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Les membres de l’OTAN sont divisés sur la participation aux frappes en Libye


Ecrit par Hakan, 2011-03-22 10:16:36


De profondes divisions et l’opposition de la Turquie freinaient lundi l’adoption par l’OTAN d’un plan d’action militaire aérienne en Libye, alors que l’Italie menaçait de revoir l’utilisation de ses bases pour les frappes si l’intervention déclenchée samedi ne passait pas sous commandement de l’Alliance.

La France, la Grande-Bretagne et la France ont lancé les frappes aériennes dans le cadre de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant l’usage de la force pour interdire le survol de la Libye et protéger les populations civiles des attaques des troupes de Mouammar Kadhafi.

Mais le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a prévenu lundi que « s’il y a une multiplication des centres de commande, nous devons étudier la façon dont l’Italie reprendra le contrôle de ses bases ».

Les frappes ont été vivement critiquées par le Premier ministre russe, alors que l’Alliance souhaite avoir une coopération stratégique étroite avec Moscou, qui s’est abstenu lors du vote de la résolution jeudi.

« La résolution du Conseil de sécurité est mal faite, elle permet n’importe quoi et évoque les appels à la croisade du Moyen-Age », a lancé Vladimir Poutine, pour qui, « en fait, elle permet d’intervenir dans un état souverain ».

Mais peu après le président russe Dimitri Medvedev jugeait « inacceptable d’utiliser des termes qui conduisent essentiellement à un choc des civilisations, comme ceux de ’croisade’ et autres ». « Je ne considère pas que cette résolution soit mauvaise. Dans l’ensemble elle reflète notre appréciation de ce qui se passe », a-t-il ajouté, cité par l’agence de presse Itar-TASS. Il a souligné que la Russie n’avait pas rompu ses relations avec la Libye et estimé que sa « médiation pourrait être utile ».

De son côté, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré lors d’une visite en Arabie saoudite que son pays pourrait soutenir un plan militaire de l’OTAN pour faire respecter l’interdiction de survol de la Libye, ce qu’il a refusé dimanche, avec des garanties contre une occupation.

Selon des diplomates accrédités à l’OTAN et ayant requis l’anonymat, la Turquie, qui se considère comme un pont entre l’Europe et le monde arabo-musulman, n’a pas apprécié de ne pas être des 22 participants au sommet international convoqué d’urgence à Paris samedi par le président français Nicolas Sarkozy, et qui a abouti au déclenchement des frappes.

D’après ces mêmes sources, les envoyés de la Turquie ont prévenu que la participation de l’Alliance atlantique aux frappes aériennes pourrait nuire à l’image de l’OTAN dans le monde musulman, alors qu’elle est engagée dans la guerre en Afghanistan.

La participation de l’OTAN à une action militaire contre le régime libyen nécessiterait l’approbation des 28 membres de l’organisation mais le porte-parole turc des Affaires étrangères, Selcuk Unal, assure que « la Turquie ne bloque pas l’OTAN ».

Les diplomates à l’OTAN ont déclaré que le Conseil de l’Atlantique Nord, l’organe décisionnaire de l’Alliance, devait rediscuter du plan d’exclusion aérienne lors de la rencontre des envoyés à Bruxelles lundi et qu’il pourrait ordonner aux forces alliées de le mettre en oeuvre.

Dans cette hypothèse, il faudrait plusieurs jours pour que des avions sous commandement de l’OTAN entament des missions au-dessus de la Libye. Un tel ordre ne mentionnerait probablement pas des attaques contre des cibles au sol.

Certains membres de l’OTAN s’inquiètent aussi de ce qu’une opération en Libye pourrait nécessiter des avions et de l’équipement servant actuellement dans d’autres missions, y compris en Afghanistan.

Quant au chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, il a réaffirmé le soutien de son organisation à la résolution de l’ONU lundi, après avoir critiqué les frappes contre des cibles au sol la veille.

Par ailleurs, l’Union européenne a étendu son interdiction de voyager et le gel des avoirs à onze nouveaux responsables libyens ainsi que le gel des avoirs à neuf autres sociétés libyennes non identifiées.

Source : AFP

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