EURTRY:

Accueil > Nos rubriques > Actualité > UE : Sofia menace de bloquer l’entrée de la (...)

UE : Sofia menace de bloquer l’entrée de la Turquie

La Bulgarie souhaite obtenir des compensations financières pour l’expulsion de quelque 250 000 réfugiés en 1912.


Ecrit par Hakan, 2010-01-11 07:10:00


Voilà un nouvel obstacle sur le chemin de la Turquie vers l’Union européenne ! Pour une histoire de réfugiés remontant à l’époque de l’empire ottoman, la Bulgarie vient de laisser entendre qu’elle pourrait bloquer l’accession d’Ankara à l’UE.

Selon le ministre en charge des Bulgares de l’étranger, Bojidar Dimitrov, Sofia souhaiterait une compensation pour l’expulsion, après les guerres balkaniques, en 1912-1913, de plus de 250 000 Bulgares de la Thrace orientale (à l’ouest du Bosphore), aujourd’hui territoire turc.

En 1925, un accord sur la valeur des propriétés et biens perdus avait été conclu entre la Bulgarie et la Turquie, mais il n’a jamais été appliqué. En 1983, le ministère bulgare des Affaires étrangères affirmait que la valeur des biens en question atteignait 10 milliards de dollars. Aujourd’hui, selon Bojidar Dimitrov, Sofia serait en droit de réclamer deux fois plus, soit plus de 14 milliards d’euros !

Le nouveau gouvernement de droite, en place depuis juillet, est en train de rassembler les documents qui pourraient lui permettre de porter plainte contre la Turquie avant la fin de l’année.

Quelque 2 300 dossiers ont déjà été étudiés, précise le ministre, mais les descendants des réfugiés pourraient en présenter des milliers d’autres cette année. Une commission bulgaro-turque sera ensuite mise en place pour trouver un accord.

« Ce sera notre condition absolue dans les négociations d’entrée d’Ankara, a indiqué Bojidar Dimitrov au journal bulgare 24 Heures. La Turquie peut payer : après tout, n’est-ce pas la seizième économie mondiale ! Et quand elle rejoindra l’UE, elle sera encore plus puissante parce que de nombreuses taxes et impôts indirects seront supprimés. »

La Turquie a débuté ses négociations d’admission en 2005, mais celles-ci progressent très lentement. Seuls douze des trente-cinq chapitres ont été ouverts jusqu’à présent. En 2006, huit chapitres ont été bloqués après le refus des Turcs d’ouvrir leurs ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs. En outre, la France et l’Autriche ont toutes deux annoncé qu’elles organiseraient un référendum sur l’adhésion d’Ankara.

« L’arme du veto »

En Turquie, la presse s’est aussitôt indignée des revendications présentées par Bojidar Dimitrov. « Sofia aussi apprend à utiliser l’arme appelée veto ! », s’exclame le journal Zaman. Mais du côté du gouvernement, on cherche à calmer le jeu.

« Les migrations n’ont pas été à sens unique…, rappelle le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui précise n’avoir reçu aucune réclamation officielle de la part de Sofia. Près de deux millions de Turcs ont fui la Bulgarie pour la Turquie. Tout le monde aurait intérêt à s’abstenir de faire des déclarations qui pourraient causer du tort aux relations bulgaro-turques, qui sont aujourd’hui un modèle pour la région. » Le problème sera certainement abordé lors de la prochaine visite en Turquie du premier ministre bulgare Boiko Borissov, fin janvier ou début février.

Mot-clé :
Histoire Nationalisme Racisme Turcophobie Union Européenne (UE)
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2019 | Mentions légales PageRank