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La crise iranienne provoque une crispation des rapports turco-américains


Ecrit par Hakan, 2010-05-29 12:50:00


En visite jeudi au Brésil, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan n’a pas mâché ses mots. Il a accusé les pays opposés à l’accord Iran-Turquie-Brésil annoncé le 17 mai pour l’échange de combustible nucléaire, d’être "jaloux" de ce "succès diplomatique" de deux pays émergents, de plus en plus actifs sur la scène internationale.
Ces pays, membres non-permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ont, selon les observateurs, volé la vedette aux grandes puissances qui négocient en vain avec l’Iran sur son programme nucléaire controversé. Malgré l’accord irano-turco-brésilien, les Etats-Unis ont entraîné les autres puissances chargées du dossier (Chine, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) vers un nouveau projet de sanctions contre Téhéran, qui a été présenté au Conseil de sécurité de l’ONU le 18 mai, soit le lendemain de l’accord arraché par Brasilia et Ankara au prix de difficiles tractations.

Jeudi, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Burak Özügergin a critiqué l’acharnement américain à sanctionner l’Iran, pays voisin de la Turquie, évoquant une "situation absurde". "Soumettre la résolution au lendemain du plan signifie que vous avez choisi de fermer les yeux sur certains développements", a-t-il noté. Face à cette tension croissante entre Ankara et Washington, le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu doit se rendre mardi à Washington pour rencontrer son homologue Hillary Clinton, rapporte le journal Milliyet. Interrogé par l’AFP, le ministère turc des Affaires étrangères n’a ni confirmé ni infirmé cette information. "La Turquie veut empêcher une escalade des tensions avec l’Iran, pour éviter d’en souffrir économiquement", explique Sedat Laçiner, du centre de recherche USAK. "Elle cherche de bonne foi à trouver une issue négociée à la crise en tant que puissance régionale", a-t-il dit. Le volume des échanges turco-iraniens devrait passer à plus de 40 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, selon les estimations. Israël, dont les relations avec la Turquie sont au plus bas, a quant à lui qualifié mardi d’"imposture" le plan Iran-Turquie-Brésil, par la voix de son Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les relations entre Israël et la Turquie, montrés longtemps en exemple dans la région, se sont dégradées depuis l’offensive israélienne à Gaza, pendant l’hiver 2008-2009. Membre musulman de l’OTAN, la Turquie fait figure de pont entre l’Orient et l’Occident. Elle a développé ses liens avec les pays musulmans depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du Premier ministre Erdogan. Mais malgré ses positions en faveur des Palestiniens et cette initiative sur le nucléaire iranien, les spécialistes sont d’avis que la Turquie est loin d’un divorce avec l’Occident. Ses rapports avec l’OTAN et l’Union européenne sont cruciaux. Mehmet Ali Birand, éditorialiste au journal Turkish Daily News, pense que les pressions américaines sur Ankara vont augmenter, dans le dossier iranien. "Les Etats-Unis n’abandonnent pas d’anciennes habitudes. Ils essayent de régler leurs problèmes avec le régime islamique par une main de fer dans un gant de velours. Et veulent attirer la Turquie en particulier, dans cette politique", dit-il. Washington croit que la Turquie agit par idéologie pro-islamiste, "mais c’est faux", ajoute-t-il, estimant que "la Turquie s’oppose à l’arme nucléaire dans sa région" aussi bien en Iran qu’en Israël.

Source Le Monde

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