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"L’avenir turc : adhésion ou exclusion ?"

Lyon


Ecrit par Sophie C., 2011-04-26 11:28:03


MUN-Lyon organise son dernier débat de l’année le mercredi 27 avril de 17h à 19h salle 311 :

Simulation du Conseil Européen sur le thème suivant :

"L’avenir turc : adhésion ou exclusion ?"

Le but = défendre les intérêts d’un pays, provoquer un consensus, prendre une décision commune qui sera formalisée dans une courte résolution.

Règles simples  :

- Le débat se fera en français puisqu’il s’agit du Conseil Européen,

- avec des formalités de prises de paroles et de tenues des débats très simples et abordables même pour les non-initiés.

- Choisissez un pays de l’UE et inscrivez-vous dans le Google Doc suivant : https://spreadsheets.google.com/ccc?key=0AqDZmeWAnBO6dGlFU0JWZ2pUd2FCSU5JcndPUjBGVXc&hl=fr&authkey=CITk-Y4L#gid=0

Voici la liste des thèmes qui pourront être abordés et sur lesquels il faut vous renseigner un minimum pour pouvoir rendre la séance intéressante :

1- Possibles apports de l’intégration turque (plateforme, intermédiaire israélo-palestinien, Caucase, transit énergétique...).

2- Ouverture et négociation des chapitres restants ?

3- Respect effectif des différents protocoles (Copenhague, Ankara sur Chypre...)

4- Comment débloquer le problème de la mémoire sur le génocide arménien ?

5- Quelle solution pour Chypre (ouverture des aéroports, etc..) ?

6- Etat de droit ? Liberté d’expression ? Liberté politique (problème kurde) ?

7- Européanité de la Turquie et compatibilité avec l’acquis européen ?

8- Risque terroriste ?

9- Problème d’immigration ?

Source : Mun Lyon


Petit résumé : SEANCE MUN (13 avril 2011) – LES RELATIONS DIPLOMATIQUES TURQUES

Vue d’ensemble de la politique étrangère turque
par Pinar, étudiante Turque

La Constitution turque prend ses sources dans la Constitution civile Suisse et tire sa conception de laïcité de celle de la France. Son développement est intimement lié celui de l’Europe puisqu’elle devient en 1948 membre du Conseil de l’Europe, puis intègre l’OTAN et la CEE.

Pour anecdote, De Gaulle aurait déclaré que les britanniques ne feront jamais parti de l’Europe, la Turquie elle, oui !

Pendant une grande partie de la deuxième moitié du 20ème siècle, la Turquie s’est efforcé de régler ses tensions avec l’URSS dont la convoitise pesait sur le détroit du Bosphore et l’accès à la mer.

C’est après l’effondrement du bloc en 1991, qu’émerge une nouvelle stratégie dans la politique étrangère portée par des personnalités comme Davutoglu, actuel ministre des Affaires Étrangère. Politique extérieure « pro-active » dans une optique d’ouverture et de zéro-conflit.

Au niveau économique, si l’on regarde le classement au niveau du PIB :

· à l’échelle européenne la Turquie est au 6ème rang

· à l’échelle mondiale elle occupe la 17ème place

· 78 million d’habitants

L’UE est le premier partenaire commercial de la Turquie avec qui elle partage aussi l’intérêt d’être un pays de transit énergétique.

En dehors de sa proximité avec l’UE :

- La Turquie mène un projet de rapprochement avec les Balkans,

- Entretien une politique d’influence au travers du monde turcophone s’étendant d’Asie centrale jusqu’en Sibérie où elle y cultive consciencieusement son rayonnement culturel au travers d’écoles turcophones…

C’est un élément incontournable de stabilisation au Moyen-Orient :

- Elle entretient de très bons rapports avec la Syrie,

- Idem avec Israël jusqu’à l’épisode de la flottille humanitaire,

- Seule l’Egypte semble être défavorable au rayonnement grandissant de la Turquie, ayant elle-même l’ambition d’être le leader du monde arabe,

- Concernant l’Iran, la Turquie favorise le dialogue et s’oppose aux sanctions et à la politique agressive que mène l’ONU envers le pays
Les relations avec Israël, fin de la coopération

Par Morgane, étudiante 1A
La Turquie et Israël jouissait d’une bonne entente :

- l’aviation israélienne s’entrainait en Turquie

- des accords de coopérations ont été passés par rapport au problème de l’eau

- les deux pays ont des projets de pipeline en commun

- le lobby juif américain soutient les actions du gouvernement pro-européen

- Les turques ont joué un rôle important d’intermédiaires entre les palestiniens et les israéliens

L’épisode de la flottille a changé la donne, l’association des droits de l’Homme qui a utilisé le bateau est proche de l’AKP. Maintenant l’aviation israélienne ne peut plus effectuer ses entrainements sur territoire turque mis à disposition.

La Turquie et l’Iran entre dialogue et concurrence
Par Elodie, étudiante 4A

La Turquie a des intérêts économiques via le gaz iranien, et un récent accord tripartite avec le Brésil depuis Mai 2010 dans le cadre d’un échange uranium contre combustible. Cet accord est aussi un moyen d’union contre les sanctions voulues par l’ONU envers l’Iran, car la Turquie ne serait pas opposée à une possible détention de l’arme nucléaire par cette dernière et voudrait donner la priorité au dialogue.

Ces deux pays sont en concurrences quant à leurs rayonnement : l’un est chiite l’autre sunnite, et se battent pour qui jouera le plus de son influence au Moyen-Orient, notamment depuis le printemps arabe. Les représentants des Etats se sont déplacés tour à tour dans les mêmes pays pour discuter de leur évolution. Il règne une compétition politique sur le sujet de l’Islam, d’Israël, sur la tournure que prendra la stabilisation au Moyen Orient.

Arguments soulevés lors des tables-rondes sur la Turquie :

L’Europe a intérêt d’intégrer la Turquie à moyen-terme (20 ans) pour des raisons d’ouverture culturelle, géo-stratégiques et économiques. L’Europe a intérêt à arrêter de se définir comme « chrétienne » afin d’arriver à intégrer les populations Européenne musulmanes.

Pour la Turquie, la perspective de l’adhésion à l’UE est le vrai moteur des réformes pour plus d’ouverture, de démocratie, de droits civiques et politiques etc...

L’UE a également les outils pour résoudre la question Kurde car expérience dans gestion des conflits (cf Irlande du Nord, pays Basque) et promotion de la décentralisation.

L’ouverture caucasienne et ses obstacles
Par Elodie, étudiante 4A

Il y a une proximité historique et géographique avec les pays du Caucase.

Les pays d’Asie Centrale sont musulmans et turquophone : politique de rayonnement culturel importante dans cette région.

La relation était très tendue sous l’URSS qui menaçait la Turquie pas ses velléité d’expansion jusqu’au Bosphore. A partir de la période de détente, les relations se sont contentées d’être empreintes d’indifférence. Cela jusqu’en 2003, où la rencontre entre Poutine et Erdogan représente un tournant diplomatique.

S’en est suivies toute une série de rapprochement Russo-turque :

- sur la question de l’Iran et de l’Irak

- favorisé par le mécontentement turc envers le ralentissement du processus d’adhésion de l’UE

- la Turquie est la première destination touristique russe

- au travers le lobby économique anti-européen qui préfère que la Turquie se tourne vers la Russie ou les pays arabes.

Conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans le Haut-Karabagh. La Turquie soutient officiellement l’Azerbaijan => fermeture de sa frontière commune avec l’Arménie. Une rencontre à Genève a eu lieu en 2009 afin de normaliser les relations diplomatiques, mais l’Accord n’a finalement pas été signé par les Parlements : la Turquie a demandé l’ajout de conditions liées au Haut-Karabagh, en réponse l’Arménie a demandé l’insertion de la reconnaissance du génocide : le processus est bloqué.

Mais la population étudiante et intellectuelle est réceptive à la reconnaissance du génocide et manifeste pour sa commémoration tous les ans.

Relation avec l’Azerbaïdjan :

- coopération sur le transit énergétique, projet Nabucco (qui s’oppose et n’est pas compatible avec le projet South Stream de Russie).

- Accord sur le détroit des Dardanelles et autorisation de passage.

La Turquie et le problème Russo-géorgien :

Beaucoup d’Abkhazes vivent en Turquie et les Géorgiens empêchent les liens entre ces deux pays. Depuis 2008, la Turquie prend une position médiane entre Russie et Géorgie en cherchant à rassembler les leaders politiques

=> Intégration régionale réalisable sur certains points à défaut d’un rapprochement européen. Mais jusqu’où pourrait aller la puissance de ce pouvoir régional ? Possibilité de panturquisme ?

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