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Nouveau scrutin pour Istanbul


Ecrit par Hakan, 2019-05-09 12:17:31


La bataille pour la mairie d’Istanbul a duré 37 jours entre la coalition de l’AKP au pouvoir, et celle de l’opposition sociale démocrate du CHP, et du centre droit.

Le candidat de l’opposition Ekrem Imamoglu a été élu maire le 31 mar, avec 13 000 voix d’avance sur son rival, ancien Premier ministre Binali Yildirim. Le parti présidentiel AKP, et les nationalistes du MHP qui le soutiennent, contestaient ce peu d’écart, sur 8 millions d’électeurs.

Le Président Erdogan, ancien maire d’Istanbul, a tranché avec une déclaration publique : il fallait annuler les élections municipales d’Istanbul pour soulager la conscience de ses concitoyens. C’est chose faite. Le Conseil électoral turc a décidé, lundi 6 mai, d’invalider le mandat du nouveau maire social démocrate de la mégapole, et ordonné la tenue d’un nouveau scrutin, prévu le 23 juin.

Soutenu par Devlet Bahçeli, le chef explicitement menaçant des loups gris ; Erdogan et les islamistes du parti majoritaire AKP ont dénoncé des irrégularités massives concernant le premier scrutin. Mais le Conseil électoral n’a pu retenir qu’une seule irrégularité, celle de nommer des responsables de bureaux de vote qui ne soient pas fonctionnaires ; donc la sienne.

Finalement, sept membres du Conseil contre quatre ont opté pour une annulation partielle des votes à Istanbul. Dans une enveloppe où les électeurs mettent quatre bulletins différents concernant les élus du quartier, de l’assemblée municipale, des maires de localités, et du maire de la ville, il n’y a que les bulletins concernant le maire d’Istanbul qui sont invalidés.

La décision du corps électoral est tellement dépourvue d’argumentation juridique, que le président du Conseil, pourtant proche du pouvoir, a voté contre l’invalidation du mandat du maire ; et c’est un des représentants de l’AKP auprès du Conseil qui a rendu public le résultat.

L’opposition est consciente du non fondé de cette invalidation arbitraire. Mais Erdogan ne fait jamais rien à moitié. Les décisions du Conseil électoral sont juridiquement incontestables depuis 2007. La coalition des partis CHP sociale démocrate et IP centre droit, n’avait pas d’autre choix que de relever le défi, pour regagner la mairie d’Istanbul.

Le Président et sa coalition islamo-nationaliste regretteront peut-être ce résultat d’invalidation qu’ils ont ordonnée et obtenue. La crise économique qui sévit dans le pays et l’inflation qui galope vers 28 % ne sont pas favorables au pouvoir. Tandis que l’opposition républicaine semble avoir trouvé le chef qui lui manquait terriblement jusque-là, en la personne du nouveau maire déchu.

Ekrem Imamoglu que personne ne connaissait vraiment avant son élection invalidée, s’avère un redoutable combattant politique. Il a fait ses armes comme maire d’une grande ville de la banlieue d’Istanbul qu’il a transformé. Brillant orateur paisible, jeune, rassurant et décidé, il a déjà réussi à sortir son parti CHP de la torpeur, et rassembler les opposants de tous bords, contre le régime en place.

Le nouveau scrutin prévu le 23 juin pour Istanbul, est vécu comme une opportunité pour en finir avec un régime corrompu, non pas seulement dans la mégapole turque de 17 millions d’habitants mais dans tout le pays. La mobilisation pour la réélection d’Ekrem Imamoglu est massive. L’opposition le désigne comme le principal rival d’Erdogan et les républicains voient déjà en lui, un futur président.

Source avec La Dépêche

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