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Les Azerbaïdjanais commémorent dans la douleur le 27e anniversaire du génocide de Khodjali.

Ecrit par Engin, Ilker, 2019-02-25 09:47:17


Les Azerbaïdjanais commémorent dans la douleur le 27e anniversaire du génocide de Khodjali.

Ce mardi 26 février 2019, l’Azerbaïdjan et la diaspora azerbaïdjanaise commémorera la 27e année du funeste anniversaire du génocide commis par les forces arméniennes dans la ville de Khodjali en Azerbaïdjan.

Ce génocide, le plus meurtrier du conflit opposant l’Arménie et les irrédentistes arméniens face à l’Azerbaïdjan, faisait en 2 jours - 25 au 26 février 1992 - 613 victimes dont 63 enfants et 106 femmes, marquera douloureusement la mémoire azerbaïdjanaise par les atrocités et la barbarie commises par les troupes arméniennes contre la population civile azerbaïdjanaise, mais également par le silence des pays occidentaux.

Les origines des conflits arméno-azerbaïdjanais

Dans sa politique d’extension vers l’Ouest et le Sud, la Russie voit la conquête de la Transcaucasie comme un intérêt vital.

Au début du XIXe siècle, les Russes remportent d’importantes victoires militaires sur les Ottomans et les Perses qui leur permettent finalement d’annexer le Caucase du Sud. Ainsi, le Traité de Golestan en 1813 puis celui de Turkmanchai en 1828 consacrent la présence russe.

Pour pérenniser celle-ci, la Russie s’affaire à remodeler la région en s’appuyant sur la population arménienne en laquelle elle voit, pour des raisons de proximité religieuse (les deux parties sont orthodoxes) un fidèle allié.

Les transferts et les déplacements de populations se multiplient alors dans la région modifiant les rapports démocratiques. Ainsi, dans la région du Karabakh par exemple :
1823 : 15 927 (79 %) familles azerbaïdjanaises dans le Karabakh et 4233 (21 %) familles arméniennes.

1828 : traité de Turkmanchai signé avec l’Empire perse, début des transferts de population arménienne, venant principalement d’Iran, et création, par décret spécial par le Tsar Nicolas, d’une province arménienne.

1832 : la population arménienne passe de 21 % à 31 % au Karabakh.

De la même manière, de 27 % en 1823, la population arménienne passe à 45 % en 1832 dans la région caucasienne du Shusha.

Ainsi, dans la seconde moitié du XIXe siècle, plus d’un million d’Arméniens sont installés en Transcaucasie (espace géographique du sud du Caucase composé par la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan) dans le cadre de la politique russe de remodelage de la région qui se fait de manière de plus en plus coercitive.

Au début du XXe siècle, les rapports démographiques sont modifiés dans plusieurs régions de la Transcaucasie, dont notamment le Karabakh.

1905-1906 : affrontements entre Arméniens et Azerbaïdjanais, provoqués par le pouvoir tsariste. Les Arméniens, vainqueurs, chassent des habitants azerbaïdjanais.

1918-1921 : massacres d’Azerbaïdjanais à Bakou, avec un point culminant de juin à août 1920. Purification ethnique massive sur le territoire de l’Arménie indépendante (le Zanguevour, au sud, n’est conquis par les Soviétiques qu’en juillet 1921) et au Haut-Karabakh, contre les Azerbaïdjanais.

1985-1986 : les vues territoriales des nationalistes de la diaspora arménienne se déplacent vers le Haut-Karabakh, jugé plus facile à conquérir que la Turquie du Nord-est.

1987 : expulsions d’Azerbaïdjanais du Haut-Karabakh : ils ne forment plus qu’environ 25 % de la population vers 1987.

La guerre d’agression contre les Azerbaïdjanais du Karabakh

Dans le milieu des années 80, la politique menée par Mikhaïl Gorbatchev favorise les mouvements irrédentistes arméniens dans le Karabakh – portés, entre autres, par des nationalistes tels qu’Igor Mouradian qui lient des liens étroits avec le parti Dachnak en Arménie.

Bien que les dirigeants azerbaïdjanais proposent une large autonomie politique pour les territoires du Karabakh, celle-ci est rejetée par le jusqu’au boutisme des irrédentistes arméniens qui se donnent pour objectif de créer un État à l’intérieur du territoire azerbaïdjanais. S’en suit un conflit entre les forces arméniennes et celles azerbaïdjanaises.

Ce conflit se déroule en deux phases :

1. De novembre 1987 à fin 1991, le conflit se déroule dans le cadre strict et juridique de l’Union soviétique, cette dernière continue à jouer sa vieille politique du « diviser pour mieux régner » qui lui a permis d’assurer sa présence dans la région.

2. Fin 1991, à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, le conflit se déroule dans un cadre international et soumis aux intérêts des acteurs internationaux.

Ainsi, au début des années 90, le conflit arméno-azerbaïdjanais échappe aux Russes. Afin de préserver leur sphère d’influence – la présence au Caucase étant toujours considérée par les Russes comme un intérêt vital – ces derniers engagent leurs forces auprès des Arméniens, considérés comme des alliés, contre les Azerbaïdjanais, qui de leur côté choisiront le camp occidental.

Les événements de Khodjali

Fin février 1992, les forces arméniennes du Karabakh, accompagnées du 366e régiment de l’armée russe dont les soldats sont composés majoritairement d’Arméniens encadrés par des gradés russes, s’emparent de la ville de Khodjali – ville stratégique en raison de la présence du seul aéroport de la région.

En une nuit, celle du 25 au 26 février 1992, 613 civils azerbaïdjanais sont tués dont 63 enfants et 106 femmes. A ces morts il faut ajouter un millier de blessés et 1275 personnes prises en otage. À ce jour, 21 ans après les faits, 150 habitants de Khodjali sont toujours portés disparus.

Les atrocités constatées après ces événements montrent l’ampleur de la brutalité dont ont fait preuve les troupes arméniennes. Des personnes ont été scalpées et décapitées, on a ouvert le ventre des femmes enceintes à coups de baïonnette et des corps ont été mutilés, même les enfants n’ont pas été épargnés.

L’ONG internationale Human Rights Watch a décrit les massacres de Khodjali comme « le plus considérable en termes de vie humaine depuis le début du conflit ». Le journal « Le Monde » du 14 mars 1992, contredisant les affirmations de la partie arménienne, en particulier de la diaspora occidentale, considérant comme « propagande » tout ce qui ne va pas dans le sens de leurs intérêts ou de leur vue, affirmera : « Des correspondants étrangers à Agdam ont pu se convaincre que les femmes et les enfants fuyant Khodjali et mitraillés puis abattus à bout portant, les trois têtes scalpées ou les doigts coupés, ne sont pas un produit de la propagande azérie, mais la triste réalité d’un conflit. »

Ces événements s’inscrivent dans la politique de nettoyage ethnique de grande envergure qui a été préméditée et menée par les Arméniens sur les territoires azerbaïdjanais.

Après le cessez-le-feu, tout le Karabakh et plus de 20 % du territoire azerbaïdjanais sont occupés, ce qui est le cas encore aujourd’hui. Cette occupation arménienne engendre des conséquences graves sur les plans humain et socio-économique :

 près d’un million de réfugiés qui vivent dans des conditions de survie. 
 6 grandes villes, 12 moyennes, 830 zones d’installation sont occupées et vidées de leurs habitants. 
 Des centaines d’hôpitaux et centres de soins ont été rasés ou incendiés. 
 Des dizaines de milliers de maisons, d’appartements ont été pillés ou détruits. 
 Des centaines de bibliothèques sont détruites, des manuscrits de valeur ont été brûlés. 
 Plusieurs théâtres publics, des dizaines de conservatoire ont été également détruits. 
 Plusieurs dizaines de milliers d’usines et d’exploitations agricoles ont été pillées.

La situation présente

Un cessez-le-feu entre en vigueur en 1994 sans que la tragédie vécue par les Azerbaïdjanais ne trouve solution :

- près de 20 % de son territoire est actuellement occupé par l’Arménie. 
 
- Plus d’un million d’Azerbaïdjanais ont été chassés de leur terre, et vivent dans des conditions de grande précarité. 

- Les criminels de guerre arméniens n’ont pas été jugés et sont toujours en liberté. 
 
- Les activistes dits de la « cause arménienne » essayent de minimiser, auprès des opinions publiques occidentales et notamment françaises, la tragédie azerbaïdjanaise alors que l’ancien Président arménien Serge Sarkissian déclarait lui-même : « Avant les événements de Khodjali les Azerbaïdjanais avaient la conviction que nous ne prendrions pas les populations civiles pour cible, par Khodjali nous avons brisé ce préjugé. »

Ainsi, avec des milliers de morts, un million de réfugiés et plus de 20 % de son territoire occupé par l’Arménie, l’Azerbaïdjan et les Azerbaïdjanais sont les premières victimes du conflit entre les deux États et les deux communautés.

Malgré cela, malgré la justice et le droit, et par l’intermédiaire du grand activisme de la diaspora arménienne qui vise à rendre coupables les Azerbaïdjanais et justifier l’occupation de leurs terres, l’Occident et en particulier les États-Unis et la France continuent à soutenir les revendications des extrémistes arméniens.

Ilker Tekin

#Azéris #Lobbying arménien Arménie Azerbaïdjan génocide de Khodjali.
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