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LEÇON DE FOOTBALL : CHAPITRE II


Ecrit par Engin, 2019-10-19 07:01:49


LEÇON DE FOOTBALL : CHAPITRE II

La pluie du Stade de France n’a pas freiné la combativité des équipes de France et de Turquie de football.

Sur fond de polémique extra-sportive et de revanche purement sportive (La Turquie l’avait emporté par 2 buts à zéro au stade de Konya), nous avons pu assister à un affrontement incessant. Pour un match nul 1-1 pas si scandaleux qui a régalé spectateurs/trices et téléspectateurs/trices. Du respect des hymnes aux déclarations des deux sélectionneurs, la vraie sportivité s’en est trouvée beaucoup moins convalescente.

France-Turquie 1-1

Un bon résultat pour chaque équipe. L’équipe de France s’est montrée volontaire, forte face à un adversaire coriace qui l’avait battue il y a quelques mois. L’équipe de Turquie, elle, a réussi à tenir en échec le Champion du Monde en titre après avoir été menée.
D’autres aspects sont intervenus : la manière, l’état d’esprit, l’ambiance survoltée magnifiée par les circonstances géopolitiques du moment. Pour une soirée inoubliable placée sous le signe du défi sportif et humain.

DOMINATION FRANÇAISE ET RÉSISTANCE TURQUE

Le match a débuté immédiatement sous un angle des plus dynamiques. D’un coté les français lançant les hostilités et s’improvisant maitres de cérémonie. De l’autre les turcs attentifs, ne reculant pas devant le déferlement des membres de l’équipe receveuse. Une première mi-temps gagnée par l’imprécision à certains moments et la primauté de l’impact physique. Quelques beaux mouvements sont venus égayer la soirée pluvieuse. Nous pouvons mémoriser les échanges répétés dès la première minute entre Antoine Griezmann et Blaise Matuidi. Les prises de risque de Lucas Hernandez, jonglant entre une officielle position d’arrière latéral et des aspirations d’ailier gauche, défiant une rugueuse défense turque. Wissem Ben Yedder et Kingsley Coman cherchant à combiner ensemble des changements de percussion. Une domination française, une résistance turque.

LES JOUEURS N’ONT PAS DÉMÉRITÉ

La deuxième mi-temps a vu des actions tranchantes plus fréquentes de la part des vingt-deux acteurs. Mais aussi des erreurs de nervosité venues du camp français (Faute de Hernadez sur K. Karaman très bien lancé par Hakan Calhanoglu- 48’) Tandis que le camp turc s’essoufflait en s’efforçant de ne pas vaciller, les français ont poussé, poussé, faisant craquer la défense turque sur un but de la tête de Olivier Giroud, suite à un corner très bien exécuté par A.Griezmann (75’).
Les turcs, comme souvent, ont exploité à fond la fin de match et ont arraché l’égalisation sans baisser les bras. Là aussi sur une tête de K. Kaan récupérant un ballon tiré sur coup-franc. Score final 1-1 pour deux formations qui ont joué le jeu et proposé du spectacle.Les joueurs des deux nations n’ont vraiment pas démérité, même s’il y a eu quelques cartons liés à la fatigue, au stress, mais aucunement à l’anti-jeu.

QU’EN DIRE ?

Après tous les propos polémiques précédant la manifestation sportive en elle-même, la réponse s’annonce comme de manière polyphonique.

Oui, la réponse principale c’est sur le terrain. Oui, le score de 1-1 n’est blâmable ni pour l’une ou l’autre des deux équipes nationales. L’équipe de France était privée de P. Pogba et de K. Mbappé, l’équipe de Turquie bénéficie elle aussi de circonstances atténuantes avec le retour encore trop progressif de Emre Mor avec le Galatasaray et la mise au ban d’un talent comme Arda Turan. Sans compter l’absence du ’’romanista’’ Cengiz Under.

Par rapport au jeu de la Milli Takim, il est très étonnant, dans le bon sens du terme, de constater le fond de jeu adopté. Au match aller, soldé par la victoire à domicile, les rouges et blancs avaient joué à la turque sur l’ensemble du match. Pour ce match retour en territoire bleu blanc rouge, ils ont varié le style, les lectures de jeu. Moins sûrs de leur sujet qu’à l’aller mais déterminés quand même. Très regroupés et solidaires (Burak Yilmaz est revenu défendre plusieurs fois et a joué aussi bien avant-centre, ailier ou "neuf et demi" un peu à la façon de Hristo Stoichkov avec l’équipe nationale de Bulgarie il y a trois décennies), les turcs ont été très techniques par moment (les déviations de Kahveci par exemple ou encore les ouvertures de H.Calhanoglu, le geste technique en mouvement afin d’éviter le pressing de C.Tolisso...). Très solides à d’autres moments, pouvant compter sur une prestation complète du gardien de but Mert Gunok (des dégagements des deux poings, des arrêts décisifs sur la ligne, des sorties décidées et précises...), les relances de Zeki Celik ou les tacles pleins d’assurance de Demiral.

Un match très important pour un résultat peu surprenant lorsque l’on tient compte de son déroulement. L’équipe de France s’est comportée en patronne à domicile, plus convaincante même qu’à la dernière Coupe du Monde. De là le mérite turc d’avoir obtenu un point à l’extérieur s’en trouve amplifié.

Si l’on effectue quelques digressions conduisant à l’aspect psychologique et extra-sportif, le contrat est en grande partie rempli puisque l’hymne français n’a pas été sifflé. Légitime puisque derrière chaque hymne se cache l’Histoire et des histoires d’anciens combattants qui se sont sacrifiés. Un aspect militaire qui a quand même émergé de la part des joueurs turcs. Mais là difficile de cerner l’acte politique ou le sentimentalisme. On a déjà vu plus neutre sur et autour des terrains de football .On a déjà vu bien pire aussi : on peut penser aux supporters mexicains scandant des "Oussama,Oussama" en référence à Ben Laden lorsque leur équipe nationale s’était mesurée aux Etats-Unis. La grande erreur de la part des médias sportifs occidentaux et de l’UEFA serait de poursuivre la stigmatisation, n’accordant qu’un second plan au résultat. Elevons les débats, surtout en cette délicate période.

Gianguglielmo /Jean-Guillaume LOZATO, professeur d’italien à L’ENSG et à International Paris School of Business,chargé de cours à l’Université Paris-Est. Auteur de recherches universitaires sur le football italien en tant que phénomène de société

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