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Promouvoir l’idée européenne : une ambassade pas comme les autres les autres

Ankara

Ecrit par Sophie C., 2011-01-13 10:07:57


Nous sommes dans la ville de Bursa, une centaine de kilomètres au sud d’Istanbul. La visite de Marc Pierini dans une boulangerie traditionnelle a des airs de campagne électorale. Pourtant, le chef de l’ambassade européenne en Turquie, la plus grande délégation des 27 dans le monde, est simplement en tournée pour promouvoir l’Union européenne auprès de la population. Il est épaulé par une quinzaine d’ambassadeurs d’autres Etats membres.

Je ne peux pas vous donner de garanties, le processus d’adhésion ne dépend pas des sentiments,” explique-t-il au boulanger qui l’interpelle.

Selon une étude transatlantique réalisée en septembre, l’idée d’adhérer à l’Union européenne est de moins en moins populaire en Turquie : 38% de Turcs sont pour, contre 70% en 2004.

Bursa est une vieille ville industrielle de Turquie qui, encore aujourd’hui, attire les investisseurs internationaux. Pas moins de 494 sociétés européennes y ont élu domicile. C’est le cas de Renault, Bosch, ou encore Fiat. Il n’empêche : même ici, l’engouement pour le club européen s’essouffle.

C’est à Ankara, la capitale administrative, que se trouve le siège de la représentation européenne. 132 personnes y travaillent.

Partie intégrante du tout nouveau Service européen pour l’action extérieure introduit le traité de Lisbonne, elle est placée sous l’autorité de la Haute représentante de l’Union européenne.

Cette méga-ambassade dispose d’un budget énorme : elle gère en effet pour 2,5 milliards d’euros de projets de pré-adhésion à l’Union.

Sa mission : représenter les 27 auprès de l’Etat turc mais aussi de la société civile, dans les différentes villes du pays.

Les questions de la population portent essentiellement sur l’octroi de visas et le financement de projets.

La première question qu’ils me posent, c’est les visas, or je ne délivre pas de visas comme chacun sait, explique Marc Pierini. La situation des visas est une situation très frustrante, qui n’est pas forcement très mauvaise parce que nous délivrons collectivement plus de 700.000 visas par an.”

La délégation n’hésite à se frotter au terrain, comme à Cumalikizik, un des rares villages préservés de l’époque ottomane, à dix kilomètres de Bursa. Là, les habitants sont perplexes : “l’UE ne signifie rien pour moi, admet une villageoise. Nous ne pouvons pas aller à l‘étranger. Mais les touristes eux peuvent venir, tout le monde arrive à entrer facilement ici.”

L’aide à l’enfance est une des priorités de l’ambassade européenne.
Elle y consacre un budget de 7 millions d’euros sur la période 2010-2011.

Campé dans un quartier populaire de Bursa, un centre co-financé par l’Union européenne et la Mairie de Bursa a été créé en mars 2009 pour accueillir les enfants défavorisés.

Chaque jour, 200 enfants de 7 à 14 ans s’y réfugient après l‘école. Le centre est doté d’une cantine, de salles de jeux et de classe. On y croise même des docteurs, des infirmières et des coiffeurs.

Autre gros poste de dépenses : la parité homme-femme au travail.

L’ambassadeur de l’Union préside au lancement d’un nouveau projet en ce sens soutenu par les ministères turc, allemand et autrichien du travail et des affaires sociales, sous l‘égide de la délégation européenne à Ankara.

Le budget 2010-2011 qui y est affecté s‘élève à 1 million d’euros.

Mais attirer à soi la manne européenne n’est pas une mince affaire pour qui ne maîtrise pas les ficelles de la bureaucratie bruxelloise. Tout le monde n’est pas à la même enseigne.

L’Association Kozadan Kelebege – littéralement du Cocon à la soie – est une coopérative 100% féminine qui fabrique des sacs textiles. Elle a eu du mal à obtenir un coup de pouce de l’Union.

Nous, les entreprises exclusivement féminines, n’arrivons pas à bénéficier des financements européens, se plaint sa fondatrice. La raison, vous la connaissez : c’est que c’est devenu un véritable marché. Nous ne parlons que turc, or les langues étrangères sont indispensables pour constituer un dossier. Nous ne savons pas comment monter un projet. Des cabinets spécialisés se sont créés, mais ils demandent beaucoup d’argent. Il faut que l’Union européenne se mette à notre portée !”

Certes, l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne reste incertaine.

Mais les projets européens contribuent à donner une certaine réalité à cette perspective.

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