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23 AVRIL : ATATÜRK & LE COURONNEMENT DE L’ENFANT

Ecrit par Engin, 2018-04-23 19:04:16


23 AVRIL : ATATÜRK & LE COURONNEMENT DE L’ENFANT

En 1920, l’Empire ottoman comptait environ 4 millions d’enfants dont une grande partie avait besoin de protection. Alors que le taux de mortalité infantile, en Europe occidentale, variait entre 10 et 25%, dans l’Empire ottoman, ce taux avoisinait tristement les 85%.

LA PROTECTION ET LA SANTÉ INFANTILES

En 1920, le gouvernement d’Atatürk crée le Ministère de la santé et de l’aide sociale. Les orphelinats lui sont rattachés.
En 1921, Atatürk fonde la Direction générale des services à l’enfance, à Ankara, afin d’accueillir et protéger les enfants abandonnés, sans-abris ou orphelins, et en particulier les pupilles de la Nation, orphelins victimes de la guerre.

La même année, la loi interdisant le travail des enfants dans les mines est promulguée.

En 1925, le Ministère de la santé décide d’ouvrir des dispensaires et des maisons de soin de la petite enfance. Jusqu’en 1930, le gouvernement d’Atatürk inaugure de tels établissements en faveur des enfants dans les provinces d’Ankara, Konya, Balıkesir, Adana, Çorum, Malatya, Erzurum et Kars.
Durant 7 ans, ces maisons hébergent 7025 femmes et 1000 enfants ; et soignent 41483 femmes en ambulatoire. Elles prennet en charge le soin et la protection de 88200 enfants.

Toujours en 1925, le gouvernement inaugure, à Izmir, une école pour enfants handicapés disposant de 100 lits.

Un an plus tard, grâce à l’adoption du Code civil, la protection des enfants est inscrite dans la loi comme une responsabilité des pouvoirs publics.

En 1929, l’Institut médical Refik Saydam regroupant des laboratoires de recherche et soin en chimie, bactériologie, immunobiologie et pharmacodynamie voit le jour. L’institut commence à produire des vaccins. Non seulement, cette fabrication locale libère, dès 1932, le pays de l’importation de vaccins et sérums de l’étranger mais elle permet à la Turquie de pourvoir aux besoins des pays voisins en vaccins et sérums ! Désormais, la Turquie exporte ses médicaments et produits de santé.

Avec la loi sur les municipalités adoptée en 1930, les collectivités locales endossent des responsabilités sociales importantes comme accueillir, protéger et pouvoir aux soins médicaux des enfants abandonnés, sans-abris ou issus de familles nécessiteuses. En outre, les autorités locales se doivent, pour ces enfants et familles, de subvenir à leur besoins en éducation scolaire et sportive, mais aussi en logement, nourriture et vêtements. Elles se doivent également de construire et gérer des dispensaires, des orphelinats, des maternités et des centres d’allaitement. La loi turque prévoit que tous ces services en faveur des nécessiteux soient fournis gratuitement.

La loi de 1930 sur la Santé universelle dispose avec détails la construction et la gestion, au service de la population, de dispensaires, d’hotêls-Dieu, d’hospices, de centres médicaux et d’allaitement, de maternité et de maisons de protection mères-enfants. Par exemple, les naissances doivent être réalisées, sans aucun frais, et les mamans doivent bénéficier de congés maternité 3 semaines avant et après l’accouchement. Les villes de plus de 20 mille habitants s’obligent, en outre, à ouvrir des Instituts médicaux pour les soins et l’allaitement des enfants.

Sur le volet politique, le programme du parti CHP, de 1935, contient tout un paragraphe sur la protection de l’enfance. Par exemple, dans ses articles 56 et 57, il est prévu l’augmentation des dispensaires, une aide financière à la naissance, l’éducation des mamans après l’accouchement, l’augmentation des sages-femmes et pédiatres, des centres de conseils et informations à propos de la conception, la grossesse, la maternité, le bébé,… l’augmentation du nombre de crèches et de puéricultrices, de centres d’accueil et de protection des orphelins et enfants abandonnés.
Dans le cadre du projet « Enfant robuste » du CHP est fondée, dans plusieurs endroits, « l’Union des mamans » qui se donne pour but à venir en aide et de pourvoir gratuitement à tous les besoins des jeunes mamans et des nourrissons.

En 1930, l’unité pour enfants de l’Hôpital Şişli Etfal d’Istanbul est renforcée. Des services pour les nourrissons et enfants sont créés à l’Hôpital Numune d’Ankara et à l’Hôpital de la faculté de médecine d’Istanbul.
La même année sont lancées de vastes campagnes d’information et de sensibilisation populaires à propos de la maternité et des soins aux enfants dans les Maisons du Peuple (Halkevi).
En 1937 et 1938 sont inaugurées des écoles de sages-femmes à Balıkesir et Konya.
En 1940, non seulement les Instituts de village dispensent gratuitement une éducation aux enfants des familles modestes mais en plus forment des fonctionnaires de santé publique ainsi que des sages-femmes à destination des populations paysannes turques si méprisées durant certains siècles dans l’Empire ottoman. Ce personnel médical joue un rôle très important en faveur des mères et enfants dans les campagnes anatoliennes qui n’avaient jusque-là jamais vu de personnel soignant.

UNE RÉVOLUTION DANS L’EDUCATION DES ENFANTS

Le plus gros problème des enfants, outre la santé, était l’accès à l’éducation. En 1920, à la fin de l’Empire ottoman, le taux d’alphabétisation n’était même pas de 10%. En 1921, Atatürk convoque un Congrès de l’Education qui établit les principes directeurs de l’Education nationale.
L’année 1924 signe le passage à une éducation moderne, laïque et nationale. L’article 87 de la constitution de 1924 rend obligatoire l’école primaire publique et gratuite pour tous les enfants, garçons comme filles.

A la création de la République, en 1923, la Turquie ne possédait que 4894 écoles primaires. Dans ces écoles étaient inscrits 341 941 enfants dont 273 107 garçons et 62 954 filles. 64% des enfants devant aller à l’école ne pouvaient y aller.
En 1938, grâce aux réformes d’Atatürk, le nombre d’écoles primaires fait un bond de 217%. Entre 1923 et 1938, le nombre des élèves turcs du primaire passe de 341 mille à 950 mille, ceux du collège de 5905 à 95 mille et ceux du lycée de 1241 à 25 mille ! L’augmentation spectaculaire des chiffres donne le tournis !
En 1926, le système éducatif devient entièrement gratuit et un an plus tard, la mixité obligatoire.

Des écoles de village sont édifiées pour les enfants des milieux ruraux.
Afin de pourvoir à l’éducation des filles, en 1930 sont fondés des Instituts pour filles.
En 1940, année qui voit naitre les fameux Instituts de village, fer de lance du système éducatif de la jeune République turque, on passe à un enseignement totalement mixte.

Les élèves, les plus méritants, sont envoyés à l’étranger dès 1925 pour compléter ou parfaire leur formation.

Dans toutes ces écoles, on accorde une place privilégiée à l’art et à la culture.
En 1935, Muhsin Ertuğrul fonde le premier théâtre pour enfants au sein du Théâtre d’Istanbul et lance une revue sur le théâtre à destination des plus petits.

En 1925, la première bibliothèque pour enfants ouvre ses portes.

Comme l’éducation physique occupe une place centrale dans le système kémaliste, Atatürk fonde, en 1930, l’Institut Gazi de l’Education Physique. Le sport est intégré dans les programmes scolaires. Les autorités locales, y compris les villages, reçoivent des instructions pour construire des centres de sport au profit de la population. Les premiers magazines de sport apparaissent dans les kiosques.

La même année, en 1930, les usines turques ouvrent des crèches et des jardins d’enfants avec des éducateurs au profit des enfants de leurs employés femmes.

En 20 ans, l’organisme de Protection infantile a réalisé un travail colossal. Il a sauvé 3 4969 990 enfants, a nourri 2 334 168 nourrissons, a éduqué, vêtu, soigné et guéri 1 135 822 enfants selon les chiffres de son président Fuat Umay cités lors de sa conférence en 1941 !
Et c’est le même organe public, la Direction générale des services à l’enfance qui a célébré la première fois, avec le soutien d’Atatürk, la fête de l’Enfant du 23 Avril et a permis sa généralisation à tout le pays.

Atatürk s’intéressait de près à la célébration de l’enfant et s’évertuait à sa mise sur un piédestal par l’Etat. Par exemple, lors des festivités de 1927, il avait entièrement consacré l’une des automobiles présidentielles aux enfants, l’orchestre du palais présidentiel avait été mis à disposition des enfants, et il avait participé au bal des enfants puis les avait tous invités à un grand banquet organisé à la ferme forêt « Orman Çiftliği » à Ankara.

J’essaie de dire, en fait, que ceux qui ont fondé la République turque ne se sont pas contentés de sauver le pays de l’occupation ennemie, ni de sauver notre population de l’illettrisme, non, ils ont fait plus encore, ils ont tout mis en œuvre pour sauver nos enfants, -tous les enfants turcs, y compris les les exclus et les plus démunis- ils ont tout fait pour les sauver de la famine, de la misère, de la maladie et de l’absence d’éducation. Et pour couronner cette œuvre admirable, ils ont octroyé une fête inédite à nos enfants ! Grâce à Atatürk, les Turcs célèbrent et rendent hommage aux enfants comme nulle part ailleurs.

Bonne fête les enfants !

Sinan Meydan,
Historien
23 avril 2018

©Traduit du turc par Özcan Türk

Source de l’article en turc : https://www.sozcu.com.tr/2018/yazar...

La page Facebook de Özcan Türk ; https://www.facebook.com/ozcan.turc...

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