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Naissance du premier "bébé médicament" -turc- en France

Source AP


Ecrit par Hakan, 2011-02-08 06:30:00


Le Pr René Frydman a annoncé mardi la naissance du premier "bébé médicament" en France. Le petit Umut-Talha, qui signifie "notre espoir" en turc, a vu le jour le 26 janvier dernier à Clamart (Hauts-de-Seine) et le sang de son cordon ombilical va prochainement être greffé à l’un de ses aînés, atteint d’une grave maladie génétique, précise l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris).

C’est la première fois que naît dans l’Hexagone un enfant issu d’un double DPI (diagnostic préimplantatoire). Jusqu’en 2004, seul était autorisé un diagnostic unique, qui visait à déterminer si un embryon conçu par fécondation in vitro (FIV) était atteint d’une maladie grave et incurable.

Depuis la loi de bioéthique de 2004 et la création de l’agence de biomédecine en 2006, les médecins ont aussi le droit de rechercher si les embryons sains sont compatibles avec un aîné malade, dans l’optique d’une greffe. Une pratique strictement encadrée.

Les parents d’Umut-Talha avaient déjà deux enfants, tous deux atteints de beta-thalassémie, une maladie génétique de l’hémoglobine. Ils ont eu recours à une FIV pour faire un troisième enfant. Les médecins ont implanté deux embryons sains, dont l’un était HLA compatible et l’autre pas, a expliqué le Pr Frydman, lors d’une conférence de presse mardi à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart. Seul un des deux embryons s’est développé : le compatible.

Umut-Talha a vu le jour le 26 janvier à l’hôpital Béclère. Ce petit garçon, qui pesait 3,650kg à la naissance, "est aujourd’hui en très bonne santé", se réjouit l’AP-HP. D’après le communiqué, "son sang de cordon a été conservé afin d’être greffé dans un proche avenir à l’un des aînés malade".

Le Pr Frydman a déclaré sur France-Info son espoir que cela guérisse la grande soeur du nouveau-né, qui actuellement doit recevoir une transfusion sanguine toutes les deux semaines.

En France, un seul centre pratique le double DPI : il s’agit d’une collaboration entre Béclère et Necker-Enfants malades.

D’après le Pr Frydman, depuis 2006, 12 demandes de double DPI ont été acceptées par l’agence de biomédecine. "Nous avons pu faire dix tentatives", a raconté aux journalistes le "père" du premier bébé éprouvette français. Dans sept cas, des embryons sains ont été implantés. Et "nous avons eu trois grossesses", a poursuivi le Pr Frydman.

Pour l’une d’elles, l’embryon transféré était compatible mais la grossesse s’est terminée sur une fausse couche.

Dans un deuxième cas, est né un enfant en bonne santé mais qui n’a pas pu aider son frère. Les médecins n’avaient en effet obtenu que des embryons incompatibles et les parents avaient tout de même demandé l’implantation. Leur aîné est décédé aux alentours de la naissance du bébé.

Le troisième cas décrit par le Pr Frydman est celui d’Umut-Talha. C’est la "première naissance HLA compatible", résume l’AP-HP, qui à l’expression de "bébé médicament" préfère celle de "bébé du double espoir".

La date de cette annonce ne doit rien au hasard. C’est ce mardi que le projet de loi relatif à la bioéthique entre en examen à l’Assemblée nationale. Il prévoit notamment d’autoriser le don croisé d’organes, de permettre -sous conditions- le transfert post-mortem d’embryons, mais maintient le principe d’anonymat du don de gamètes.

Lors de sa conférence de presse, le Pr Frydman a dénoncé la "persistance de certains blocages" de nature "idéologique".

Invité à réagir sur LCI à la naissance du premier "bébé médicament" français, l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, s’est inquiété de l’"instrumentalisation d’un être humain au service des autres".

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