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Turquie : l’intégrité du processus électoral en danger ?

Ecrit par Hakan Akgün, 2019-04-08 21:44:34


L’opposition turque redoute que le recompte des bulletins de vote à Istanbul, après les municipales du 31 mars, vienne nuire à l’intégrité du processus électoral.

Un recompte des bulletins de vote turcs peut être dangereux. Telle est la mise en garde du président du Parti républicain du peuple (CHP), la principale formation turque d’opposition. Kemal Kilicdaroglu déclare redouter que le recompte des bulletins de vote de certains districts de la ville d’Istanbul ne vienne au final nuire à l’intégrité du processus électoral du pays. Ekrem Imamoglu, candidat du CHP à la mairie de la plus grande ville de Turquie, est arrivé en première position lors des résultats préliminaires des élections municipales du 31 mars dernier. Des recomptes partiels ont été ordonnés par la Commission électorale supérieure (YSK) dans certains districts d’Istanbul. Ils ont réduit l’avance d’Imamoglu sans pour autant renverser la donne.

Mais le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdogan a réclamé un recompte de la totalité des bulletins de vote exprimés le 31 mars à Istanbul. Le président du CHP, Kemal Kilicdaroglu, a appelé pour sa part les juges électoraux à être impartiaux et a souligné qu’il ne pouvait y avoir de recompte total sans une justification raisonnable. Il a ajouté qu’en l’état, alors que les recomptes partiels ont été effectués à 92,3 %, son candidat l’emportait toujours, avec 15 722 voix d’avance sur le candidat de l’AKP, l’ancien Premier ministre Binali Yildirim.

L’insistance d’Erdogan

Istanbul, mégapole de 15 millions d’habitants, est gérée depuis un quart de siècle par des formations issues de l’islam politique ; Erdogan en a été le maire de 1994 à 1998, sous l’étiquette du Parti du bien-être, première formation islamiste à avoir gouverné la Turquie avant d’être dissoute. C’est à Istanbul qu’il a véritablement lancé sa carrière politique nationale. Lors d’une conférence de presse, Erdogan a jugé lundi matin que l’avance du CHP était trop étroite pour que le parti de l’opposition puisse s’y prétendre vainqueur. « Nul n’a le droit de se placer dans l’état d’esprit d’une victoire électorale dans une ville de 10 millions d’électeurs avec 13 000 ou 14 000 voix d’avance », a-t-il dit. « Lorsque les appels auront été examinés, nous accepterons le résultat », a ajouté le président turc. L’AKP a également réclamé un nouveau décompte des voix dans la capitale, Ankara, où les résultats partiels donnent aussi le CHP vainqueur.

Un « crime organisé » lors des municipales à Istanbul

« Il ne s’agit pas d’irrégularités çà et là, presque toute l’affaire est irrégulière », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse avant son départ pour une visite en Russie. « Notre parti a établi que des crimes organisés, que des actions ont été perpétrées de manière organisée » lors du scrutin, a assuré M. Erdogan, évoquant un « vol dans les urnes ».

20 % de la population à Istanbul

La perte d’Istanbul, capitale économique de la Turquie où vit 20 % de la population du pays, serait un revers électoral sans précédent pour M. Erdogan. Ekrem Imamoglu, candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), soutenu par d’autres formations hostiles à M. Erdogan, est arrivé en tête avec 25 000 d’avance sur son opposant de l’AKP, l’ancien Premier ministre Binali Yildirim.

M. Imamoglu, qui se présente d’ores et déjà comme le « maire d’Istanbul », accuse l’AKP de vouloir gagner du temps en multipliant les recours pour effacer les traces d’éventuelles malversations commises à la municipalité, ce que nie fermement l’AKP.

Source : avec Ouest-France

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