facebook
twitter
rss
EURTRY:
logo

Benyamin Nétanyahou renonce au sommet nucléaire de Washington mais Recep Tayyip Erdoğan y participera

Ecrit par Hakan Akgün, 2010-04-12 10:31:52


Suite au récent vote par une commission de la Chambre des représentants du Congrès des Etats-Unis reconnaissant le génocide arménien, la participation du premier ministre turc à cette rencontre internationale est longtemps restée incertaine. Pourtant l’ambassadeur turc à Washington, Namık Tan, qui avait été rappelé en signe de protestation, est finalement retourné à son poste, le 6 avril, en expliquant que les Américains « avaient bien compris le message » adressé par son gouvernement. Au cours des dernières semaines, les relations turco-américaines, malmenées par la résolution adoptée, se sont progressivement rétablies, Hillary Cllinton ayant semble-t-il assuré que la résolution ne viendrait pas en séance plénière de la Chambre basse américaine.

Dans le même temps, ce sont les relations israélo-américaines et turco-israéliennes qui se sont encore dégradées. L’annonce, en mars dernier, de l’implantation de 1600 logements à Jérusalem-Est par l’Etat hébreu, au moment de la visite en Israël du vice-président Joe Biden, a été particulièrement mal accueillie par l’administration américaine, qui a sommé Tel-Aviv de revenir sur sa décision. Le vice-président américain a condamné l’attitude d’Israël en des termes particulièrement vifs, en déclarant que l’Etat hébreu « sapait la confiance nécessaire à la paix », tandis que l’ambassadeur israélien à Washington, Michael Oren, estimait notamment que « les relations israélo-américaines étaient au plus bas depuis 1975. » Pourtant, ce n’est pas cette dégradation des relations israélo-américaines qui est directement la cause du refus de Benyamin Nétanyahou de participer au sommet nucléaire du président Obama, mais le fait que certains Etats, notamment l’Egypte et la Turquie, aient fait connaître leur intention de soulever, à cette occasion, la question de l’arsenal nucléaire présumé d’Israël.

Si la position de l’Egypte, défendant la dénucléarisation du Moyen-Orient, est connue de longue date, celle de la Turquie a fortement évolué au cours des derniers mois, tant à l’occasion de la brouille entre Ankara et Tel-Aviv depuis le « one minute » de Davos, qu’à l’occasion de l’évolution du dossier nucléaire iranien. Se posant en médiateur du différend qui oppose les puissances occidentales et la république islamique, quant à la production par celle-ci d’uranium enrichi, la Turquie défend résolument la nécessité de parvenir à une solution diplomatique et rejette toute idée de sanctions contre Téhéran. Le premier ministre turc, notamment, s’est fortement engagé dans cette entreprise en s’efforçant régulièrement de « dédiaboliser » l’Iran. En outre, il n’a cessé de regretter que l’on puisse demander à l’Iran de se conformer aux requêtes de l’AIEA (Agence Internationale d’Energie Atomique) et au traité de non-prolifération (TNP), alors même qu’on tolère que l’Etat hébreu, qui n’est pas signataire du TNP, détienne officieusement l’arme nucléaire. Très récemment, lors de sa visite officielle en France, à l’occasion de la clôture de la « Saison turque », Recep Tayyip Erdoğan a sonné la charge à nouveau, par des déclarations très révélatrices de l’état d’esprit qui est le sien avant le sommet de Washington. Qualifiant Israël de « principale menace pour la paix régionale », le premier ministre turc a réitéré sa conviction que le nucléaire iranien avait un objectif « uniquement civil », en s’étonnant qu’Israël n’adhère pas pour sa part au TNP et en se demandant, un brin goguenard, pourquoi « ceux qui n’ont pas signé le TNP sont dans une position privilégiée », eu égard aux règles de sécurité qui doivent prévaloir au Moyen-Orient.

Cette position n’est certes pas nouvelle, mais le fait qu’elle ait été rappelée de la sorte, de surcroît, à l’occasion d’un séjour en France, quelques heures avant un déjeuner avec le président Nicolas Sarkozy, en dit long sur la ligne qui sera celle du chef du gouvernement turc au prochain sommet de Washington. Benyamin Nétanyahou a certes réagi rapidement en déplorant « qu’Erdoğan choisisse sans cesse d’attaquer Israël ». Mais force est de constater qu’Israël, mis à mal par la diplomatie turque au Moyen-Orient, tandis que ses relations avec les Etats-Unis sont au plus bas, a finalement du renoncer à participer à un sommet nucléaire où il se serait retrouvé dans une position particulièrement délicate. En réalité, cette absence du premier ministre israélien reflète l’isolement diplomatique actuel de l’Etat hébreu, et plus particulièrement la solitude sur la scène internationale du gouvernement Nétanyahou.

JM pour Observatoire de la Vie Politique Turque (OVIPOT)

coopération
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2019 | Mentions légales PageRank