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Quand le repris de justice Laurent Leylekian retweette une caricature antisémite et antimaçonnique

Ecrit par Maxime Gauin, 2014-05-23 15:25:00


Le racisme biologique de Laurent Leylekian (ex-directeur général de la Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie, ex-directeur de France-Arménie) à l’encontre des Turcs était déjà connu : il l’avait exprimé de façon tout à fait explicite [1]. Son goût pour la diffamation et l’injure lui a valu d’être condamné, en première instance et en appel (il s’est finalement désisté de son pourvoi en cassation) pour un éditorial qui reprenait, selon l’excellente formule de Me Charles Morel, avocat de la partie civile, « le style de Gringoire ». Restait à savoir ce qu’il pense des Juifs. Il nous a récemment fourni un élément intéressant à cet égard. Le 19 mai, il a retweetté une caricature du dessinateur Krampon, proche d’Alain Soral, antijuif obsessionnel. Comme tant d’autres productions du même auteur, ce dessin exprime une véritable paranoïa contre les Juifs et les francs-maçons, présentés comme des êtres maléfiques, tyrannisant les goys.

Pour couronner le tout, Laurent Leylekian a trouvé cette caricature sur le compte Twitter d’un certain Farid, qui semble beaucoup apprécier Jean-Marie Le Pen (lequel a été condamné définitivement, l’an dernier, pour « contestation de crimes contre l’humanité », une condamnation qui vient s’ajouter à plus de vingt autres).

Certes, M. Leylekian affirme sur son profil Twitter que « retweet ne vaut pas approbation » ; mais comment peut-on reproduire, sans aucun commentaire, sans la moindre prise de distance, une image aussi haineuse si on ne l’approuve pas ?

Allons plus loin. La paranoïa antisémite et antimaçonnique est un thème récurrent chez certains milieux arméniens, thème lié dès avant 1914 à la haine des Turcs. Plus remarquable encore, Laurent Leylekian fut, jusqu’à la fin de 2010 au moins, une figure de la Fédération révolutionnaire arménienne-Dachnaksoutioune (FRA-Dachnak), un parti qui a collaboré avec le Troisième Reich et l’Italie fasciste pour des raisons idéologiques, et qui est, de nos jours, l’allié du Hezbollah au Liban.

Des membres de la FRA-Dachnak brûlent un drapeau turc à Erevan, après y avoir ajouté une étoile de David (23 avril 2003).

M. Leylekian se défend d’être dachnak. Je lui opposerai donc Yves Ternon — mais oui, son propre témoin lors du procès Oran contre Leylekian. Dans un article paru le 5 février 2003, M. Ternon dénonçait en effet l’éviction de Yair Auron, un auteur particulièrement turcophobe, mais qui avait, aux yeux de certains, le grand tort d’être israélien et juif :

« Arrivé au Sénat où je devais faire une communication, je compris aussitôt que les organisateurs français de la conférence, la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie (ex-CDCA Europe), étaient, eux aussi, profondément choqués par cette mesure discriminatoire. Ils reconnurent qu’ils avaient dû céder à des pressions venues des instances supérieures de leur parti (Dashnagsoutioun n.d.l.r.) […]
La veille de la conférence le jeudi 30 janvier, me dit-il, alors qu’il avait reçu ses billets et que les valises étaient faites, un responsable dachnak d’un autre pays que la France, lui fit comprendre qu’a la demande de délégués libanais à la conférence, sa présence n’était pas souhaitable et le pria de renoncer à venir. Il entra alors en contacts avec son hôte français, qui lui expliqua qu’en France tous ceux qui étaient informés étaient blessés par cette décision mais qu’ils avaient dû s’incliner [2]. »

Non seulement ces lignes confirment que le CDCA Europe, rebaptisé Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie (FEAJD), est une émanation de la FRA-Dachnak (ce que des liens financiers avoués suffiraient déjà à prouver), mais encore elle nous donne un témoignage de première main (et peu suspect de mauvais esprit) sur une affaire d’antisémitisme. M. Ternon, pour une raison qu’il serait le seul à pouvoir donner, ne fournit aucun nom des dirigeants de la FEAJD qui se sont pliés à l’injonction venue du Liban. Toutefois, deux faits irréfutables peuvent être relevés : d’abord, Laurent Leylekian était bien le directeur général de la FEAJD à cette époque, puisque l’affaire date de 2003 et qu’il a exercé ces fonctions sans discontinuer de 2001 à 2009 ; ensuite, s’il y a un point sur lequel les adversaires et les amis de M. Leylekian s’accorderont, c’est pour dire qu’il était tout sauf un directeur général inactif.

Le lecteur conviendra sans doute que cela commence à faire beaucoup pour un seul homme. Ce qui est le plus étonnant, c’est qu’aucun des 234 abonnés de Laurent Leylekian sur Twitter n’ait encore réagi. Le Conseil de coordination des associations arméniennes de France, qui avait soutenu M. Leylekian après sa condamnation en première instance (puis s’est muré dans le silence après l’arrêt de la cour d’appel) désapprouvera-t-il cette fois ? Se faire le relai de l’antisémitisme, cela deviendrait-il tolérable dès lors qu’on porte un nom en -ian ?

Maxime Gauin

[1« Alors oui, les “maudits Turcs” restent coupables ; ils restent tous coupables quelle que soient leur bonne volonté, leurs intentions ou leurs actions. Tous, de l’enfant qui vient de naître au vieillard qui va mourir, l’islamiste comme le kémaliste, celui de Sivas comme celui de Konya, le croyant comme l’athée, le membre d’Ergenekon comme Orhan Kemal Cengiz qui est “défenseur des droits de l’homme, avocat et écrivain” et qui travaille pour “le Projet kurde des droits de l’homme”. Aussi irrémédiablement coupables que Caïn, coupables devant les Arméniens, devant eux-mêmes, devant le tribunal de l’Histoire et devant toute l’Humanité. » (éditorial publié en octobre 2009 sur France-Arménie.net, site fermé en février 2011).

#FRA Dachnaktsoutioun extrémisme Laurent Leylekian racisme / antisémitisme / xénophobie
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