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Inci Eviner, tête de l’art turc

Par Dominique POIRET

Ecrit par Sophie C., 2011-02-03 06:41:00


Au Musée d’art moderne, l’artiste féministe engagée propose une nouvelle installation de dessins et de vidéos, intitulée « Broken Manifestos ».

C’est une figure de la la scène artistique turque qui expose à Paris. Née en 1956 près d’Ankara, Inci Eviner, qui vit et travaille à Istanbul, emporte son public dans un univers onirique pour évoquer les mouvements de nos sociétés. Pour son exposition au sein des collections permanentes du Musée d’Art moderne, l’artiste turque présente un parcours en trois installations, qui se déroule comme un chemin aboutissant dans la troisième salle à la projection de Parlamento.

Inci Eviner se définit comme une artiste biopolitique. Terme qu’elle emprunte au philosophe italien, Giorgio Agamben (1942). En cela, elle mêle l’esthétique et le politique, le sensuel et l’engagement, où la dérision est le dénominateur commun. Son travail est profondément incarné, centré sur le corps. Ses dessins principalement des encres de Chine, constituent la base incontournable de chacun de ses nouveaux projets. Ces dernières années, les travaux d’Inci Eviner ont également été réalisés en vidéo. Ses sujets sont en prise avec la société contemporaine : le statut de la femme et le citoyen du monde.

Vidéos un poil érotiques

En résidence depuis 2010 à la Villa Raffet dans le cadre de Sam Art Projects (1), elle présente ici une composition autour des questions de démocratie, portant un regard critique sur l’exclusion que peut induire l’identité européenne. Passé la première salle où est accrochée une cinquantaine de dessins en noir et blanc inspirés de l’actualité, Eviner invite à la projection de deux vidéos.
La première, Broken Manifestos, met en scène des petits personnages qui manifestent, dansent, s’agitent, de manière burlesque ou solennelle, voire un poil érotique. Pour cela, elle utilise une technique d’incrustation qu’elle s’est appropriée pour mêler motifs existants et création en studio. Une énergie vitale se dégage de cette amorce d’organisation dans un espace indéfini, rompant avec la représentation classique. Ce passage s’achève sur Parlamento réalisé à partir d’un plan simplifié en coupe du Parlement européen à Strasbourg.

Paradoxes, énigmes, clichés et contradictions
Se sentant culturellement incluse mais politiquement exclue de l’idée d’Europe, c’est avec une certaine ironie non dénuée de gaieté qu’Inci Eviner s’interroge sur ce lieu. Symbole de la cohérence culturelle de l’UE, ce bâtiment est aussi la scène obscure où se mêlent les paradoxes, les énigmes, les clichés et les contradictions.

A cheval entre deux cultures, ses vidéos sont aussi proches de la danse contemporaine que du théâtre d’ombre turc. La dualité constante de ses œuvres est mise en exergue dans cette exposition : passé/présent, admis/exclu, écartelé ici entre deux cultures, orientale et occidentale entre homme/femme, humanité/bestialité…

Cette exposition s’inscrit dans le prolongement de celles présentées en 2009, Nouveau citoyen au Musée d’Art contemporain du Val-de-Marne (Mac/Val), ainsi qu’Harem à Lille dans le cadre d’Istanbul traversée.

(1) SAM Art Projects attribue deux bourses annuelles de résidence à la Villa Raffet à Paris, à des artistes en provenance de pays dits « émergents ».

Sources : LIBERATION

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