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Le procès Nissanian vu par la partie civile


Ecrit par , 2010-01-11 10:45:00


« Le plus grand outrage qu’on puisse faire à la vérité est de la connaître, et en même temps de l’abandonner et de l’oublier. »
Jacques Bossuet

Mardi 5 janvier, dans l’après-midi, se tenait, au tribunal correctionnel de Lyon, le procès, pour injure publique envers un particulier, de Movsès Nissanian, conseiller municipal de Villeurbanne (majorité municipale), membre de la Fédération révolutionnaire (FRA) et d’une des principales organisations qui lui sont affiliées en France, le Comité de défense de la cause arménienne (CDCA).

M. Nissanian m’avait assimilé, lors d’une réunion publique à Villeurbanne, en février 2008, à ceux « qui étaient dans la Milice », et qui « envoyaient des Juifs à Auschwitz ». J’avais donc porté plainte avec constitution de partie civile, auprès du doyen des juges d’instruction de Lyon, en mai 2008. L’enquête, ouverte en juin, s’est close fin mars 2009. Le procès aurait dû avoir lieu le 3 novembre, mais la défense a présenté des conclusions de dix-huit pages, appuyées sur trente-trois pièces, fort peu de temps avant cette date ; aussi, moi et mon avocat avons demandé le report du procès, report que le tribunal avait accepté.

Je m’attendais à des cris et à des menaces, de la part de certaines personnes venues « soutenir » M. Nissanian, à cause de la violente manifestation organisée par la FRA à Paris, à l’automne dernier [1] , et du chahut qu’il y avait eu pendant, et surtout après, l’audience du 3 novembre. J’avais alors été houspillé et bousculé à la sortie ; seule la menace de porter plainte à nouveau m’avait évité d’être à nouveau insulté, ou diffamé ; et j’avais déposé, par précaution, une main courante, en rentrant à Paris. Cette fois, il n’y eut qu’un seul véritable excité, fermement rappelé à l’ordre par le président Fernand Schir (« Laissez la partie civile s’exprimer ! Si vous recommencez, je vous fais expulser de la salle »), et qui, semble-t-il, a quitté la salle de lui-même. Pour le reste, il n’y eut que quelques murmures épisodiques. De toute évidence, les participants favorables à M. Nissanian avaient reçu l’instruction de se tenir tranquilles.

Terrorisme(s)

J’ai pu ainsi résumer l’argumentation développée depuis le dépôt de la plainte. L’injure de M. Nissanian est exceptionnellement ignominieuse, car elle m’assimile à des criminels qui adhéraient à l’idéologie nazie — la plus monstrueuse qui fût dans l’histoire —, qui ont trahi la patrie française, et qui ont participé physiquement au pire crime : la destruction systématique, industrielle, des Juifs, à l’échelle d’un continent entier.

Par ailleurs, M. Nissanian a choisi de m’insulter dans une réunion organisée par la FRA Nor Seround (l’organisation de jeunesse de son parti en France), à la Maison de la culture arménienne de Villeurbanne, également affiliée à la FRA, et qui est un des trois lieux où l’on pouvait s’enregistrer pour assister à la cérémonie d’hommage aux « cinq de Lisbonne » — cinq terroristes kamikazes
— , organisée par la FRA, à Décines-Charpieu cette fois. Cette cérémonie était aussi l’occasion de rendre hommage aux « trois d’Ottawa », condamnés à perpétuité avec une peine de sûreté de vingt-cinq ans par la justice canadienne pour avoir attaqué l’ambassade de Turquie, tué un agent de sécurité canadien, pris des otages, tenté d’assassiner l’ambassadeur (qui a sauvé sa vie en sautant du deuxième étage) avant de se rendre piteusement à la police ; et Hampig Sassounian, condamné à perpétuité par la justice californienne pour l’assassinat du consul général de Turquie, Kemal Arıkan, un homicide dont le caractère raciste a été acté par la justice de cet État, comme circonstance aggravante [2] . M. Nissanian savait donc à quel genre de public il s’adressait.

Pour compléter la démonstration, et répondre aux allégations de la défense selon laquelle « la FRA a toujours condamné le terrorisme » (sic), j’ai renvoyé aux articles publiés dans Haïastan, organe de la FRA Nor Seround, entre 1980 et 1986, soutenant vivement des terroristes arméniens, et à la une de France Arménie (mensuel édité par le CDCA de Lyon) s’indignant que quatre terroristes de l’ASALA aient été condamnés à sept ans de prison ferme par la la cour d’assises de Paris, en 1984. Tous ces textes ont été versés au dossier.

J’ai également pu démontrer que l’un des deux principaux groupes terroristes arméniens qui ont été actifs à la fin du XXe siècle — les « Commandos des justiciers du génocide arménien », appelés Armée révolutionnaire arménienne à partir de 1983 — était tout simplement une branche de la FRA. Trois arguments suffisent à l’établir :

- Le politiste Gaïdz Minassian a eu accès, privilège exceptionnel, aux archives de congrès internationaux de la FRA, tenus dans la seconde moitié du XXe siècle. Il a ainsi pu y lire que la création des CJGA/ARA fut décidée par le congrès de 1972, que leurs activités furent suspendues pour un an par le congrès de 1985, puis sine die en 1986 (voir son livre Guerre et terrorisme arméniens, Paris, PUF, 2002, dont des extraits ont été versés au dossier).

- L’un des principaux représentants de la FRA aux États-Unis, Vicken Hovsepian, a été condamné, en 1984, à six ans de prison ferme par un tribunal californien pour sa participation aux CJGA [3] . Mourad Topalian, autre figure très importante de la FRA outre-Atlantique, a été condamné, en 2001, par un tribunal de l’Ohio, a trente-sept mois de prison ferme pour détention illégale d’explosifs et d’armes de guerre, en relation avec une entreprise terroriste [4] .

- Un terroriste des CJGA s’est tué en commettant une erreur dans la préparation de sa bombe, en mai 1976 ; or l’explosion a eu lieu au quartier général de la FRA en France, rue Bleue, à Paris. La police française saisit alors des documents relatifs à l’assassinat de l’ambassadeur de Turquie et de son chauffeur, l’année précédente, et d’autres documents, relatifs à des attentats qui seraient commis en Turquie en 1977 (ils firent cinq morts et de nombreux blessés). Ces faits sont mentionnés par le très proarménien Yves Ternon dans son livre La Cause arménienne, Paris, Le Seuil, 1983, dont un extrait a également été versé au dossier.

La pratique du terrorisme par la FRA à la fin du XXe siècle ne doit pas étonner, de telles activités criminelles ayant été abondamment pratiquées par ce parti des années 1890 aux années 1930, notamment contre des Arméniens qui s’opposaient à lui, et, bien entendu, contre des Turcs [5] .

Là encore, ces faits indiquent que M. Nissanian m’a fait prendre des risques — y compris des risques physiques — en m’injuriant, et qu’il le savait.

J’ai pu expliquer tout cela sans entendre de hurlements, sans avoir besoin de requérir la protection de la police à la sortie, ce qui eût été inimaginable deux mois plus tôt.

Le deuxième motif d’étonnement fut moins agréable. Dès le début du procès, le président Fernand Schir a indiqué que, dans la version qui lui a été transmise, il existe un intervalle légèrement supérieur à trois mois (la période de prescription pour injure publique) entre deux des actes, ce qui, si cette lacune était confirmée, entraînerait l’extinction de la procédure. En d’autres termes, je ne pourrais espérer qu’une victoire morale, une reconnaissance par le tribunal de la validité de ma plainte, sans que M. Nissanian ne soit condamné à me rembourser mes frais de justice, à payer des dommages et intérêts et une amende. Cette lacune, si elle est confirmée, n’est pas imputable à la partie civile : le tribunal a indiqué que j’avais porté plainte à temps ; c’est après la clôture de l’enquête par le juge d’instruction que deux actes se sont, peut-être, trouvés séparés par un peu plus de trois mois. Si une telle erreur se confirmait, je n’en resterais pas là, d’autant que j’attendais mieux du tribunal de Lyon, qui eu le courage de condamner M. Carignon et la branche rhônalpine de la Scientologie, avant de relaxer Siné.

Diversion

La défense a tenté de faire diversion, en évoquant l’excuse de provocation. En ironisant sur l’usage tendancieux du terme « négationniste », j’aurais « provoqué » M. Nissanian — rien de moins. Son avocat, maître Vahramian, qui fut virulent dans sa plaidoirie comme dans ses conclusions, a soigneusement évité de me poser, ne serait-ce qu’une seule question, concernant l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. Pourquoi, s’il est convaincu d’avoir raison ?

La défense a fait citer Philippe Videlier, lequel s’est proclamé « expert en génocides, et notamment le génocide arménien ». L’expression « expert en génocides » n’a tout simplement aucun sens : par exemple, être spécialiste de l’Allemagne nazie et de la Shoah n’aide à peu près en rien à comprendre le conflit rwandais de 1990-1994, et sa conclusion, le génocide des Rwandais tutsis par les ethno-nationalistes hutus, accompagné et suivi par de nombreux massacres de Hutus, cette fois par les ethno-nationalistes tutsis. Quant à M. Videlier lui-même, c’est un spécialiste de l’immigration en France, surtout l’immigration italienne. Il n’a publié aucun livre sur la Turquie, sauf un roman, ni, si je ne m’abuse, aucun article dans une revue à comité de lecture. Selon le catalogue de la Bibliothèque nationale, le texte le plus récent qu’il ait publié chez un éditeur prestigieux a paru en 1986 : c’était un article sur l’immigration italienne en France. M. Videlier n’a, évidemment, jamais mis les pieds aux archives turques, qu’il serait d’ailleurs incapable de comprendre. Je ne lui connais aucune recherche dans les archives du Foreign Office, du Département d’État, ou même du Quai d’Orsay, à propos de l’histoire ottomane.

Sa déposition, sans aucun lien avec l’injure de M. Nissanian, fut un tissu de contrevérités. Voici celles dont j’ai gardé le souvenir :

- Il a cité la phrase attribuée à Hitler : « Qui se souvient encore de l’extermination des Arméniens ? » Or, même Yves Ternon (dans La Cause arménienne) a eu l’honnêteté de rappeler cette phrase est censée se trouver dans un passage relatif aux Polonais et non aux Juifs, qu’elle se trouve dans une version du discours d’Hitler qui n’a pas été retenue au procès de Nuremberg (il n’existe pas de compte-rendu sténographique de cette intervention, ni de manuscrit de la main du Führer), et qu’il n’est pas pertinent de tirer argument de cette phrase pour établir un lien entre le cas arménien et la Shoah.
Dès 1968, l’historien allemand Winfried Baumgart mettait en garde : l’authenticité de cette phrase peut être remise en cause [6] . Réexaminant la question, l’universitaire arméno-américain Robert John, puis l’historien Heath Lowry (aujourd’hui professeur à l’université de Princeton), ont démontré que cette phrase était apocryphe [7] .

- M. Videlier a prétendu que la négation est le couronnement d’un génocide, alors qu’Hitler avait annoncé ses intentions dans son discours du 30 janvier 1939 : une nouvelle guerre mondiale entraînerait l’éradication (Vernichtung) des Juifs. Dans son discours du 30 septembre 1942, le Führer s’est référé à ses propos de 1939, disant qu’il avait alors « été prophète », et qu’à l’heure où il parlait, sa prophétie était en train de s’accomplir [8] . D’une façon générale, les dirigeants nazis, les cadres de l’Office central de sécurité du Reich (RSHA), les commandants de camps et les chefs d’Einsatzgruppen n’ont jamais contesté l’existence de la Shoah lors de leurs procès. Au contraire, plus d’un se sont montrés tout à fait coopératifs, en particulier Hans Frank (gouverneur général de Pologne), Adolf Eichmann et Franz Stangl (commandant du camp de Treblinka).

- Interrogé par Maître Vahramian sur Guenter Lewy, M. Videlier l’a confondu avec Bernard Lewis. M. Videlier n’a vraisemblablement pas lu l’ouvrage de M. Lewy, The Armenian Massacres in Ottoman Turkey, Salt Lake City, University of Utah Press, 2005. Il s’est enferré en prétendant que M. Lewis parlait d’un « génocide arménien » dans la première version de son livre The Emergence of Modern Turkey, et aurait supprimé cette expression « quinze ans plus tard », dans la deuxième. En fait, les deux premières éditions ne sont séparées que de sept ans (1961 et 1968) ; et, plus important, M. Lewis ne parle pas, dans la première, de génocide, mais d’un « combat désespéré », « entre deux nations », qui a abouti à un « holocaust » [9] ; or, ce terme, avec une minuscule, a le sens, en anglais, de « catastrophe », sans implication génocidaire ; c’est « Holocaust » avec une majuscule qui renvoie à la Shoah. Et M. Videlier n’a fait aucune référence aux arguments développés par M. Lewis [10] .

- Interrogé par mon avocat pour savoir s’il connaissait le sens que donnent les dictionnaires — notamment Le Petit Larousse et Le Grand Robert — au mot « négationnisme », M. Videlier a répondu que non. Il a fui en parlant du sens « donné par nous, historiens ». Or, le créateur du terme « négationnisme », le professeur Henry Rousso, l’a expressément circonscrit à la seule négation de l’existence des chambres à gaz. Valérie Igounet, qui a fait sa thèse de doctorat en histoire sur le négationnisme en France, en a donné cette définition, qui me paraît fort bonne : « Négationnisme : négation de l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Plus exactement négation de l’extermination des juifs par les chambres à gaz. Donc le négationnisme est un discours qui nie la politique d’extermination et par corollaire dénie le droit d’existence d’Israël [11] . » Il aurait fallu rappeler à cet égard l’alliance étroite de l’ASALA avec des groupes terroristes palestiniens et propalestiniens [12] , hostiles à l’existence même d’Israël, et fortement perméables, comme leurs soutiens, au négationnisme, comme à tout le reste de l’antisémitisme [13] . J’avais néanmoins versé au dossier plusieurs citations relatives à la collaboration entre dachnaks et nazis [14] , puisque la défense avait nié cette collaboration, sans donner d’ailleurs le moindre argument.

Heureusement, le président Schir a déclaré, avant l’intervention de M. Videlier, que le tribunal n’a pas « à trancher entre les thèses historiques ». Je n’en demandais pas plus à cet égard.

Non, rien de rien…

Quoi qu’il advienne, les nationalistes arméniens de France auront appris, dans cette affaire, qu’il est dangereux, même pour eux, de se croire tout permis dans ses déclarations publiques ; que tous leurs contestataires ne sont pas prêts à subir sans réactions des propos infamants. M. Nissanian avait perdu, pendant l’audience, toute sa virulence, et beaucoup de sa volubilité, de son assurance. Il s’est même senti obligé de dire : « Quant à ces actes de terrorisme, je les réprouve. » Il ne leur a pas cherché de circonstances atténuantes, ce qui est sans précédent pour un dachnak, à ma connaissance. Puisse-t-il y avoir des discussions animées à ce sujet, au sein de la FRA villeurbannaise.

C’est une grande satisfaction pour moi, qui ai connu l’angoisse et l’inquiétude depuis que M. Nissanian m’a insulté ; cette appréhension a varié dans le temps, diminuant après le dépôt de la plainte, et la destruction du forum en accès libre d’Armenews, suite à une nouvelle plainte de ma part, augmentant après la manifestation du 2 octobre 2009 et le procès de Sirma Oran contre Jean-Paul Bret, le 3 novembre, avant de diminuer à nouveau grâce au procès Nissanian.

En conséquence, je ne regrette rien et ne renonce à rien.

Maxime Gauin

Lire aussi : Sirma Oran, Maxime Gauin, procès et bien-pensance

[2Sur ces attentats, voir Bilâl N. Şimşir, Şehit Diplomatlarımız (1973-1994), Ankara, Bilgi Yayınevi, 2000, tome I, pp. 461-497 et tome II, pp. 715-743 et 943-961.

[3Michael M. Gunter, « Pursuing the Just Cause of their People ». A Study of Contemporary Armenian Terrorism, Westport-New York-Londres, Greenwood Press, 1986, pp. 70 et 77-78 (voir aussi p. 100) ; Bruce Fein, « Atonishing Quest to Naturalize Armenian Terrorists », The Turkish Times, 15 octobre 2002.

[5Kapriel S. Papazian, Patriotism Perverted, Boston, Baikar Press, 1934, pp. 13-18, 60-65 et 68-70 ; rapport présenté par la FRA au congrès de l’Internationale socialiste en 1910, pp. 9 et 15-17 (en français) ; Justin McCarthy, East Arslan, Cemalettin Taşkıran et Ömer Turan, The Armenian Rebellion at Van, Salt Lake City, University of Utah Press, 2006, pp. 90-91, 110-115 et 164-166.

[6« Zur Ansprache Hitlers vor den Führern der Wermacht am 22. August 1939 : Eine quellenkritische Untersuchung », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, XVI, 1968, p. 139.

[7« Historian of Armenian Descent Says Frequently used Hitler Quote is Nothing but a Forgery », The Armenian Reporter, 2 août 1984 ; Robert John, « Did Hitler say it ? », The New York Times, 8 juin 1985 ; Heath Lowry, « The United States Congress and the Armenians », Political Communication and Persuasion, III, 1985 ; voir aussi Michael M. Gunter, op. cit., p. 27, n. 55.

[8Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe, Paris, Gallimard, 2006, tome II, pp. 711 et 735-736.

[9Bernard Lewis, The Emergence of Modern Turkey, Oxford- New York, Oxford University Press, 1961, p. 350.

[10« Les explications de Bernard Lewis », Le Monde, 1er janvier 1994 ; voir aussi Histoire du Moyen-Orient, Paris, Albin Michel, 1997.

[12Michael M. Gunter, op. cit., pp. 92-93 ; « Colombia : The Carlos Connection », The Nation, 22 juin 1985.

[13Bernard Lewis, Sémites et antisémites, Paris, Fayard, 1987, chapitres VIII et IX ; Pierre Péan, L’Extrémiste. François Genoud, de Hitler à Carlos, Paris, Fayard, 1996.

[14La principale référence à ce sujet demeure Dashnak Collaboration with the Nazi Regime, New York, Armenian Information Service, 1944. Ce livre est très difficile à se procurer, la plupart des exemplaires ayant mystérieusement disparu des bibliothèques publiques. À défaut, voir Arthur Derounian, « The Armenian Displaced Persons », Armenian Affairs, n° I-1, hiver 1949-1950.

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