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Étranges menaces de Donald Trump contre la Turquie.

Ecrit par Engin, Ilker TEKIN, 2019-01-14 19:46:09


Étranges menaces de Donald Trump contre la Turquie.

Le 13 janvier 2019, le président américain, Donald Trump, très prolixe sur Twitter a écrit un message prenant pour cible la Turquie.

Que le Président des États-Unis s’exprime en 280 caractères sur Twitter plutôt que dans les médias traditionnels, cela n’enlève rien à la portée du discours qui émane non pas d’une personnalité individuelle, mais d’un président qui s’exprime au nom de son pays.

On aurait donc tort de considérer les tweets de Trump uniquement comme l’expression farfelue d’un président qui ne l’est pas moins.

Que dit donc Trump dans ce tweet ?

Que le retrait des soldats américains de Syrie doit commencer et que celui-ci s’accompagnera de frappes multilatérales afin d’annihiler ce qui reste de l’ISIS et de frapper à nouveau à partir de bases existantes en cas de reformation du groupe terroriste, jusqu’ici rien de bien nouveau, ni de critiquable.

Or, dans le même tweet le président américain s’en prend violemment à la Turquie promettant une "dévastation économique" si elle menait des opérations militaires contre les Kurdes.

Plusieurs lectures peuvent être faites de ce message de Trump :

1. Ne pas prendre au sérieux ce message, le considérant comme la lubie d’un président connu pour son extravagance.

2. Essayer d’analyser ces déclarations de plus près :

a- Celui-ci met sur le même plan les menaces contre l’ISIS et la Turquie, créant un parallèle qu’il est difficile d’accepter.

b- On ne sait si Trump a le sens des mots, mais celui de "dévastation" n’est pas anodin, il aurait pu dire "prendront des mesures économiques", ou autres expressions, mais le mot "dévaster" montre la disposition d’esprit de Trump et certainement, avant lui, de ses conseillers et son gouvernement - car Trump, qui sert ici de relais ou d’amplificateur, n’est pas un homme politique ayant une grande connaissance géopolitique. D’ailleurs, à l’inverse de son message sur le retrait des soldats américains de Syrie, il n’y a pas eu de réactions américaines à ces menaces.

c- Ainsi, que les États-Unis menacent de cette manière un pays membre de l’OTAN, allié, du moins sur le papier, qui est un des deux pays les plus importants du Moyen-Orient, même, et on pourrait dire à plus forte raison, par l’intermédiaire d’un farfelu, pouvant créer un chaos dont souffriraient des milliers d’habitants d’un pays "allié" et ce pour protéger une milice - le YPG - bras syrien du PKK que les États-Unis reconnaissent eux-mêmes comme terroriste doit faire réfléchir sur la façon dont les États-Unis conçoivent actuellement la Turquie. Car on imagine mal le même Trump s’en prendre de cette façon à d’autres alliés. Nous pourrions alors nous demander à quoi font échos ces actuelles dérives langagières et hostilités sans frein vis-à-vis de la Turquie ?

Ainsi, deux lectures de ce tweet de Trump peuvent être faites. La première serait de mettre celui-ci sur le compte de l’excitation d’un farfelu dont le comportement, d’ailleurs, entraîne la pensée vers cette voie. La seconde serait d’examiner ces déclarations plus en détail :

car du coup d’Etat raté de 2016, au soutien aux milices kurdes, de l’instrumentalisation de la question arménienne, à la question chypriote, du soutien, affiché ou discret, à ceux qui s’en prennent et visent à renverser l’identité républicaine, à la guerre contre sa monnaie, tout montre que la Turquie est le théâtre d’opérations occidentales que Trump par son caractère abrupte dit plus franchement que d’autres dirigeants qui se disent être vos "amis".

En tout cas, les déclarations des dirigeants turcs, même s’ils ne comprennent pas toutes les motivations et l’hostilité actuelles et communes des Etats-Unis et de certains pays européens, montrent qu’ils prennent au sérieux ces déclarations de Donald Trump.

Le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a ainsi affirmé que le peuple turc ne courberait pas l’échine devant des sanctions économiques lorsque sa sécurité est menacée par le terrorisme.

Le porte-parole de la présidence Ibrahim Kalin a pour sa part affirmé qu’il était erroné d’amalgamer les Kurdes syriens avec le PYD-YPG qui est le bras syrien du PKK, organisation terroriste et reconnue comme tel par les Etats-Unis eux-mêmes.

Ilker Tekin

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