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REVUE DE PRESSE DU 6 JUIN 2018


Ecrit par Dilek, Pakize, 2018-06-06 18:30:11


L’équipe tient à souligner que les informations émises dans cette revue de presse ne reflètent pas nécessairement son opinion. Elle s’adresse à un public qui souhaite connaître les sujets traités par les médias francophones relatifs à la Turquie.

Revue de presse du 6 juin 2018

REVUE DE PRESSE DU 06 JUIN 2018

Gezi, convergence des luttes, symbole de liberté : 5 ans après

Les médias francophones reviennent sur les évènements de Gezi qui a été un tournant dans la situation socio-politique de la Turquie et qui a marqué les esprits de ce pays.

Le 28 mai 2013, une cinquantaine de riverains font un sit-in dans le parc de Gezi, un des rares espaces verts à Istanbul pour protester contre la destruction de ce parc. Un projet de reconstruction d’une caserne et d’un centre commercial est prévu. Assez rapidement des milliers de personnes joignent Taksim. Le mouvement qui est au départ écologique prend de l’ampleur et d’autres villes turques s’associent aux protestations qui se sont généralisées. A l’étranger, le mouvement est comparé au printemps arabe, aux Indignés ou à Mai 68.

Pour commémorer les évènements de Gezi des centaines de personnes sont descendues dans la rue indique OUEST France. Etroitement surveillés par la police, les manifestants ont pris la direction de la place Taksim, avec des banderoles proclamant « les ténèbres se dissiperont, Gezi restera ».

Mais en cinq ans, il ne reste plus grand-chose de centre culturel d’Atatürk, une grande mosquée verra le jour. Et le régime s’est durci se désole LA Croix. Zeyno Pekünlü, jeune artiste qui était impliquée dans le mouvement témoigne « Quand je reviens ici, j’ai l’impression de me balader au milieu des fantômes… Gezi a permis de diversifier les acteurs politiques. Ce n’était plus seulement les partis qui avaient droit à la parole, mais aussi des groupes issus de la société civile : milieux associatifs, écologistes, féministes, LGBT… Si la conjoncture politique n’avait pas changé si radicalement, il y aurait probablement eu des prolongements ».

Selon le chercheur Jean-­François Pérouse, auteur d’une biographie du chef de l’État turc ». Gezi annonçait la reconfiguration, très polarisée, de l’espace et de l’imaginaire politique turcs ». La chaine Arte, quant à elle donne la parole à la mère d’une des victimes, Berkin qui était sorti acheter du pain. Le jeune adolescent devient le symbole de la répression « mais aux yeux des fidèles du président turcs, il est considéré comme terroriste » regrette la mère de Berkin.

La crise économique est-elle inévitable

Comme les autres médias mainstream, L’EXPRESS explique que le président turc a avancé les élections législatives et présidentielles au 24 juin à cause de la situation socio- économique très critique et de l’effondrement de la monnaie qui a perdu près de 30% de sa valeur face au dollar. La croissance spectaculaire de 7,4% du pays placé au 17e rang mondial serait dopée artificiellement par le lancement d’ambitieux chantiers d’infrastructure -autoroutes, ponts, nouvel aéroport d’Istanbul, canal du Bosphore- et par l’accès au crédit facile offert à tous, affirme le magazine.

D’autre part, les investisseurs étrangers se montreraient plus frileux à l’égard de la Turquie qui inquiète depuis la déclaration de M. Erdoğan à Londres il y a quelques jours sur son intention de "peser davantage" sur la politique monétaire du pays.
L’hebdo estime que le président turc est mal conseillé par un entourage qui serait incompétent et verrait un complot de l’étranger pour détruire la Turquie. Toutefois, après la révision à la baisse de la perspective de la note souveraine du pays, le vice-Premier ministre chargé de l’Economie, Mehmet Şimşek tente de rassurer en publiant sur Twitter "Nous répondons aux préoccupations du marché à travers des actions politiques convaincantes. Ces mesures incluent une politique monétaire "resserrée et simplifiée", un durcissement de la politique fiscale et l’accélération des réformes économiques après les élections, a-t-il précisé ; déclaration récupérée par LE Figaro.

En revanche, le ministre de l’Economie Nihat Zeybekci a montré moins d’égards à l’encontre des agences financières, accusant Fitch et Moody’s de soutenir "des jeux spéculatifs et manipulateurs contre la Turquie" en ayant des réactions "trop hâtives". Selon lui, il n’y a "aucune inquiétude, aucun problème" concernant la santé des banques turques, apprend-t-on dans ROMANDIE.COM.

L’opposition en Turquie

Europe1 affirme que la campagne pour les élections du 24 juin se déroule dans un contexte extrêmement difficile car en face du président turc, se trouve une opposition aux pouvoir très limités qui a été victime des purges massives effectuées par le régime depuis la tentative de coup d’Etat de juillet 2016.
Cette opposition n’a pas accès aux médias dont 150 ont été fermés, plus de 120 journalistes sont derrière les barreaux et plus de 500 sont visés par des procédures judiciaires, détaille la station. Et parmi les candidats à la présidentielle, le seul qui passe à la télé est le président turc lui-même.

Qu’à cela ne tienne ! Les Turcs ont trouvé un autre moyen de s’exprimer, indique-t-elle : ils ont lancé "Mouvement de juin", un peu dans l’esprit des protestations du Parc Taksim Gezi. Sur les réseaux sociaux, les internautes turcs mécontents de la politique gouvernementale informent qu’ils éteignent leur télévision.

Meral Akșener, menace pour Erdoğan ?

Il y a quelques mois, quand elle a créé sa formation politique, IYI parti, Meral Akșener a suscité l’intérêt des médias francophones qui lui ont consacré de nombreux articles et portraits. La louve, comme est surnommée cette ancienne ministre de l’intérieur et professeure d’histoire universitaire, fait partie des cinq candidats à la présidentielle qui s’opposent au président turc.

Nouvel espoir pour les démocrates laïcs selon LE Figaro, il retrace son parcours. Son programme ressemble à celui d’Emanuel Macron, estiment certains politologues « une sorte de troisième voie entre islamistes et défenseurs de l’héritage séculaire de Mustafa Kemal et défend par ailleurs la cause féministe ». Elle a une réelle chance d’inquiéter Recep tayyip Erdoğan, affirme LA RTBF, même si la candidate peine à rallier les soutiens du fait d’un temps d’antenne extrêmement réduit et de l’absence de l’électorat kurde, nuance t-elle.

Par ailleurs, l’audience croissante de Muharrem Ince, candidat du CHP, parti kémaliste est aussi un obstacle. Ödül Celep, professeur associé de Sciences politiques à l’université Işık d’Istanbul soutient qu’il est capable à la fois de "consolider la base du parti mais aussi de rallier plus d’électeurs non-partisans, indépendants ou indécis".

Malgré ces freins "elle se présente comme le remède aux maux de la Turquie d’aujourd’hui et concentre sa campagne sur la bonne gouvernance, la justice et la responsabilité", explique à l’AFP Anthony Skinner, du cabinet international Verisk Maplecroft.

Les originaires de Turquie à Lyon

Dans la région Auvergne Rhone-Alpes, sont réunis 140 000 ressortissants de nationalité ou d’origine turque, l’une des plus importantes populations de la diaspora turque, souligne LYON Capitale qui consacre une enquête.

L’an dernier, lors du référendum sur la réforme constitutionnelle en Turquie, les Turcs de Lyon ont voté massivement pour l’extension des pouvoirs présidentiels (86%) malgré une mobilisation des opposants turcs qui accusent des pro-gouvernementaux turcs d’intimidations et de menaces. Des associations visibles politiquement déclarent être surveillées par l’état turc, ce que nie catégoriquement le consulat général de Turquie qui « dénonce entièrement ces deux allégations ».

L’importance de cette communauté dans la région, soutient le magazine, intéresse fortement Ankara qui placerait ses pions dans l’agglomération « pour muscler sa présence, renforcer son influence et, à terme, diffuser son idéologie. Laïcité, écoles islamiques et néolibéralisme au menu ».

Les différentes organisations et formations donnent à voir les liaisons politico-économico-religieuses, analyse l’article ; comme l’UETD (union des démocrates turcs européens créée par Erdoğan, la COJEP, PEJ parti politique, MUSIAD association des industriels et hommes d’affaires indépendants, DITIB union turco islamique des affaires théologiques. “Le PEJ n’est rien moins que l’émanation politique de l’AKP”, confirme à Lyon Capitale Bernard Godard, ancien haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur et des Cultes, aujourd’hui chercheur associé à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il explique qu’à la fin des années 80, des Turcs de Kayseri et Konya sont venus s’installer à Lyon, issus d’un milieu paysan exploitant la forêt. Ils ont adhéré rapidement aux idées de la mouvance Milli Görüş, matrice de l’APK d’Erdoğan, précise le chercheur. Il estime que l’islam turc en France serait au service de l’état turc. Ainsi la diaspora turque de Lyon serait un excellent potentiel de voix en faveur du président Recep Tayyip Erdoğan.

Uber, c’est fini

Le président turc a décidé de mettre fin aux activités de la plateforme de réservation de voiture avec chauffeur (VTC) Uber, suite à une forte pression des taxis d’Istanbul, explique la presse francophone. Les propos de M. Erdoğan sont retransmis entre autres par LIBERATION "Notre premier ministre, Binali Yıldırım, en a déjà fait l’annonce. Nous avons notre propre système de taxis ».

17.400 taxis jaunes d’Istanbul enregistrés font l’objet de vives critiques, ce qui amena Uber à prospérer. Mais des associations de taxis turques avaient saisi les tribunaux ces derniers mois pour réclamer l’interdiction pure et simple d’Uber à Istanbul, indique BOURSORAMA.

Peu avant la déclaration présidentielle et malgré les nouvelles règles imposées par le gouvernement turc, l’entreprise américaine avait annoncé sur son compte Twitter turc « Nous voulons travailler en coopération avec tous les partenaires locaux afin de développer les options de transports dans les villes turques, et nous restons engagés jusqu’au bout en Turquie, en tant que partenaire commercial sur le long terme », rapporte notamment LA RTBF.

Drame humain en méditerranée

Une cinquantaine de migrants qui cherchait à rejoindre l’Europe à bord d’une vedette sont morts dimanche 3 juin, au large de la Tunisie et de la Turquie, signale la presse. Parmi les rescapés figurent des Tunisiens et sept ressortissants de Côte-d’Ivoire, du Mali, du Maroc et du Cameroun. Selon des ONG, l’absence de travail conduirait des Tunisiens à fuir le pays et tentent cette traversée risquée, rapporte SUD OUEST. Au même moment, Matteo Salvini, le nouveau ministre de l’Intérieur italien, était en Sicile pour prononcer son discours anti-immigration, souligne LCI.

A cette tragédie s’ajoute la mort de neuf personnes dont six enfants et une femme, sur un bateau où se trouvaient 15 passagers, au large de la province d’Antalya, en Turquie, a indiqué l’agence turque Anadolu. Ces migrants syriens tentaient de gagner l’Europe, selon l’agence de presse Doğan, relaye LE JOURNAL DE Montréal .

Plus d’un million de personnes, dont beaucoup fuyant la guerre en Syrie, ont rejoint la Grèce à partir de la Turquie en 2015. Le nombre de personnes tentant la traversée avait ensuite fortement diminué à la suite d’un accord passé entre Bruxelles et Ankara en 2016, rappelle EURONEWS.

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