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Les Etats-Unis ne se comportent pas de manière rationnelle au Caucase


Ecrit par TN-pige, 2010-03-04 10:25:30


Lorsque vous jetez un oeil sur le Caucase, il est très aisé de comprendre que l’Arménie est l’alliée de la Russie, l’Azerbaïdjan et la Georgie quant à eux sont les alliés de l’Occident.

Dans ce tableau, la Russie se comporte dans la mesure du possible rationnellement : elle cherche à protéger son alliée (l’Arménie), quant à ses petits alliés, l’Abkhazie et l’Ossétie, elle les élève au rang d’Etats. De cette manière, le nombre d’alliés s’élève désormais à trois. Il reste en attente le reste de la Georgie et l’Azerbaïdjan.

Bien, et que font les Etats-Unis et d’une manière générale l’Occident ?

Contrairement à la Russie, les Etats-Unis pénalisent ses alliés dans la région et, pour l’Arménie, qui demeure l’inamovible bastion de la Russie dans la région, ils bousillent tout le système d’alliance occidentale. Si les Etats-Unis avaient agi de façon pragmatique au lendemain de la guerre froide, ils auraient élaboré leurs plans en fortifiant la ligne Georgie-Turquie-Azerbaïdjan. Dans la continuité de cette ligne, il était tout à fait possible de s’étendre à la Caspienne, l’Asie Centrale et de constituer une puissante alliance. Une telle ligne s’étendant de l’Ouest de la Turquie à la Chine, aurait permis de réduire l’influence de la Russie et de l’Iran dans la région. Mais en dehors de son soutien apporté à l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, les Etats-Unis n’ont pas apporté un soutien suffisant à une telle alliance. Au contraire, comme nous avons été témoins à de nombreuses occasions, les Etats-Unis ont plutôt soutenu l’Arménie, au lieu de la Turquie et l’Azerbaïdjan.

L’Arménie est devenue depuis le jour de sa création à aujourd’hui, le pays à avoir reçu le plus d’aide américaine par habitant. Malgré le fait que les forces arméniennes occupent le cinquième du territoire azéri, les Etats-Unis ont préféré punir l’Azerbaïdjan plutôt que l’Arménie. Lorsque la Turquie et l’Azerbaïdjan ont fermé leurs frontières suite à cette occupation, les Etats-Unis ont commencé à exercer des pressions sur ces deux pays, lesquelles se poursuivent aujourd’hui. Pour enfoncer le clou, dans le différend historique qui oppose l’Arménie à la Turquie, les Américains prennent ouvertement position pour les Arméniens et rendent problématiques les relations actuelles à cause d’événements vieux de près de cent ans.

Après l’élection d’Obama, les revendications relatives à l’ouverture des frontières avec l’Arménie s’accentuent de plus belle. Voire même, si les frontières ne s’ouvraient pas et les protocoles ne devaient pas entrer en vigueur, les Américains ont même brandi la menace (voire chantage) de voter le projet de loi arménienne au Congrès. Tandis que, quoi que fassent les Etats-Unis, l’Arménie est et restera la chasse gardée de la Russie. Même si toutes les portes des frontières s’ouvraient, les Arméniens ne pourraient adhérer au bloc de l’Ouest. Premièrement, en échange de toutes les dettes inhérentes aux infrastructures vitales, les Arméniens sont passés du côté russe. Deuxièmement, ce sont les soldats russes qui surveillent les frontières avec la Turquie et l’Iran. Dans le pays, les pro-russes sont si puissants que, si par malheur quelqu’un s’aventurait à discréditer l’amitié qui unit les Arméniens et les Russes, il serait immédiatement taxé de traître à la patrie.

En résumé, la thèse d’un rapprochement arménien à l’Ouest après une hypothétique ouverture de la frontière arméno-turque est complètement infondée. Bien au contraire, en voulant gagner l’Arménie, et faisant bouder l’Azerbaïdjan, la Georgie s’isole également. La ligne pro-occidentale constituée par le trio Turquie-Azerbaïdjan-Georgie est sur le point de se rompre.

Etrange, c’est comme si les Américains pesant de tout leur poids, travaillaient à faire revenir la région dans le giron russe.

Sommairement, les Etats-Unis n’agissent pas dans leurs intérêts dans la région. La seule région, probablement, où Américains et Russes convergent dans la même direction, est le Caucase. La raison essentielle à cela est la diaspora arménienne aux Etats-Unis.

Dépassant les 500.000, les efficaces Américains d’origine arménienne servent non pas les intérêts de l’Amérique mais des Russes.

Cet anti-turquisme qui est devenu une sorte d’obsession pour eux les empêche d’agir de façon rationnelle. Pour eux, ce n’est pas l’Amérique qui est importante. Peu importe que les Etats-Unis n’aient plus d’habitant dans la région, mais pourvu que les Turcs subissent des préjudices, ceci est amplement suffisant pour la diaspora arménienne.

Tout particulièrement actifs lors des périodes d’élection, les citoyens américains de souche arménienne ont réussi à obtenir de très nettes promesses du Président Barack Obama. Obama avait promis avant son élection que, s’il était élu il utiliserait le terme de génocide lors des 24 avril comme le prétendent les allégations arméniennes.. Il a même mis par écrit sa promesse sur son site internet. Aujourd’hui Obama ne sait plus comment il va faire pour respecter sa promesse. L’année dernière, en faisant un peu de littérature il avait réussi à sauver les meubles. Alors que maintenant, prétextant les protocoles signés entre l’Arménie et la Turquie, il repousse l’utilisation de ce mot tant attendu. Pour se sortir de ce pétrin, il a hâte de voir la Turquie signer les protocoles. Mais la Turquie attend aussi de son côté des avancées sur le dossier du Karabakh pour approuver les protocoles. Mais Obama est pris en étau, ni le Karabakh, ni également les intérêts azéris, voire même les intérêts américains semblent être au centre de ses préoccupations. Les pressions de la diaspora se font pressantes dans son dos.

En résumé, les Etats-Unis ne sont pas rationnels au Caucase. En Amérique, une petite minorité ethnique a réussi à imposer son ordre du jour aux Etats-Unis d’Amérique. La politique extérieure américaine est prise en otage par les Arméniens. Ceci ne nous est pas étranger. Cette situation on l’avait vécue à l’identique entre les années 1974 et 1980, lorsque les Etats-Unis avaient imposé un embargo sur l’armement. La grande Amérique était alors sous le contrôle du lobby grec, et même les présidents américains n’avaient pas pu empêcher cet embargo sur l’armement contre la Turquie, leur alliée de l’OTAN. De cette manière, c’était une première dans l’histoire où un pays avait imposé un embargo sur l’armement à l’un de ses alliés. Cet embargo a été levé en 1980, par contre ses effets ont été si lourds de conséquences que, s’il y a un anti-américanisme aujourd’hui en Turquie, l’embargo y a joué un rôle non négligeable. Sur l’embargo de nombreux articles scientifiques ont été écrits et comment une petite minorité a pris en otage un grand pays a fait l’objet de longues discussions. De nos jours, un danger similaire guette les Etats-Unis. Dans le Caucase, les Etats-Unis, malgré le risque de jeter la Turquie, l’Azerbaïdjan et la Georgie dans les bras de la Russie, soutiennent les Arméniens qui sont l’allié le plus important des Russes. De surcroît, qu’à l’issue de ce soutien, bon nombre de projets énergétiques vont également connaître de lourdes blessures.

Doç.Dr.Sedat Laçiner

Source : USAK gündem, le 3 mars 2010

Traduction par Egeli Iskender pour Turquie News

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