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Info FM, Sofiane Feghouli : « J’ai fait le bon choix en rejoignant Galatasaray »


Ecrit par Engin, 2017-12-14 21:38:12


Info FM, Sofiane Feghouli : « J’ai fait le bon choix en rejoignant Galatasaray »

Source : http://www.footmercato.net/super-lig/info-fm-sofiane-feghouli-j-ai-fait-le-bon-choix-en-rejoignant-galatasaray_216206

Une nouvelle vie. Depuis cet été, Sofiane Feghouli a posé ses valises en Turquie. Recruté par Galatasaray, l’international algérien savoure cette expérience enrichissante tant humainement que sportivement. Pour Foot Mercato, l’ancien joueur de FC Valence se dévoile en toute simplicité et raconte sa découverte d’une Super Lig turque dont il est déjà tombé sous le charme. Il en profite aussi pour évoquer son passage compliqué à West Ham. L’occasion pour lui de vider son sac et de lâcher ses vérités. Entretien.

Foot Mercato : La dernière fois que nous nous étions parlé, vous veniez de signer à West Ham. Il s’est passé beaucoup de choses pour vous depuis...

Sofiane Feghouli : C’est vrai, je venais d’arriver à West Ham. C’était un projet ambitieux avec l’arrivée d’un nouveau stade, un recrutement important pour jouer les premiers rôles en Premier League très rapidement. Donc c’était un projet qui m’avait plu. J’ai joué la saison avec West Ham et l’aventure ne s’est pas passée comme je le souhaitais.

FM : Pourquoi ?

SF : Je suis arrivé dans un club où on ne m’a pas donné réellement ma chance. Je me suis blessé avant la 1ère journée et j’ai été absent un mois et demi. À mon retour, je n’ai pas joué jusqu’au mercato d’hiver. On ne m’a pas donné ma chance, malgré mon retour et le fait que j’avais fait quelques entrées. Ça ne se passait pas bien. J’ai failli quitter le club au mercato d’hiver. J’avais eu des opportunités et je voulais rebondir ailleurs comme on ne me donnait pas ma chance. Le club n’a pas voulu me laisser partir. Au final, j’ai joué peu. Donc c’est un sentiment un peu mitigé car au niveau de mes statistiques, ce n’était pas trop mal pour le peu que j’ai joué. Mais au niveau du temps de jeu, de la sensation, ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais notamment au niveau du jeu pratiqué et de la chance qui m’a été accordée par l’entraîneur. C’est un peu comme si je m’attendais à vivre quelque chose de super beau en rejoignant la Premier League, West Ham, leur nouveau stade, etc... Mais en fin de compte, ce n’est pas du tout une aventure que je retiendrais dans ma carrière. Ça ne s’est pas passé comme je voulais. Je n’ai pas pu montrer ce que je savais faire. Avec l’entraîneur (Slaven Bilic), ça ne se passait pas très bien. Même au niveau de la préparation physique, il y a plein de choses qui n’allaient pas pour que je puisse retrouver mes moyens, du temps de jeu.

FM : Vous avez évoqué Slaven Bilic, qui n’est plus à West Ham aujourd’hui. Mais avant votre arrivée, il avait souvent parlé de vous en disant qu’il vous appréciait, que vous étiez une priorité. Comment expliquez-vous ce décalage entre la parole et l’acte ?

SF : Quand j’avais discuté avec lui, avant de rejoindre West Ham, il me disait que j’étais une priorité dans son recrutement. Il cherchait aussi un gros buteur européen et il avait réussi à garder Dimitri Payet. C’était une bonne équipe sur le papier. La saison précédente, West Ham avait été à deux doigts de finir en Champions League. Mais finalement, on n’avait pas vraiment de fond de jeu. L’équipe a fait des résultats très moyens. Sportivement, il y a eu beaucoup de problèmes. C’est dommage car c’est un club qui a du soutien en Angleterre et qui peut faire de belles choses. C’est d’autant plus dommage que les supporters, que je remercie, ont toujours été derrière l’équipe.

FM : En vous écoutant parler, on a l’impression que vous avez des regrets d’avoir signé chez les Hammers.

SF : J’avais fait six ans en Espagne et je sentais que j’avais fait le tour. J’avais plusieurs opportunités cet été là mais je voulais tester l’Angleterre. Dans la carrière d’un joueur, la Premier League c’est à faire. Mais je pense qu’il ne faut pas se tromper de coach, il ne faut pas se tromper de club. Il faut bien cibler son choix quand vous venez en Angleterre parce que c’est un championnat vraiment spécial et à part. J’ai un sentiment mitigé. Ce n’est pas comme si on m’avait donné l’opportunité de jouer et que je n’avais pas réussi. On ne m’a pas donné l’opportunité alors que je méritais de jouer à mon sens. Le peu que j’ai joué, les fans là-bas reconnaissaient que je méritais de plus jouer. C’est une sensation bizarre.
West Ham, une erreur de parcours

FM : Vous venez de dire qu’il ne faut pas se tromper de club quand on vient jouer en Premier League. Est-ce que vous pensez que vous vous êtes trompé ?

SF : Peut-être. Je venais de Valence. C’était un jeu à l’espagnol, bon tactiquement, ça jouait au football. Je suis arrivé avec un jeu direct, dans une équipe où on était très espacés. Ce n’était pas du tout le football auquel je m’attendais. Pourtant, on avait des joueurs de qualités. Mais on n’arrivait pas à former une équipe et jouer notre jeu. On jouait un jeu qui, pour moi, n’allait pas avec les qualités des joueurs présents dans l’équipe. Donc c’était comme si on jouait un jeu contre nature et c’est ce qui nous a fait défaut.

FM : Quel sentiment prédomine avec le recul ? Un sentiment d’échec après être parti après une saison, de la déception, de la frustration ?

SF : Je ne dirai pas que c’est un échec. J’ai fait mes preuves pendant six ans à Valence en Espagne et au niveau européen et mondial, avec la Coupe du Monde. Ce n’est pas un échec parce que j’ai prouvé. Mais je suis plutôt déçu car je m’attendais à prendre du plaisir et ça a été une année où c’était difficile, il fallait s’accrocher, ne pas lâcher et être fort mentalement pour pouvoir saisir sa chance. Finalement, j’ai joué un match par-ci, un match par-là. Il n’y avait pas de continuité. Donc j’étais déçu par rapport au coach qui ne m’a pas laissé exprimer mon potentiel alors que pour lui j’étais une priorité avant mon arrivée. C’est surtout ça que je retiens. C’est bizarre, parfois un directeur sportif veut un joueur, l’entraîneur en veut un autre.Peut-être que j’ai pu payer les pots cassés. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas pu jouer dans un club où j’avais moyen de jouer et de prendre du plaisir. C’est une étape et une expérience qui me servent aujourd’hui. C’est toujours bon à prendre. J’ai 27 ans et toutes les expériences sont enrichissantes au haut niveau.

FM : Vous avez décidé de rejoindre Galatasaray cet été. Qu’est-ce qui vous a convaincu dans ce projet ?

SF : Galatatasaray, je savais que c’était un très grand club. La Turquie, c’est un championnat qui est en train de se développer, qui attire beaucoup de joueurs. Il y a pas mal de joueurs qui ont plus de 30 ans qui viennent ici mais il y a aussi des éléments confirmés et de qualités à l’image de Samir Nasri, Younès Belhanda. Ce sont des joueurs qu’en France on connaît bien. Après avoir discuté avec les dirigeants de Galatasaray lors de plusieurs rendez-vous, j’ai senti un vrai intérêt de leur part pour moi. Ils m’avaient ciblé depuis pas mal de temps, ils me voulaient vraiment. J’ai été correct avec eux à partir du moment où j’ai donné ma parole, on a commencé les négociations et on a trouvé un terrain d’entente. Ça a été long car ça été dur de se libérer de West Ham et de trouver un accord financier. Au final, je suis très heureux ici. Je veux m’inscrire dans la durée, j’ai signé un contrat de 5 ans. Le projet est ambitieux car on veut gagner des titres. Dans ma carrière, j’arrive à un moment où j’ai besoin de gagner des titres. J’ai envie de connaître ça. Je veux aussi jouer devant un public chaud. Ici, l’amour des fans est super. Quand vous êtes un joueur de Galatasaray, on vous respecte, on vous motive et on vous encourage. Il faut aussi être exigeant sur le terrain avec vous-même car eux attendent que vous donniez le meilleur de vous-même. J’avais besoin d’un nouveau challenge après West Ham. J’avais besoin de me sentir aimé par les fans, encouragé, et de faire partie d’un grand club.

FM : Après tout ce que vous avez vécu à West Ham, c’était important pour vous ces discussions avec les dirigeants turcs j’imagine...

SF : Oui. À West Ham, c’était compliqué. On ne savait pas qui réellement avait le pouvoir sportivement, qui décidait. C’est vraiment compliqué à l’intérieur du club quand vous arrivez. Là, les choses sont bien établies. Les gens avec lesquels j’ai discuté ont été sérieux, corrects, même si les discussions pour finaliser le contrat ont été dures par moments. Mais ils ont toujours été corrects et honnêtes avec moi. Le feeling est bien passé d’entrée on va dire. J’avais aussi des craintes par rapport à la Turquie avant d’y aller. En fin de compte, je suis agréablement surpris. Ce n’est pas l’image de la Turquie qu’on nous montre aux informations en France. C’est un pays où les gens sont chaleureux, il y a une qualité de vie exceptionnelle à Istanbul. Ma famille et moi sommes très heureux et épanouis ici. Ça se ressent sur le terrain dans mes performances.

FM : Comment jugez-vous vos débuts là-bas ?

SF : Je suis très content de mes débuts. Je suis arrivé en étant blessé, ce qui veut dire que je n’ai pas fait de pré-saison. On s’est très bien occupé de moi. Le staff médical m’a remis sur pieds. On a des entraînements de qualité ici. J’ai pu faire des séances de musculation pour combler mes déficits. L’année dernière, j’avais eu des petits pépins. Je suis très content de ce côté là. On s’est bien occupé de moi. Ensuite, j’ai joué. D’entrée, ça s’est bien passé. En plus, on est premiers au classement. J’ai eu une petite déception car j’ai pris un carton rouge (contre Trabzonspor) et ça m’a fait rater quasiment un mois de compétition. J’étais suspendu pendant plus d’un mois. Ça m’a coupé en plein élan car je me sentais de mieux en mieux au fil des matches. J’ai mis ce temps à profit pour travailler. Je suis revenu et on est toujours premiers. On sait que ça va être dur. C’est une ligue très compétitive, tous les week-ends ce n’est pas facile. Il y a beaucoup d’engagement. C’est chaud et plaisant. On sait que ce sera difficile jusqu’à la fin. D’un point de vue personnel, je suis très content de cette nouvelle aventure. J’ai fait le bon choix en rejoignant Galatasaray.
Feghouli rayonne à Galatasaray

FM : Vous sentez-vous important dans cette équipe ?

SF : Mes coéquipiers me font beaucoup confiance. Ils comptent beaucoup sur moi. Ça fait plaisir. J’ai connu pas mal de vestiaires, mais on a un vestiaire qui est sain cette saison. Il y a des gars humbles, qui travaillent beaucoup aux entraînements avec notre coach. Il y a des joueurs de qualités qui veulent réussir. On tire tous dans le même sens. J’espère qu’on fera de grandes choses ensemble.

FM : Parmi les joueurs de qualités, on peut penser à Bafétimbi Gomis. Comment cela se passe pour lui ?

SF : Bafé, il est épanoui lui aussi. Il est très content. Au-delà de ses statistiques qui sont tops puisqu’il fait un début de saison canon, humainement il est content. Ici, il est apprécié, que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans le club et le vestiaire. On lui fait confiance. Il fait très bien son travail. Bafé est très pro. Lui aussi a faim de titres. Il a envie de gagner des trophées. Il transmet une énergie positive. Je suis content que ce soit mon coéquipier.

FM : Vous avez parlé brièvement de l’ambiance en Turquie avant. À votre arrivée, vous avez été accueilli comme un roi justement...

SF : Sincèrement, dès que j’ai posé les pieds à l’aéroport, j’ai été accueilli par les fans de Galatasaray. C’est très chaud, très méditerranéen comme j’aime. C’est à vivre. Il faut répondre présent sur le terrain par contre. Si vous êtes exigeant avec vous-même, que vous donnez le meilleur de vous-même, les fans seront toujours reconnaissants envers vous. Je suis vraiment très heureux ici. C’est un grand club. Il y a une super ambiance ici mais aussi dans les autres stades. J’ai joué partout. En Allemagne, en Angleterre, en Espagne..il n’y a pas d’ambiance comme en Turquie. Ici, il y a les meilleures ambiances d’Europe et de loin. La majorité des stades sont neufs. Quand vous jouez dans de grands clubs, notamment à Istanbul, c’est passionnant. Vous avez les fans derrière vous.

FM : Vous êtes un joueur musulman. Le cadre de vie et l’environnement ont aussi joué dans votre choix ?

SF : Le fait que ce soit un pays musulman, c’est toujours un plus. C’est agréable. Ici, on ne vous questionne pas sur votre religion comme on peut le faire ailleurs. On ne vous regarde pas bizarrement. On peut vivre tranquillement. C’est un argument qui a compté dans ma décision.Mais ce qui a primé ça a été le choix sportif, même si ce point-là a forcément été un plus.

FM : Vous avez signé en Turquie. Mais votre nom avait été cité en France lors des mercatos d’hiver et d’été 2017 (Rennes). Est-ce qu’on aura l’occasion de vous revoir jouer un jour ici ou ce n’entre pas dans vos plans ?

SF : Non, j’ai quitté la France il y a bien longtemps et c’était pour m’imposer en Europe. Ça n’a jamais été dans mes objectifs ou ma volonté de revenir en France. La saison passée, j’ai refusé plusieurs offres de clubs français car ce n’est tout simplement pas ce que je recherche et ce qui me convient à l’heure actuelle. Pour l’avenir, je ne sais pas. Mais sincèrement, je me sens bien à l’étranger et je me vois sur le long terme à Galatasaray. Sincèrement, ce n’est pas une question que je me pose de jouer en France.

FM : Si vous avez avoué que West Ham ne restera pas un passage marquant de votre carrière, on ne peut pas dire la même chose en ce qui concerne le FC Valence. J’imagine que vous suivez de près leur bon début de saison.

SF : Ça fait super plaisir. Je suis les matches dès que je peux. Mestalla, Valencia, ça fait partie de ma vie. C’est là-bas que je me suis fait connaître et que j’ai tout connu dans le football. Je suis très attentivement ce qu’ils font. Je suis très content pour eux. Il y avait un problème depuis pas mal de temps avec Valence. Ils l’ont corrigé en trouvant un bon coach, compétent, qui est connu en Espagne pour être quelqu’un d’exigeant, de ferme avec son 4-4-2 bien précis. Il l’a très bien fait par le passé avec Villarreal. Je pense qu’ils ont été bons sur ça. L’équipe a redémarré. Je suis très content, d’autant que j’ai vu que (Simone) Zaza marque beaucoup de buts. Il était avec moi à West Ham et je lui avais conseillé d’aller à Valence. Je lui avais dit de foncer et qu’il allait marquer beaucoup de buts parce que le jeu pratiqué favorise le fait qu’il ait des ballons. Je suis content pour lui et pour Valence. J’espère qu’ils vont pouvoir continuer ainsi et que les fans vont les soutenir car ça va être dur cette saison avec l’Atlético, le Real Madrid et le Barça. S’ils arrivent à terminer en Champions League, ce serait top car c’est un grand club en Espagne et en Europe.

FM : Vous êtes ambassadeur pour le projet ARES Esport. Pouvez-vous nous le présenter ?

SF : ARES, c’est un projet qui est en train de se mettre en route tout doucement. Les équipes travaillent dur et se préparent à proposer des choses de qualités. On avait envie de faire bouger les choses et d’apporter notre soutien à l’Esport parce qu’on aime le jeu vidéo et la compétition. En tout cas, c’est un projet qui va beaucoup faire parler de lui. Pour tous les gamers, qui aiment les jeux vidéos. En 2018, il va se passer beaucoup de choses. Je suis très honoré d’être l’un des ambassadeurs d’ARES et j’espère qu’on va se régaler.

FM : On dit aussi que vous êtes l’un des futurs ambassadeurs de Sport dans la Ville. Pourquoi, si vous avez accepté, vous impliquer avec cette association ?

SF : Sport dans la ville est une association qui travaillent dans le sport et qui aide les jeunes des quartiers difficiles à faire du sport sur des installations de qualité d’abord. Mais ce qui m’a beaucoup plus chez eux c’est qu’ils ont un volet insertion vers l’emploi pour ces jeunes. Et je trouve que c’est très important car ça permet à des jeunes (plus de 800 en 2017) de pouvoir s’en sortir et avoir un avenir. C’est quelque chose qui me touche et si je peux aider cette association par ma présence ou avec mon image alors je le fais avec plaisir.

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