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Le jeu trouble de la France en Libye

Ecrit par Engin, 2020-01-03 22:28:03


Le jeu trouble de la France en Libye

Avec : France Culture

Dans les années 80, elle ignorait le général Haftar, impliqué dans la guerre libyenne au Tchad puis répudié par Kadhafi. Aujourd’hui, il est son interlocuteur incontournable, aux dépens du gouvernement libyen officiel. Quel jeu joue la France en Libye ? Entretien avec le chercheur Jalel Harchaoui.

En juillet 2019, une enquête du ministère des Affaires étrangères américain était formelle : des missiles anti-bunker avaient été introduits en Libye par la France, malgré l’embargo de l’ONU sur les armes. Des munitions de type Javelin très onéreuses et très difficiles à utiliser, qui suggèrent la présence d’officiers français aux côtés de la coalition armée du maréchal Khalifa Haftar...

Depuis son offensive sur Tripoli le 4 avril (depuis, la bataille s’éternise), la France continue à accorder tout son soutien au maréchal Haftar, militaire mais surtout diplomatique. Pourtant, le gouvernement de Faïez Sarraj, contre qui se bat Haftar, a été officiellement reconnu par la communauté internationale... et les combats en cours ont considérablement aggravé la situation humanitaire et sécuritaire du pays.

Alors que la Turquie d’Erdogan menace désormais ouvertement d’envoyer des troupes pour venir en aide au gouvernement d’union nationale à Tripoli et que le conflit "s’internationalise", le chercheur Jalel Harchaoui, de passage à Paris, revient sur le jeu trouble de la France, et les raisons de son intérêt pour la Libye.

D’après mes recherches, la France n’avait pas été mise au courant de l’offensive du 4 avril et je dirais même que même des États beaucoup plus proches du maréchal, comme l’Egypte, étaient opposés à cette aventure très frontale, très ambitieuse. Ce qui est intéressant, c’est le caractère structurel de cette relation qui lie le maréchal avec tout un tas d’États qui, pour la plupart, ont commencé leur partenariat avec ce seigneur de guerre vers 2014-2015. Après cinq ans d’intimité, le maréchal Haftar a compris que s’il se lançait dans une improvisation, ces États-là allaient être contraints, obligés de le suivre. Pour des raisons structurelles, de routine, d’inertie... et aussi d’orgueil. On ne veut pas admettre qu’on a soutenu le mauvais cheval. Jalel Harchaoui

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