EURTRY:

Accueil > Nos rubriques > Europe > Nouveau gouvernement anglais : Quels changements

Nouveau gouvernement anglais : Quels changements pour la Turquie

par Mahir Zeynamov (Istanbul)


Ecrit par Hakan, 2010-05-23 10:59:00


Les observateurs et experts pensent que le changement de gouvernement ne devrait pas apporter de modifications au soutien traditionnel du Royaume-Uni pour la candidature de la Turquie pour l’adhésion à l’Union européenne. Dans le manifeste de 2010 du Parti conservateur, qui représentait aussi sa plateforme électorale, le parti déclare qu’il fera pression pour garder les portes de l’Union européenne ouverte à des pays, comme la Turquie, qui souhaitent adhérer, à condition qu’ils respectent rigoureusement les critères d’adhésion. Amanda Paul, analyste à l’European Policy Center à Bruxelles, a déclaré à Zaman, que la position anglaise ne devrait pas changer : "En fait, la nomination de David Cameron, Premier Ministre britannique n’aura pas d’incidence sur les relations de la Turquie avec l’UE parce que les conservateurs, comme les travaillistes et les libéraux démocrates, soutiennent tous l’adhésion de la Turquie à l’UE.

Par conséquent, il y aura une poursuite de la politique [menée jusque là]". Pour elle, si Cameron est un eurosceptique notoire, cela ne s’applique pas à l’éventuelle adhésion de la Turquie, avec laquelle le Royaume-Uni a un partenariat solide en matière de politique, de relations économiques et de sécurité.

Les Britanniques ne voient pas de menace religieuse pour l’Europe

Dennis Sammut, directeur exécutif du Réseau d’information de Londres sur les conflits et la construction (LINKS), juge également que le nouveau gouvernement britannique continuera sûrement de soutenir l’adhésion de la Turquie à l’UE. "Il ya des éléments, cependant, qui montrent qu’ils cherchent à retarder de quelques années la disposition selon laquelle les travailleurs turcs pourraient automatiquement être en mesure de travailler au Royaume-Uni. C’est quelque chose qui sera négocié au moment opportun", a-t-il ajouté. Notant que les grandes figures politiques de Grande-Bretagne préconisent fortement cette adhésion. Nicholas Whyte, le représentant à Bruxelles du groupe Diplomat consultatif indépendant, confie qu’il ne pense pas qu’il y aura une différence de politique entre l’ancien et le nouveau gouvernement sur ce point.

Pour lui, les Britanniques se méfient en général de l’idée de voir l’UE comme un projet civilisationnel, si bien que l’argument sur les risques d’islamisation a peu de poids. Adam Hug, directeur politique au Centre de la politique étrangère, juge, quant à lui, que "le Parti conservateur de David Cameron est en faveur de l’adhésion turque". Soulignant le fait qu’il existe une incertitude sur la façon dont les partenaires de la nouvelle coalition influenceront le nouveau gouvernement, Hug indique qu’il ne sait pas quel impact aura sur la question turque l’accord de la nouvelle coalition en faveur d’un référendum automatique au Royaume-Uni sur tout projet de futur traité sur "les zones de transfert de pouvoir ou de compétences". "La Grande-Bretagne restera un ami de la Turquie et un partisan de son processus d’adhésion, mais l’influence qu’elle peut exercer en son nom dans l’Union européenne sera réduite", conclut Hug.

Des incertitudes qui demeurent

Katinka Barysch, vice-directeur du Center for European Reform (CER), évoque aussi de "grandes incertitudes" sur les politiques européennes du nouveau gouvernement dans la mesure où les deux partenaires de la coalition ont des opinions divergentes. "Aussi bien les conservateurs que les libéraux démocrates sont pour l’élargissement de l’Europe, ce qui comprend la Turquie", dit-elle. Notant que pour la Turquie le fait que la Grande-Bretagne ait un gouvernement de coalition peut être une bonne nouvelle, Barysch indique que si les conservateurs avaient été au sein du gouvernement par eux-mêmes, ils auraient pu poursuivre des politiques qui contrarieraient les autres pays de l’UE, comme se retirer de la législation sociale de l’UE et remettre en cause la primauté du droit communautaire.

Elle juge qu’ils ont perdu de l’influence dans d’autres domaines de la politique de l’UE et leurs arguments sur les raisons pour lesquelles l’élargissement devrait se poursuivre ne seraient pas entendus à Berlin ou à Paris. Depuis que les conservateurs doivent maintenant partager le pouvoir avec les libéraux-démocrates, a fait valoir Barysch, Cameron aura une bonne raison pour tempérer sa politique anti-européenne. "De meilleures relations entre le Royaume-Uni et les autres pays européens sont bonnes pour la Turquie parce que le Royaume-Uni reste l’un des meilleurs amis de la Turquie dans l’UE", a-t-elle conclu. Pour Andrew Finkel, chroniqueur à Today’s Zaman, tous les partis de Grande-Bretagne ont toujours été pro-turcs étant donné que, compte tenu de l’euroscepticisme général au Royaume-Uni, l’admission de la Turquie porterait atteinte à la notion d’Europe fédérale.

Source Zaman

Mot-clé :
Adhésion
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2019 | Mentions légales PageRank