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Etibar Asadli, le jazz qui anime et marie les cultures.

Ecrit par Engin, 2019-04-11 19:36:02


Etibar Asadli, le jazz qui anime et marie les cultures.

Un jazz classieux !

Il y a eu lundi soir à Colmar une centaine de personnes qui a rejoint son domicile avec le sourire et nantie d’une bonne dose d’optimisme... tous les auditeurs du concert donné aux Catherinettes par le trio du pianiste Etibar Asadli.

Si le jazz a longtemps été le domaine, versant interprètes, des natifs du nouveau monde puis par contagion historique des musiciens de la vieille Europe et (un peu) d’Afrique, l’émergence d’un « vrai » jazz, qui ne renie pas ses racines et ne copie pas servilement le modèle, dans « l’autre monde » n’est avéré que depuis peu.

Des couleurs d’Orient un peu slaves.

Versant piano, le Serbe (aujourd’hui français) Bojan Z. a ouvert la voie il y a deux décennies, plus récemment est apparu le natif d’Arménie Tigran (Hamasyan) ; il faudra dorénavant compter au nombre de ces explorateurs l’Azeri Etibar Asadli.

Fait d’un minimum de technique, répondant à des structures lâches mais réelles, le jazz ne doit sa vie, sa survie, et son évolution qu’à l’inspiration de ses serviteurs... et parmi ces sources (d’inspiration) figure en bonne place le vécu de chacun, sa culture et son environnement, et donc son folklore, même en portion ténue.

Avec Etibar Asadli, le cartésianisme occidental a pris des couleurs d’Orient un peu slaves, les quarts de ton ont fait leur apparition, les rythmes sont devenus plus lancinants, le temps s’est distendu, sans que le jazz, stricto sensu, n’en souffre... bien au contraire !

Ayant fait le choix de la structure musicale certainement la plus fragile qui soit, celle du trio, en ceci que la moindre petite aspérité ou la moindre petite erreur (ou hésitation) de l’un des partenaires s’entend immédiatement et à
des répercussions sur le jeu des autres, le pianiste a sans cesse nourri son jazz de sons et de compositions (ou recompositions, à partir d’airs ancestraux) « venus d’ailleurs » que ses compères (Chris Jennings, contrebassiste tout en nuances ; Tilo Bertholo, plus percussionniste que batteur) ont fait fructifier et grandir. Ainsi de l’etonnant Lay, lay autour d’une mélodie enregistrée et psalmodiée, du très éthéré, tout au moins dans son introduction, Alinde, qui renvoie au Keith Jarrett post « Köln Concert » ou avec le Qara conclusif.

Pianiste en recherche de sonorités inusitées, Etibar Asadli a également donné à entendre deux performances en soliste, dont l’une a mêlé sonorité fruste du mélodica, sonorité ample du Steinway et sons plus artificiels du couple clavier/ordinateur. Un pianiste à suivre...

Source : Nouvelles d’Alsace

culture Azerbaïdjan Etibar Asadli musique
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