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UE : la candidature de la Turquie dans l’impasse


Ecrit par Hakan, 2010-11-11 23:19:05


La Commission de Bruxelles doute de l’engagement européen d’Ankara.

L’UE renvoie la balle à Ankara : « Il est urgent que la Turquie remplisse ses obligations » et normalise ses relations avec Chypre, sans quoi le processus d’adhésion relancé il y a cinq ans mène tout droit à l’impasse, avertit la Commission européenne dans son rapport annuel sur l’élargissement.

À cinq semaines d’un sommet européen peut-être crucial pour la survie de la candidature, « personne ne peut se satisfaire du rythme actuel de la négociation », disait mardi le commissaire à l’élargissement Stefan Füle. Bruxelles fait porter la responsabilité de l’impasse sur les épaules turques et met en cause l’engagement européen du tandem Gül-Erdogan. Dans cette « phase exigeante, la Turquie doit faire plus d’efforts pour souscrire aux conditions posées », insiste le texte.

Chypre plombe le dossier

C’est une façon de maintenir une façade d’unité, sans se prononcer pour ou contre. L’UE est notoirement divisée sur le ticket européen d’un pays périphérique, musulman et dont l’économie est aussi dynamique que la démographie. Il compte la Grande-Bretagne et la Suède parmi ses soutiens. Les adversaires recrutent en France, en Allemagne, en Autriche et désormais aux Pays-Bas. À l’adhésion, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel opposent un « partenariat privilégié », demi-mesure rejetée par Ankara.

La question de Chypre, divisée entre le Sud qui appartient à l’UE et le Nord où stationnent les troupes turques, plombe le dossier depuis 2005. Les Chypriotes grecs exigent de la Turquie qu’elle ouvre ses ports à leurs navires, conformément à la parole donnée. Faute de l’obtenir, ils manient le veto. Bruxelles s’impatiente : « Il n’y a eu aucun progrès vers une normalisation des relations bilatérales », constate le rapport de la commission.

Avec l’opposition de la République de Chypre et de la France, conjuguées à celle de l’UE sur des chapitres ponctuels, la candidature piétine. Seuls 18 des 35 terrains d’accord imposés à la Turquie ont pu être explorés.

Techniquement, trois pourraient être encore ouverts. Pour les diplomates, il faudrait un miracle pour échapper à un blocage définitif en 2011 ou 2012. La commission, comme pour mieux souligner ses frustrations, met en avant les convergences sur d’autres fronts. La Turquie s’est embarquée dans « une profonde révision de sa Constitution et se rapproche des normes européennes », estime-t-elle. Réserves récurrentes, elle s’inquiète d’un cadre légal qui « ne garantit pas assez la liberté d’expression ». Elle relève aussi des manquements à la liberté religieuse, aux droits des femmes et à ceux des syndicats.

Travailler main dans la main

Au contraire de beaucoup, Bruxelles se garde encore de conclure que la Turquie regarde moins vers l’Europe et davantage vers l’Orient. Le rapport mentionne sans commentaire qu’Ankara s’est dissociée des Européens et de ses alliés de l’Otan, pour voter contre le renforcement des sanctions imposées à l’Iran par le Conseil de sécurité de l’Onu. Le geste a alerté les deux rives de l’Atlantique. La Commission veut croire que l’UE et la Turquie, travaillant main dans la main, « peuvent renforcer la sécurité énergétique, s’atteler au règlement des conflits régionaux et prévenir l’apparition de fossés ethniques et religieux ». Le rapport fait le point sur huit autres candidatures à l’UE, officielles ou encore à l’ébauche. Parmi ces dernières, la commission soutient fermement l’Albanie. Mais elle temporise pour la Bosnie, handicapée par l’absence de réformes et le manque de vision de ses dirigeants ».

Par Jean-Jacques Mevel pour le Figaro

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