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France/Turquie : Et alors ?

Ecrit par Sophie C., 2010-03-17 12:15:08


La question qui se pose alors est la suivante : sont-ils masos ?

Non ils se sont réveillés.

Ali S., au coeur du quartier de Saint-Jean à Lyon attend le client devant son magasin où il vend ses döner kebab. Pour ce français l’abstention qui a atteint des records lors des élections régionales le fait rire. "Moi je ne savais pas pour qui voter au début, puis je me suis intéressé au programme des différents candidats. Et j’ai voté au 1er tour. Maintenant, j’invite tous les indécis, ceux qui choisissent au dernier moment à prendre leur responsabilité. C’est quand même important d’avoir une petite influence, non ?".

Originaire d’Izmir, belle ville de la côte méditerranéenne, Serpil B., 28 ans, raconte son parcours, depuis son arrivée en France avec ses parents à l’âge de 2 ans  :"Après avoir arrêté l’école, je suis devenue commerçante et j’ai travaillé un peu partout. Jusqu’au jour où j’ai perdu mon travail. J’ai vraiment eu des difficultés à réintégrer le marché de l’emploi. Aujourd’hui, si tu t’appelles Tufan, Elvan, ou Fatma, tu n’as pas beaucoup de chance de trouver un emploi salarié. C’est pour ça que les gens comme moi deviennent travailleurs indépendants". Serpil a acheté son commerce il y a 2 ans, l’année où elle a obtenu sa nationalité française. Cette jeune femme dynamique souligne avec un sourire espiègle  :"Maintenant, en France, c’est plus difficile d’obtenir la nationalité française parce qu’ils ont durci les conditions, mais je vote aussi. Pourquoi ? Parce que c’est important. Mais je ne vote pas parce qu’il y a un homme politique d’origine turque sur la liste, je donne ma voix au programme qui me plaît le plus".

Pourtant, Deniz O. s’avance trouvant que les partis politique ne mettent pas souvent des candidats d’origine étrangère en position éligible sous leur liste. Elle affirme avec conviction :"Votez en fonction des personnalités et non des partis, autrement dit, votez pour des candidats d’origine étrangère, de préférence turque, quelque que soit leur affiliation politique".

Les franco-turcs seraient-ils vraiment différents du reste de la population ? C’est ce qu’ils disent lorsqu’ils s’expriment car pour eux la première génération était facile à manipuler. Le rôle que peuvent jouer les électeurs franco-turcs devient donc de plus en plus important.

Pour Frédéric G., fonctionnaire, "les immigrés et leurs descendants sont devenus des acteurs politique, qu’ils soient électeurs, candidats, leurs préférences vont aux personnes issues de l’immigration", pour l’instant.

Dans sa librairie, Selma B. affirme qu’elle ira voter le 21 mars prochain. " Ce qui compte pour moi, ce sont des questions concrètes et des élus qui ne me mentent pas. Mais je serais contente d’avoir davantage de personnes d’origine étrangère dans les instances régionales afin de pouvoir influencer certaines choses".

Le 2ème tour qui aura lieu dimanche prochain réservera peut-être des surprises. Le vainqueur en sera-t-il le même, les choses ne seront peut-être pas aussi faciles qu’il y parait ?

Sophie C.

 [1]

[1Selon l’INSEE (http://www.insee.fr)
Le nombre de Turcs est en augmentation depuis 1990. Cette
croissance démographique a été moindre que durant la décennie
précédente mais elle a été suffisante pour que les
Turcs soient actuellement plus nombreux que les Espagnols
ou les Italiens.

#Politique élections Lyon
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