy, la position nationale de l’ADL était « moralement indéfendable ». C’est précisément pour cette raison que Foxman a par la suite allégué que le changement de politique était en partie dû à ses tentatives de prévenir la désunion dans la communauté juive.

Courant dominant en historiographie

Si j’étais un membre d’une organisation comme l’ADL et d’origine Juive, j’aurais certainement mis en doute de telles hypocrisies aussi. Pour maintenir le respect de soi, c’est une obligation morale d’éviter des assauts déshonorants à la vérité. Plus important, comme la présidente de la chambre des Représentants américains Nancy Pelosi, une des partisanes les plus influentes des allégations arméniennes, l’a correctement souligné « l’ignorance des leçons d’un génocide signifie en effet que nous sommes destinés à continuer de trébucher dans le long et sombre tunnel des purifications ethniques sans fin, génocides et des holocaustes ». Encore, je m’estime humblement contraint de rappeler à chacun qu’avant de parvenir à des conclusions absolues, nous devons d’abord saisir ce qui est vraiment arrivé dans le passé.

Dans la terminologie de génocide il y a trois concepts principaux d’importance cruciales : révisionisme (en réponse au courant dominant de l’historiographie), négation et réconciliation avec le passé. La négation se réfère aux revendications que l’Holocauste n’est pas arrivé comme il est défini par le courant dominant de l’historiographie.

Dès lors, que signifie le courant dominant de l’historiographie et qui le représente essentiellement ? Dans le cas de l’Holocauste, il est presque impossible de défier l’évidence et la réalité. Les négationnistes comme David Irving ou Ernst Zündel, à leur tour, ont un modèle commun ou bien de falsification de documents historiques ou bien délibérément la déformation de données historiques. Comme on peut le voir dans l’attitude du Président iranien Mahmoud Ahmedinejad, la négation est motivée selon une théorie de conspiration anti-sémitique ou la haine. Ce déplacement politiquement motivé nécessite la protection morale et légale qui aidera l’humanité à sauver de nouvelles victimes. Par contraste avec l’Holocauste, le courant dominant de l’historiographie face au « génocide arménien » est fortement discutable. Quelques-uns des faits que les chercheurs arméniens prétendent être suffisants pour conclure que la tragédie de 1915 est un génocide sont évidemment déformés. Plus dramatiquement, dans l’atmosphère de terreur intellectuelle que nos amis arméniens ont avec succès accrue, ils s’opposent obstinément à n’importe quel remise en cause de leur version de l’histoire. Les efforts relativement chétifs de la Turquie à l’autodéfense sont fréquemment peints comme des tentatives de "négationnisme" et des accusations de "révisionisme", l’histoire est malheureusement tristement politisée. "Puisque les Turcs ont échoué à se réconcilier avec leur passé", comme cette ligne de pensée l’indique, "ils doivent être forcés ou bien avec l’aide de résolutions parlementaires ou bien des bâtons politiques, admettre et accepter un génocide".

Pourquoi alors le besoin d’une commission commune ?

Le dernier débat tournant autour de l’ADL n’est pas en réalité immunisé face à de tels handicaps. Ceux critiquant Foxman maintiennent que le « génocide arménien » est un fait. Jeff Jacoby, dans le Globe de Boston, a écrit, « le gouvernement Turc le nie aujourd’hui , mais les documents historiques retranscrits dans des travaux comme la puissante étude de 2003 de Peter Balakian « le Tigre en Feu » est accablante ».

Dans Ha’aretz, Evan R. Goldstein a ironiquement exposé « les autorités universitaires conviennent de cette question et les preuves que la campagne contre les arméniens a constitué le premier génocide du 20ème siècle sont accablantes et irréfutables ». Même Foxman a dit qu’il a pris sa décision après la discussion de la question avec des historiens et avec le lauréat du Prix Nobel de la Paix Nobel et survivant de l’’Holocauste Elie Wiesel.

Avec de telles approches et jugements nous assumons que le courant dominant de l’historiographie a déjà reconnu les événements 1915 comme un génocide. Pour creuser la vérité, cependant, je poserai humblement quelques questions naïves et essayerai de découvrir qui sont ces « universitaires ». Y a-t-il en réalité d’autres à part ceux d’origine arménienne ? Sont-ils des spécialistes de la période Ottomane ? Y-a-t-il parmi les noms que j’ai cité certains qui n’ont jamais rien lu d’autres que les écrits des "chercheurs" arméniens dont la majorité écrasante ne sont même pas des historiens ?

En ce qui concerne, par exemple, les travaux de Bernard Lewis, du dernier Stanford Shaw ou Guenther Lewy, ironiquement tous d’origine juive, sont opposés à l’idée d’étiqueter les événements tragiques de 1915 de « génocide » ? On va laisser de côté de si mineurs détails historiques et passer plus loin avec les implications politiques de ce changement d’esprit. En réalité, se cache ici une autre hypocrisie, commise non seulement par l’ADL et Foxman, mais aussi presque tous les pays ocidentaux et que je ne peux pas vraiment comprendre.

L’ADL annonce d’abord qu’il reconnaît les événements tragiques de 1915 comme un « génocide ». Après la forte réaction des Turcs, cependant, il réitère son appui pour des efforts afin d’apporter la Turquie et l’Arménie ensemble à résoudre les différends de leur histoire partagée. Dans une déclaration écrite en conséquence, il dit ironiquement qu’il est prêt à « encourager les étapes visant à créer une atmosphère dans laquelle l’Arménie répondra favorablement aux nombreuses ouvertures récentes de la Turquie pour convoquer une commission commune pour aider les parties à trouver une résolution de leurs différences profondes ». Si le présumé "génocide" est un fait, comme on le croit largement dans la plupart des pays occidentaux dont les Parlements ont déjà passé des résolutions à cet égard, pourquoi en réalité gaspillerions-nous notre temps sur une commission commune ?

Quelqu’un pourrait me dire s’il vous plaît pourquoi l’Arménie consentirait à cette proposition quand la bataille semble déjà gagnée ? Qui, parmi les historiens d’origine arménienne, risquerait de faire partie de cette commission commune [NDT : Il y a eu d’autres initiatives du même genre. Les intellectuels arméniens qui ont accepté d’en faire partie ont été violemment pris pour cible par les ultra-nationalistes arméniens et se sont finalement désistés à chaque fois.], particulièrement si une enquête des archives pourraient démontrer certainement les faiblesses méthodologiques des documents qu’ils emploient pour prétendre que les événements en question constituent un "génocide" ?

Si j’étais un [activiste] arménien, je n’accepterais certainement pas !

[1Le journaliste turc fait un jeu de mot en anglais où le mot turkey a deux significations : le pays la Turquie et le mot dinde.

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