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La Turquie rêve d’un « espace Schengen » au Moyen-Orient


Ecrit par Hakan, 2011-02-11 09:08:00


Baisse des droits de douanes et exemptions de visas dopent déjà les échanges avec la Syrie, la Jordanie et le Liban.

Ankara regarde avec ­inquiétude le feu qui embrase la ­Tunisie et l’Égypte. Devrait-il ­gagner le reste de la région et ce sont ses intérêts économiques qui seraient durement touchés. Le Moyen-Orient tient une place de plus en plus importante dans la bonne santé de l’économie de la Turquie (7,5% de croissance l’an dernier). Confrontés à un espace européen en crise, les Turcs sont partis avec succès à la conquête des marchés sur leur flanc Est. La part des exportations vers cette zone a ainsi atteint 20,3% sur les onze premiers mois de l’année 2010, quand celle vers l’Union européenne, le partenaire traditionnel, n’est plus que de 46,3%. De l’électro­ménager aux voitures, en passant par les produits agroalimentaires, le « made in Turkey » occupe désormais tous les étals de la région. ­Aéroports, routes, ponts et bâtiments publics : les carnets de ­commande des constructeurs turcs sont pleins. En Irak, ils règnent en maître, de Bassora à Erbil.

Cette percée est portée par une politique gouvernementale qui donne la priorité au développement des liens économiques avec les voisins arabes et iranien. ­« L’intensification des relations ­politiques a eu un impact gigantesque sur les échanges commerciaux », souligne Suzan Cailliau, coordinatrice régionale au Deik (le Conseil des relations économiques extérieures). En visite au Koweït et au Qatar en janvier, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan était ainsi accompagné de trois cents hommes d’affaires.

La pierre angulaire de la stratégie turque est l’établissement d’une zone de libre-échange - biens et personnes - avec la Syrie, la Jordanie et le Liban. Le projet, officialisé l’an dernier, se traduit déjà par des allégements de taxes douanières, de diminution des quotas, par la levée des visas entre la Turquie et les trois pays, la signature de multiples ­accords de coopération industrielle et commerciale. En janvier, les ­ministres du tourisme de ce quartet du Levant ont planché sur la création d’un visa touriste commun. Le 6 février, le premier ministre turc posait la première pierre d’un barrage « de l’amitié » turco-syrienne sur le fleuve Oronte, qui irriguera des terres et fournira de l’électricité de part et d’autre de la frontière.

Mais cette union économique à quatre n’est qu’une première étape selon les plans d’Ankara, qui a ­besoin de sécuriser ses approvisionnements énergétiques. À ­terme, elle souhaite y inclure l’Égypte, l’Irak et les pays de la péninsule arabique. Erdogan plaide pour « une zone Schengen » régionale et un bassin économique ­incluant l’Iran se dessine.

Par Laure Marchand pour Le Figaro

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