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L’accord KCK et son idéologie (2/2)

Le nouveau PKK : Entre extrémisme, violence politique et défis stratégiques


Ecrit par Deniz, Hakan, Pakize, 2018-02-12 18:17:40


“Confédéralisme Social” Démocratique

La clé du concept idéologique d’Öcalan est le groupe des communautés du Kurdistan KCK. Néanmoins, ceci est traduit par Öcalan avec le néologisme confédéralisme démocratique sociale ou confédéralisme de la société démocratique (demokratik toplum konfederalizmi) (Accord p 4). Les termes démocratie et confédéralisme qu’utilise Öcalan doivent par conséquent être clarifié.

Rejet des États Nations

La vision idéologique ainsi que les solutions régionales sont basées dans le rejet complet des états nations (ulus-devlet), dont la fin est prédite de nombreuses fois dans l’Accord (p, 2, 3). Les états nations sont considérés comme entièrement négatif, étant donné que les peuples de la région ont souffert à cause de ça, et que l’individu issu de cette entité est un esclave (Accord p, 7). En vertu des écrits marxistes, Öcalan souligne la connexion entre les états nations et le capitalisme. [1] Par conséquent, les états nations sont “un des plus grands obstacles au développement social, à la démocratie et à la liberté” (Accord, p. 2). La Turquie des années 70 est, sans aucun doute, l’état nation qui sert d’exemple pour Öcalan. Les Turcs ne sont néanmoins pas responsables de la création de l’état nation ou du nationalisme ; les deux, selon Öcalan, sont des inventions juives - comme le capitalisme, ou du moins sa conception moderne, dont l’état nation est au service. Öcalan en conclut que toute forme de nationalisme est en son essence une forme de sionisme. [2] Pour lui, la reconnaissance rapide d’Israël par la Turquie est une preuve de la nécessité des Turcs à être reconnus comme état nation par la communauté internationale. [3] En tant qu’acteur régional, Israël a à son tour besoin du nationalisme Kurde pour garder les puissantes nations de la région sous contrôle. Et il existe effectivement des nationalistes Kurdes prêts à coopérer au sein des “échelons féodaux des tribus qui commencent à devenir bourgeoises”. [4] Cela fait allusion au leadership de la tribu Barzani, qui a pu jouir des bonnes relations avec Israël depuis les années 1960.

Le stricte rejet du concept d’état nation est aussi un rejet du projet d’établissement de nation poursuivi par le gouvernement régional du Kurdistan en Irak, qui a obtenu le respect des Kurdes à travers le monde. [5] Öcalan émet aussi une observation critique concernant le KRG, qui souhaite “créer un mini état nation tardif dans une petite région du Kurdistan”, cette “entité politique du Kurdistan de l’Irak ne peut cependant être appelé État-nation, ’semi état nation’ (yarım ulus-devlet) étant un terme plus approprié”. Selon Öcalan, l’État-nation n’est pas une réponse à la question Kurde, et le système KCK n’aspire pas à la création d’un état, comme l’est souligné à plusieurs occasions dans le texte (Accord p.4 et articles 4b et 4f). Au contraire, les États-nations actuels doivent devenir démocratiques pour le bien du peuple Kurde, et donc effacer les frontières.

Démocratie Radicale

La conséquence logique du rejet du capitalisme et de l’état-nation est le rejet de la démocratie telle que définie en Occident. La place d’une démocratie représentative libérale ou bourgeoise est prise par une démocratie radicale (Accord p. 4 et Article 4a), participative (katılımcı, Article p. 6), collective/collectiviste (topluluk, Accord p.2), et directe (doğrudan, Accord p.6 and Article 24). Öcalan met l’accent sur le fait que “ mon concept de démocratie n’est pas une démocratie individuelle (bireyler demokrasisi), mais une démocratie collective (topluluklar demokrasisidir, Accord p.4).” [6]. Le focus sur le collectif dans le système du KCK est donc la caractéristique la plus importante qui le démarque de la démocratie occidentale (Accord p. 5). Dans son rejet du concept moderne de la démocratie, il suit la thèse marxiste que la démocratie bourgeoise est l’outil de pouvoir de la classe dirigeante : ”Quand bien même on limiterait le pouvoir de la démocratie représentative, et comme c’est un outil de la classe dirigeante, il n’est pas capable de satisfaire les besoins de liberté et de démocratie du peuple” (Accord p. 6).

Comparé à une démocratie libérale, la démocratie radicale permettrait “ au peuple de devenir le pouvoir”, car “ le système est fondé sur l’organisation du peuple à partir des rangs et de partager le pouvoir à partir de la base” et “la base et la conséquence du système [KCK] est la démocratie radicale” (Accord p. 5). Pour atteindre ce but, tout le monde doit appartenir à la komün [voir ci-dessous] (Accord p. 4) et, conformément à l’article 10h et l’article 10k, participer d’une manière organisée à la vie politique.

Dans la réalité politique, cela signifie appartenir à l’une des branches du système du KCK, dont les principes les plus importants, conformément à l’article 44c, sont “participation démocratique, initiative, et collectivisme”. Une fois implémenté, ce système “permettra de surmonter la notion de démocratie, qui commença avec la démocratie athénienne et la Magna Carta” (Accord p 5). C’est pourquoi, il serait futile de développer une démocratie supportée par le système capitaliste ou les pouvoirs impérialistes. Au contraire, il faut s’assurer que le choix démocratique développé de façon ascendante à partir du peuple soit mis en œuvre. (Accord p 2 no 5) “ sur cette base avec l’aide d’une démocratie radicale approfondie, le socialisme s’élèvera à de nouveaux horizons” (Accord, p5).

Les parallèles avec les modèles réel de socialisme Baathist ou Libyen sous Ghadafi sont évidents [7], non seulement par sa critique fondamentale de la démocratie représentative occidentale, mais aussi dans le design prévu pour le KCK, même si le vocabulaire utilisé est le vocabulaire éco-anarchique de Bookchin. Cela veut dire que le concept de démocratie populaire d’Öcalan doit être interprété comme communiste dans le sens le plus large du terme et donc antidémocratique. Cela explique l’absence de concept telle que la séparation des pouvoirs ou de l’état de droit, des principes essentiels pour une démocratie fonctionnelle.

Au même moment, le concept anti occidental radical du PKK/KCK facilite le rapprochement respectif avec les milieux radicaux de gauche en Europe et en Turquie. En Turquie, le PKK avait des liens étroits avec le parti/front Libération révolutionnaire du peuple (DHKP-C), [8] l’armée de libération maoïste des travailleurs et paysans de Turquie (TIKKO) et les organisations qui lui succèdent, le Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste (TKP-ML) et le parti marxiste-léniniste communiste (MLKP) [9]. Le PKK dit avoir signé un accord avec le DHKP-C en 1996 qui est toujours en place. [10] Le TKP-ML qui recrute aussi en Allemagne combat aux côtés du YPG en Syrie.

En Europe, lerecrutees organisations affiliées jouirent de rapport excellent avec des partis et organisations tout aussi radicaux durant des décennies. [11] Le cas d’Andrea Wolf devint fameux - une partisane du RAF qui s’engagea au sein du PKK et qui est morte dans un combat près de Van. [12] En 2010, des partisans du PKK Allemands ont fondé le Tatort Kurdistan [13] action alliance, qui inclut, entre autres, le Nav-Dem (voir ci-dessous ) du côté du PKK, et du côté de l’Allemagne, le parti Marxiste-léniniste de l’Allemagne (MLPD) [14] et le parti Antifasciste révolutionnaire Action Berlin (ARAB). [15] Au-delà de ça, Janet Biehl, l’ancien assistant de Bookchin, tente d’établir les discours politiques d’Öcalan et de Bookchin au niveau académique et de les connecter ensembles avec l’activisme politique. [16]

Confédéralisme

Le terme confédéralisme, introduit dans la langue turque par Öcalan (konfederalizm) est extrêmement problématique, étant donné qu’il est dérivé du mot confédération (konfederasyon), i.e. une union d’états, mais ne l’évoque que très rarement et a pris un sens idiosyncratique. Öcalan mentionne une seule fois qu’il ne parle pas d’unions d’états (Accord p. 4). A un autre moment, il utilise confédéralisme et confédération de façon synonyme, il mentionne cependant le niveau régional/infranational, national, et international. Öcalan offre une définition peu utile du mot confédéralisme : « Le confédéralisme démocratique (konfederalizm) est aux côtés de la démocratie globale du peuple, s’opposant à l’impérialisme globale. C’est un système dans lequel tous les peuples et toute l’humanité peuvent vivre au 21ème siècle. Au niveau global cela signifie une marche vers une confédération démocratique (konfederasyon) et un départ vers une nouvelle ère. » (Accord p 3)

La création d’une « confédération démocratique sociale du moyen orient » (Article 41) est prévue comme stade préliminaire. Il est façonné par un territoire Kurde (ou conception - yapılması) en Turquie, Iran, Syrie, et même en Irak, crée par “tous les Kurdes se rassemblant, unifiant leur fédéralisme et formant un confédéralisme ordonné » ” (Accord, p 2, point 6), comme indiqué dans l’article 45 « sur l’union confédérale démocratique du Kurdistan ». Ce confédéralisme doit cependant être distingué de toutes les autres confédérations nationales (devletçi konfederasyonlar).

Ailleurs, le terme confédéralisme démocratique doit être entendu comme une hiérarchie de législation tripartite au niveau régional qui, selon ces remarques, consiste en une législation au niveau de l’UE, une législation de l’état nation (üniter devlet), et une législation confédérale démocratique (Accord, p3/7), i.e. le confédéralisme démocratique. Le but est d’unifier le peuple Kurde, sans remettre en cause ou reconnaitre les frontières des états nations existant (Accord p 2/7).

Au niveau régional, le confédéralisme démocratique n’apparait que sous la lumière de la compréhension du confédéralisme de Bookchin. [17] Selon Bookchin, le confédéralisme est un réseau de conseils administratifs variés, élus selon des assemblées de face à face populaires. De telles assemblées sont actuellement établies dans les statuts du KCK, et devraient, selon Öcalan et Bookchin, organiser la société dans une ligne démocratique radicale. Cela signifie que le confédéralisme démocratique, dont les principes, conformément à l’article 4a, doivent être utilisés pour concrétiser l’objectif du KCK – i.e. la « création d’une forme d’organisation démocratique pour la société du Kurdistan, fondée sur l’écologie et la liberté des sexes » - n’est rien de plus que le système du KCK en lui-même.

Cela produit un tableau relativement simple : Öcalan exige que tous les états acceptent l’introduction du système KCK et donc l’établissement du PKK dans toutes les régions où les Kurdes s’installent.

Quasi-Etat

Quand bien même l’état en tant que tel est rejeté, le système KCK y ressemble beaucoup. Du point de vue du PKK/KCK, et conformément à l’article 5, tout individu est un « yurttaş », un “homme libre de la patrie”. Ce néologisme est utilisé pour éviter l’impression que l’état est revendiqué. L’objectif actuel du texte devient clair dans la version Perse : « citoyen » y est simplement utilisé (shahrvand). Les publications turques critiques du PKK n’ont pas complètement tort quand elles mentionnent l’Accord en tant que constitution (anayasa) pour un état du PKK.

Conformément à l’article 5, la libre citoyenneté (özgür yurttaşlık) est appréciée par “toute personne née et habitant au Kurdistan, ainsi que tout partisan du système KCK”. La référence supplémentaire du KCK est nécessaire pour inclure tous les Kurdes vivant en dehors du Kurdistan. Les Kurdes d’Europe et du GUS sont listés séparément dans l’article 18 en tant que yurttaş. Les Kurdes de la région sont évidemment revendiqués dès la naissance, pour que le Kurdistan et le KCK coïncide dans ce cas. Quiconque n’étant pas Kurde (diğer uyruklardan olup) peut, conformément à l’article 6b, faire une demande d’adhésion pour rejoindre le KCK.

L’inverse est aussi possible : conformément à l’article 6d, il est possible de rejeter la libre citoyenneté. En règle générale, le système KCK devrait être attirant aux minorités culturelles et ethniques, comme l’article 19 leur permet de former des confédérations et associations au sein de la structure du système KCK.

Conformément à l’article 7-10, la libre citoyenneté est connectée avec les droits et devoirs qui correspondent à ceux d’un citoyen. Les devoirs sont exhaustivement énumérés dans les différentes sous-sections de l’article 10 (paragraphes a-k). Cela inclut le devoir de protéger l’environnement et la propriété culturelle (Article 10f), la responsabilité pour les taxes (Article 10i), conscription (Article 10c, plus clairement Article 31 a, b, c), et le devoir de retourner à la patrie (Article 10j) ; Article 10k, l’engagement de participer à la vie sociale de manière organisée, doit être lue conjointement avec l’article 10i, le devoir de s’adapter à la morale de la société démocratique et libre. Cela signifie qu’il est obligatoire de faire partie du système KCK et d’accepter l’idéologie du PKK et d’être modelé par le PKK/KCK, le résultat étant un nouvel être humain de type communiste. [18] Comme le KCK doit être appliqué pour toutes les régions Kurdes, la revendication de représentation exclusive d’Öcalan est évidente.

Revendication à la représentation exclusive

La revendication à la représentation exclusive est ouvertement mentionnée dans l’article 45, selon lequel “le KCK prend aux sérieux la volonté actuelle du peuple à travers tout le Kurdistan” et aspire à une politique économique, culturelle et de défense commune. Dans ce cadre, le KCK reste fidèle à l’infâme pharisaïque du PKK, qui depuis ses débuts se voyait comme l’unique force légitime révolutionnaire Kurde, et avait des relations difficiles avec les autres organisations kurdes depuis sa fondation. [19] Le PKK savait toujours comment s’occuper des sceptiques et des dissidents. Par conséquent, quand les étudiants et jeunes intellectuels d’Europe s’engagèrent dans l’organisation à la fin des années 1980, le PKK commit une vague d’exécutions dans les plaines de Beqaa, tuant plusieurs centaines de membres du PKK. [20]

La revendication à la représentation unique est utilisée implacablement contre les dissidents du PKK. Le plus important étant, durant le milieu des années 1990, Selim Çürükkaya, sur qui Günter Wallraff mi pression pour suspendre la peine de mort d Öcalan. [21] Les anciens membres et chefs du PKK organisés sous le PWD sont recherchés de façon acharnée. [22] Le PWD ne joue aucun rôle politique ; ils sont pris aux sérieux, cependant, par le leadership PKK/KCK, comme le prouve le nombre d’assassinat : en 2006, Faysal Dunlayıcı, un dissident contre le PKK, s’est fait assassiné dans une attaque près de Köy Sancaq au nord de l’Irak. [23] Par la suite, Öcalan est dit avoir limité le nombre de meurtres. La dernière tentative d’assassinat en 2014 fut attribuée à Cemil Bayık.

De cette façon, il voulait éviter la participation du PWDI au grand congrès national Kurde. [24] La revendication de la seule représentation est spécifiquement ciblée contre le gouvernement régional du Kurdistan Irakien, tout particulièrement le KDP et son leader Massud Barzani. En un sens, le KDP, qui en 1990 mena des actions contre le PKK, ensemble avec les forces de sécurité turques, est devenu le némésis du PKK, exacerbée par l’animosité entre Öcalan et Barzani. [25] Les deux ont leurs propres supporters qui les appellent respectivement leaders de tous les Kurdes, et s’assurent que les médias sympathiques mentionnent leur organisation quand ils parlent “des Kurdes”. Ce n’est pas qu’une question de pouvoir en tant que tel - les structures de pouvoir au sol était d’importance secondaire jusqu’à la crise de 2014/2015.

Plus important sont les différences idéologiques : le KCK/PKK a un projet révolutionnaire et utopique, tandis que les nationalistes du KRG poursuivent un projet d’établissement d’une nation. Les deux projets requièrent des stratégies politiques en contradiction l’une de l’autre. L’incongruité des deux positions rend impossible la coopération politique et militaire, comme le prouve la situation en Irak et Syrie de 2013 à 2015.

par : Walter Posch
Traduction : Deniz Akgürbüz

Walter Posch est islamologue et expert en fondamentalisme à l’Institut d’étude sur la sécurité de la Commission européenne à Paris et à l’Académie de défense nationale de l’armée fédérale autrichienne.


Dossier complet


[1Abdullah Öcalan, ‘Ortadoğu’da Modernite Savaşları’, [Wars of modernisation in the Middle East], Serxwebûn, vol. 33/no. 394, OCT 2014.

[2Öcalan, Özgürlük Sosyolojisi, p. 248f.

[3Abdullah Öcalan, ‘Ortadoğu’da Modernite Savaşları (II)‘ [Wars of modernisation in the Middle East], Serxwebûn, vol. 34/no. 401, JUN 2015. http://www.serxwebun.org/index.php?sys=naverok&id=421

[4‘Komplo ve tafsiye planlarını boşa çıkardık‘, [We have foiled their conspiracy and elimination plans], Serxwebûn, JUN 2014, p. 8.

[5Extract from Manifesto for a Democratic Civilisation, published as Ortadoğu Kapitalist Modernite Karşı Demokratik Modernite [modern democratic times instead of modern capitalist times for the Middle East], Lekolin, 27 JAN 2014. http://www.lekolin.org/haber-3911-ORTADOGUDA-KAPITALIST-MODERNITEYE-KARSI-DEMOKRATIK-MODERNITE.html.

[6cf. Jongerden and Akkaya, p. 6f.

[7An analysis of Ghadafi’s Green Book : Dirk Vanderwalle, A History of Modern Libya, Cambridge, 2006, p. 102-106 ; and the same, ‘Libya’s Revolution in Perspective 1969-2000’, in, Dirk Vanderwelle, Libya since 1969. Qadhafi’s Revolution Revisited, New York, 2008, p. 9-55.

[8Cf. Austrian Ministry of the Interior, Verfassungsschutzbericht 2013, Vienna, 2014, p. 75-76.

[10Batuhan Colak, PKK ve DHKP-C’nin bitmeyen Dostluğu [eternal friendship between PKK and DHKP-C], Vahdet, 4 APR 2015, http://www.gazetevahdet.com/pkk-ve-dhkp-cnin-bitmeyen- dostlugu-1612yy.htm.

[11The following is based on : Bundesamt für Verfassungsschutz (BVG), Die Arbeiterpartei Kurdistans (PKK), Cologne, July, 2015, p.35-36.

[16Janet Biehl, ‘Bookchin, Öcalan, and the Dialectics of Democracy’, New Compass, 16 FEB 2012. This is the text of a lecture given by Biehl at Hamburg University. Bookchin’s Institute for Social Ecology (www.social-ecology.org) also publishes Öcalan’s writings.

[17cf. Murray Bookchin, The Rise of Urbanization and the Decline of Citizenship, Sierra Club, 1987. and the same, Toward an Ecological Society, Montreal, 1980. The latter was translated into Turkish (Ekolojik Bir Topluma Doğru). The following is based on Murray Bookchin, The Meaning of Confederalism, 1990 http://theanarchistlibrary.org/library/murray-bookchin-the-meaning-of-confederalism.pdf.

[18Olivier Grojean, ‘La production de l’Homme nouveau au sein du PKK‘, European Journal of Turkish Studies, 8/2008, §§5-10.

[19Martin van Bruinessen, ‘Between guerrilla war and political murder : The Workers’ Party of Kurdistan’, Middle East Report, 153, JUL-AUG 1988, p. 40-46.

[20Marcus, Blood and Belief, p. 134-140. The figure of 17,000 executions, reported in : Nizamettin Taş ‘Bir PKK Evinin içinden görüntüler‘, [reports from a PKK household], Sabah, 15 FEB 2012 seems too high. Taş used his experiences to write : Dara Botan [=Nizamettin Taş], Tanrıların Yaratmadığı Cehennem : Bekaa [Bekaa, Hell not created by the gods], İstanbul, 2012. The descriptions of PKK dissident Selim Çürükkaya seem more reliable. According to him, 52 party critics of Öcalan were murdered on his orders in twenty years. cf : ‘Die Kurden beschmutzt’, Focus, 8, 22 FEB 1999.

[21cf. ‘Die Kurden beschmutzt‘, in, Focus, 8, 22 FEB 1999

[22www.pwdnerin.com, on the background cf. : Chris Kutschera, ‘Turkey-Kurdistan : PKK dissidents accuse Öcalan’, in, The Middle East Magazine, JUL 2005, http://www.chris-kutschera.com/A/pkk_dissidents.htm.

[23Ramazan Yavuz, ‘Kani Yılmaz Irak’ta öldürüldü’, [Kani Yılmaz (=Faysal Dunlayıcı) was murdered in Iraq] Radikal, 12 FEB 2006.

[24‘Eski PKKlılara saldırım girişimi’ [assassination attempt against former members of the PKK], CNN Türk, 24 AUG 2013, http://www.cnnturk.com/2013/dunya/08/24/eski.pkklilara.saldiri.girisimi/720747.0/.

[25Hatred of the KDP has almost become a dogma in the PKK, cf : Abdullah Öcalan, Ayaklanma Taktiği üzerine Tezler ve Görevlerimiz [our theses and duties concerning the tactics of insurgency], 2010, p. 12-21. On the background to the tensions betwenn the PKK and the Iraqi Kurds see Koray Düzgören, ‘Türkiye’nin Kürt sorunu’, [Turkey’s Kurdish problem], Cumhuriyet Dönemi Türkiye Ansiklopedisi, vol. 13, p. 853-862, especially p. 860f.

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