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Ces femmes qui apprennent le français pour gagner leur autonomie


Ecrit par Sophie C., 2010-03-31 05:53:00


"On vit en France, c’est important de parler le Français », lance Gulfidan Arslan, maman de trois enfants, arrivée à l’âge de 13 ans à Calais.

Avant de prendre des cours, elle apprenait « sur le tas », en regardant la télévision... Pour elle, comme pour les douze autres femmes qui ont passé le DILF (diplôme initial de langue française), c’est une autre vie qui commence, avec pour certaines un premier pas vers une insertion professionnelle.

« Ce diplôme est le niveau le plus bas, uniquement à l’oral. Il y a six autres niveaux, jusqu’au C2, où l’on est considéré comme bilingue. La plupart vont préparer les étapes supérieures », souligne Céline Lebon, formatrice.

Cette année, elle a enseigné le français à une trentaine d’élèves, à raison de 300 heures en moyenne chacun. Résultat : «  100 % de réussite. Ce sont des élèves motivés, assidus. »

Pour les nouveaux arrivants en France, réussir est une obligation : pour conserver leur titre de séjour, ils doivent détenir le DILF dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration.

Mais pour ceux qui, comme Gulfidan Arslan, vivent sur le territoire depuis des années, c’est une question de reconnaissance et d’insertion.

Pour le moment, deux groupes suivent les cours à Calais. Le premier est composé principalement de réfugiés politiques : Érythréens, Malgaches, Cambodgiens, Iraniens... Tous sont en situation régulière et doivent réussir l’examen pour obtenir leur carte de séjour. Le deuxième, essentiellement féminin, de personnes qui vivent à Calais depuis de nombreuses années.

Passer le permis de conduire

Ancrées dans leur communauté, qui compterait une centaine de familles, principalement au Beau-Marais, ces femmes veulent s’intégrer à la société qui les entoure, ne serait-ce que « pour discuter avec les voisins, aller faire les papiers administratifs, les courses... ou passer le permis de conduire ». Un sésame pour l’autonomie, et aussi pour la communication avec leurs enfants, Français nés ici, bilingues et scolarisés.

Hier, dans les locaux d’ID Formation, qui dispense des cours à Calais, Boulogne et Saint-Omer, des représentants de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) étaient présents pour marquer le coup : dorénavant, l’organisme, qui finance les cours et les examens des candidats à un titre de séjour, prend aussi en charge les examens (55 E chacun) de ces immigrés vivant sur le territoire depuis des années et qui ne maîtrisent pas encore la langue.

Et la demande est forte. Régulièrement, ID Formation doit refuser des candidats. « À Calais, il y a environ 50 % de demandes en plus qu’à Boulogne ou Saint-Omer », note Patrick Delporte, responsable de la structure. C’est pourquoi il souhaite ouvrir une antenne au Beau-Marais. « Nous avons fait une demande de subvention au CUCS (contrat urbain de cohésion sociale), à la Ville. » En moyenne, l’organisme donne des cours à 30 personnes par an. •

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