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Terrorisme arménien : L’assassin Hampig Sassounian reste en prison

Ecrit par Turquie News, 2010-08-09 13:18:40


Le tribunal d’application des peines a rejeté, mercredi 4 août 2010, la demande de libération conditionnelle formulée par Hampig Sassounian et son avocat. Hampig Sassounian avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, en 1984, pour assassinat à motivation raciste, sur la personne du consul général de Turquie à Los Angeles, Kemal Arıkan, le 28 janvier 1982.

Kemal Arikan (1928-1982)

En 2002, sa peine avait été commuée en réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté de vingt-cinq ans, après qu’Hampig Sassounian eut enfin reconnu sa culpabilité et remis à la justice une déclaration écrite où il disait renoncer pour toujours à la violence politique. En 2006, sa première demande de libération conditionnelle avait été rejetée, le tribunal considérant que son évolution n’était pas encore satisfaisante. Cette fois encore, la justice américaine n’a pas été complètement convaincue qu’Hampig Sassounian était inoffensif. De fait, certains de ses courriers avaient circulé sur un groupe Facebook d’Arméniens californiens, et leur contenu suscite de légitimes questions sur la sincérité du terroriste. L’Assemblée des associations turco-américaines (ATAA) s’est particulièrement impliquée, en 2010, pour qu’Hampig Sassounian reste en prison. Sur le conseil de la police de Los Angeles, David Saltzman, avocat de l’ambassade de Turquie à Washington et du Turkish American Legal Defense Fund, s’est rendu à l’audience dans une voiture blindée, escortée de deux véhicules de police.

Arménien libanais arrivé très jeune en Californie avec sa famille, Hampig Sassounian adhéra à la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA-Dachnak), à son organisation de jeunesse américaine (l’Armenian Youth Federation, AYF), puis à la branche terroriste de la FRA, les « Commandos des justiciers du génocide arménien » (CJGA, appelés ensuite « Armée révolutionnaire arménienne » de 1983 à 1985). Aussitôt après son arrestation, en 1982, Hampig Sassounian reçut un appui inconditionnel de la FRA, au-delà même des frontières des États-Unis. Dès le 4 mai 1982, les dachnaks de Rhône-Alpes organisaient une manifestation devant le consulat des États-Unis à Lyon [1]. Haïastan, organe de l’organisation de jeunesse de la FRA en France, titrait : « Coupable ou non, soutenons Hampig Sassounian » ; l’article était signé par Mourad Papazian, actuel co-président de la FRA pour l’Europe occidentale. Asbarez, organe officiel de la FRA édité à Los Angeles, écrivait, dans son édition datée du 15 octobre 1983 « des dizaines de milliers d’Arméniens » habitant à Los Angeles, au Canada, en France, au Liban, en Angleterre, en Grèce, Syrie, en Israël, en Arabie saoudite, en Iran, en République sud-africaine, en Argentine, en Australie, en Italie, en Suisse, en Espagne et en Égypte, ont participé aux différents comités de soutien à Hampig Sassounian.

En Californie, la FRA collecta rapidement 250 000 $ pour payer les frais d’avocat de son terroriste [2]. Après la condamnation d’Hampig Sassounian, les dachnaks multiplièrent les protestations, souvent vipérines, des deux côtés de l’Atlantique. Des centaines de télégrammes et de lettres de protestations furent envoyées depuis Los Angeles, Chicago, Detroit, New York, Boston, Washington, Toronto, Montréal, et d’autres villes encore [3]. Dans une déclaration commune, l’AYF et son homologue canadien proclamèrent leur « soutien intangible à Hampig Sassounian » et condamnèrent « le verdict injuste du 4 janvier 1984 [4] ». Haïastan couvrit la justice américaine d’invectives, dans un numéro spécial sur l’affaire Sassounian, publié en février 1984. Deux des comités de soutien à Hampig Sassounian aux États-Unis, celui de Providence et de celui de Boston, publièrent un communiqué commun affirmant, le plus sérieusement du monde : « Ce qui s’est passé pendant le procès d’Hampig fut une parodie de justice, une tentative pour arrêter le peuple arménien qui défend sa cause [5]. »

Rien n’a fondamentalement changé depuis. La FRA a collecté 70 000 $, au début des années 2000, pour payer les frais de la procédure ayant conduit à atténuer légèrement la peine d’Hampig Sassounian [6]. Après avoir été défendu par Paul Geragos, l’assassin a pour avocat principal Mark Geragos, fils du précédent, tout aussi dachnak que son père. Le comble de l’indécence fut atteint en février 2002, quand une réunion publique de soutien à Hampig Sassounian reçut comme invité d’honneur Vicken Hovsepian, membre du bureau mondial de la FRA et représentant suprême de ce parti aux États-Unis [7]. En effet, M. Hovsepian a été condamné, en première instance puis en appel, à six ans de prison ferme pour avoir conduit un groupe de terroristes qui voulaient détruire l’immeuble où se trouve le consulat turc de Philadelphie ; le FBI, approuvé par la cour d’appel, estima que l’explosion aurait fait au moins une centaine de victimes, et entre deux et trois mille si elle avait eu lieu en plein jour [8].

En juillet 2008, les dachnaks français rendaient hommage, dans un même élan, à plusieurs terroristes du parti, dont Hampig Sassounian [9]. Dans son discours du 24 avril 2009, prononcé au nom de la branche française de la FRA, Mesrop Altounian déclarait :

« N’oublions pas qu’à cette époque, et durant les années qui se sont succédées, les medias ne parlaient pas du génocide arménien. Il a fallu attendre la fin des années 70 pour que de tels sujets soient abordés suite aux actions armées menées par de jeunes arméniens contre des représentations turques.

A ce titre n’oublions pas que la cause arménienne a eu beaucoup de combattants et de martyrs qui ont donné de nombreuses victoires à la nation arménienne.

N’oublions pas qu’à ce jour et depuis 1982, un jeune arménien qui avait alors 20 ans est toujours emprisonné aux Etats-Unis pour être accusé d’avoir exécuté un représentant turc à Los Angeles : il s’appelle Hampig SASSOUNIAN [10]. »

Cette inversion des rôles entre la victime (les diplomates turcs, les membres de leur famille, et toutes les autres victimes d’attentats des CJGA/ARA et de l’ASALA) et l’assassin est typique des idéologies terroristes. La même chanson fut entonnée pour les assassins de Galip Balkar, abattu à Belgrade le 9 mars 1983 par les CJGA [11], et d’autres encore, comme les cinq de Lisbonne et les trois d’Ottawa [12]. Qui s’étonnera, après cela, que la FRA libanaise soit l’alliée du Hezbollah, l’un des groupes terroristes les plus dangereux et les mieux organisés du monde ?

Il est plus que temps de demander aux politiciens de France (Jean-Claude Gaudin, François Hollande, François Rochebloine, René Rouquet), des États-Unis (Nancy Pelosi, Arnold Schwarteznegger, Robert Menendez), et bien d’autres pays, pourquoi ils fréquentent une organisation aussi infréquentable que la FRA. Cette insulte permanente aux victimes du terrorisme doit cesser. Qu’Hampig Sassounian reste en prison est une bonne nouvelle, mais elle ne suffit pas.


Manifestation de la FRA devant le consulat général de Turquie à Thessalonique (Grèce), 23 avril 2007.

[1« Soutien à Sassounian », Haïastan, juin 1982, p. 6.

[2Michael M. Gunter, « Pursuing the Just cause of their People ». A Study of Contemporary Armenian Terrorism, Westport-New York-Londres, Greenwood Press, 1986, pp. 70 et 74.

[3The Armenian Weekly, 14 janvier 1984 (ce journal est la propriété de l’AYF de Boston).

[4Ibid.

[5Ibid.

[7« 25 Join ARF Ranks », Asbarez, 25 février 2002.

[11Haïastan, juin 1983 ; The Armenian Weekly, 14 janvier 1984.

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