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III) La poursuite du terrorisme arménien (années 1980 – années 2000) - (Arménie/Turquie)


Ecrit par Turquie News, 2008-07-17 09:00:00


Troisième partie et conclusion du dossier « Cause arménienne » et terrorisme

  • III) La poursuite du terrorisme (années 1980 – années 2000)
    • A) Continuités
    • B) Redéploiement
    • C) Terrorisme physique et terrorisme intellectuel
  • Conclusion

III) La poursuite du terrorisme (années 1980 – années 2000)

A) Continuités

Tout d’abord, la cessation progressive des attentats revendiqués par des organisations arméniennes, à partir de 1985, ne signifie pas la retraite pour les terroristes arméniens, tant s’en faut.
Le congrès tenu par le parti dachnak à Athènes, en août 1985, décide certes de suspendre les activités de l’ARA, mais aussi, dans le même temps, l’envoi d’instructeurs et d’experts en explosifs au (bien mal nommé) Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, groupe terroriste marxiste-léniniste) [1]. De même, ce qui reste de l’ASALA, après 1985-1988, est, en pratique, absorbé par le PKK. Sous leur nom, les terroristes de l’ASALA signent encore la tentative d’assassinat contre l’ambassadeur turc à Budapest, le 30 décembre 1991, dont le diplomate n’échappe que grâce au blindage de sa voiture ; et l’attentat à l’explosif contre l’ambassade turque de Bruxelles, le 23 juin 1997, qui ne fait, par chance, aucune victime [2]. Depuis 2004, le PKK délègue une bonne partie de ses activités terroristes à un groupe officiellement distinct, mais en pratique directement rattaché à la direction internationale : les Faucons libres du Kurdistan [3]. C’est là une technique typiquement dachnak, que le PKK n’avait jamais utilisée auparavant. Il n’est pas absurde de se demander si cette idée ne vient pas des terroristes prêtés par la FRA au groupe kurde.

Le 30 décembre 1995, l’Armenian Reporter publie un article selon lequel un groupe appelé « Résistance arménienne » menace de s’en prendre à des objectifs turcs. Rodomontade ou menace sérieuse ? En tout cas, la Janes Intelligence Review écrit, en septembre 1998, que des membres de l’ASALA, partis du Liban et de Chypre-sud, se sont rendus à Téhéran pour discuter, avec les services secrets iraniens, d’une réactivation du groupe terroriste, contre la Turquie. Cette hypothèse n’a heureusement plus lieu d’être aujourd’hui, avec l’amélioration notable des relations turco-iraniennes.

Par contre, la violence contre le personnel diplomatique turc, par des militants arméniens, se poursuit au moins jusqu’en 1999, même si ce n’est plus nécessairement avec des bombes et des armes à feu. Bonnie Jay Kaslan, présidente de la Turkish American Association of California dans les années 1980, puis consul honoraire de Turquie en Californie, vit depuis longtemps sous la protection du FBI. Malgré cela, elle a reçu de nombreuses menaces de mort, et même, en 1985, un paquet que les artificiers de la police antiterroriste ont jugé préférable de détruire (le contenu ne fut jamais révélé, même à la principale intéressée). Elle est agressée pendant le procès de « cinq de Los Angeles », forçant la police à intervenir. La dernière tentative d’attaque physique contre elle a lieu le 30 avril 1999 [4].

La dernière attaque physique connue, contre une association turque, eut lieu le 8 avril 2000, quand la Nuit turque, organisée chaque année par les étudiants turcs aux États-Unis, fut interrompue, dès 20h 30, par un groupe de militants arméno-américains, qui beuglaient des propos racistes et brisèrent les vitres de la salle de danse. Les agresseurs portaient des t-shirts sur lesquels figurait cette phrase : « La Turquie est coupable de génocide (Turkey is guilty of genocide) ». Le département californien de la sécurité publique envoie dix voitures de police pour protéger les étudiants turcs, puis demande, à 22 heures, l’annulation de la Nuit turque, affirmant ne pas avoir les moyens de protéger les participants [5]. Les évènements festifs, organisés par des associations sont traditionnellement une cible privilégiée, ayant à subir de nombreux attentats, y compris des plasticages, depuis 1976, tout particulièrement lorsque ces fêtes ont lieu en Californie [6].

En 1993, le parti Hintchak manifeste ouvertement son soutien au PKK. Il n’est pas interdit de supposer que ce soutien, jamais démenti depuis, n’est point exclusivement verbal.

B) Redéploiement

Dès 1989, le terrorisme arménien se réactive, contre l’Azerbaïdjan cette fois. Le premier attentat a lieu le 16 septembre de cette année, contre un bus ; il fait cinq morts et vingt-cinq blessés. Les derniers actes des terroristes arméniens contre l’Azerbaïdjan sont les terribles attentats contre le métro de Bakou, les 1er février, 19 mars et 3 juin 1994, qui font au total 31 morts et 116 blessés [7].

Le 1er août 1993, la FRA organise le double attentat qui coûte la vie à Viktor Polianitchko (haut fonctionnaire russe) et au général ossète Safonov [8].
En 1994, le président Levon Ter Petrossian justifie l’interdiction pure et simple de la FRA en Arménie en arguant que ce parti avait implanté en Arménie une organisation mafieuse et terroriste, le groupe Dro. Une nouvelle fois, le parti dachnak se défend en prétendant que cette organisation rien à voir avec lui.

En 1998, le président Ter Petrossian est renversé par un coup d’État, qui porte à la présidence Robert Kotcharian, un ami de la FRA. Le parti dachnak est aussitôt légalisé. Mais M. Kotcharian semble voué à l’inauguration des chrysanthèmes par son Premier ministre Vazguen Sarkissian (sans lien de parenté avec l’actuel président, Serge Sarkissian, « élu » en 2008). Mais dès le 27 octobre 1999, Vazguen Sarkissian est assassiné, avec plusieurs ministres et membres du Parlement, par un commando que mène un ancien membre de la FRA [9]. Le Monde, qui ne passe pas pour être un journal hostile aux Arméniens, ni même aux dachnaks, raille la version officielle d’un groupe isolé :

« Cette affirmation ne résiste pas à certaines questions. Comment cinq hommes ont-ils pu, au beau milieu de l’après-midi de mercredi, pénétrer, armés de fusils automatiques voyants, dans l’enceinte du Parlement sans être remarqués par les deux barrages de miliciens (un à l’entrée et un dans le hall). Dans la salle des débats, aucune force de sécurité n’est présente et aucun coup de feu ne vient riposter aux rafales des membres du commando. D’autre part et alors que les tueurs ne faisaient pas l’effet d’être des professionnels ― “ils tiraient, non pas depuis l’épaule, mais avaient placé leurs armes au niveau du ventre et ont arrosé la salle de munitions”, raconte un observateur local ―, il apparaît très clairement sur le film qu’ils cherchent quelqu’un dont ils ont vraisemblablement reçu l’ordre d’éliminer : le premier ministre Vazguen Sarkissian sur qui le chef du commando Naouri Hounanian, un quasi inconnu, vide son chargeur.

D’autre part, un certain nombre de ministres, notamment proches du président Kotcharian, étaient opportunément absents, en ce jour de questions des parlementaires au gouvernement. Le ministre de la sécurité, Sergueï Sarkissian, le ministre des affaires étrangères Vartan Oskanian manquaient à l’appel ainsi que Vano Siradeghian, sulfureux personnage, ancien ministre de l’intérieur devenu député et dont le nom a récemment été cité dans une affaire de constitution de bandes armées à des fins d’assassinats politiques [10]. »

Le quotidien vespéral poursuit en rappelant qu’en Arménie, « les assassinats politiques sont fréquents, et, en général, non résolus », citant l’exemple du procureur général de la République arménienne, tué le 6 août 1998, et deux vice-ministres, assassinés quelques mois plus tard.

Peu après le massacre au Parlement d’Erevan, les bureaux de deux journalistes enquêtant sur cet évènement, et ne croyant pas à la thèse officielle, sont détruits par une bombe.

C) Terrorisme physique et terrorisme intellectuel

Hors d’Arménie aussi, la violence physique peut rester de mise pour faire taire les contradicteurs, même si aucun meurtre n’a été, fort heureusement, enregistré depuis les années 1980, grâce aux efforts des différentes polices et autres services de sécurité.

En 1997, Stanford Jay Shaw et Ezel Kural Shaw, usés par vingt ans d’attaques physiques, de diffamations et de menaces, décident de finir leur carrière en Turquie. L’UCLA est dès lors une place forte de la propagande arménienne ripolinée en discours historique.

Le 24 octobre 1998, Kar ahan Mete, citoyen turc et résident permanent aux États-Unis, participe à une conférence intitulée « International Genocide » à l’université publique de Californie, site de Sacramento. Il est l’unique Turc parmi les conférenciers, alors que sept sont des citoyens américains d’ascendance arménienne. Il est violemment pris à partie par deux Arméno-Américains de l’assistance, alors qu’il s’apprête à monter sur le podium. Finalement, troublé, il doit se contenter de présenter un résumé succinct. Le président de séance lui fait comprendre que, par prudence, il vaudrait mieux quitter la salle avant la fin de la conférence et ne pas participer au buffet de clôture [11].

Le 15 novembre 1999, Sema Karaoglu, citoyen américain, vice-président de l’Assembly of Turkish American Associations, diplômé en histoire, est empêché de porter la contradiction sur l’affaire arménienne, lors d’une réunion publique à Sacramento, par des menaces physiques explicites [12].

En 2002, Samuel Weems, docteur en droit et juge récemment retraité, publie Armenia : The Secrets of A « Christian » Terrorist State. Il reçoit un abondant courrier d’insultes ordurières, comprenant des menaces de mort, avant la parution de son livre en librairie [13]. Après la parution, l’auteur subit une campagne de diffamation ne reculant devant aucun mensonge. Malade du cœur depuis plusieurs années, Samuel Weems est emporté par une crise cardiaque dès le 23 janvier 2003.

L’historien Gilles Veinstein est agressé et menacé de mort à plusieurs reprises, peu après son élection au Collège de France, en 1999 [14].
La dernière menace d’assassinat en date, sur le forum d’armenews.com, est proférée en février 2008, contre une personne nommément désignée. Il faut une demi-journée et un courriel menaçant le site de poursuites judiciaires pour obtenir l’effacement du message.

Chaque année, en Arménie et en Grèce, les dachnaks locaux brûlent un ou plusieurs drapeaux turcs, avec parfois quelques fantaisies. Ainsi, le 23 avril 2002, à Erevan, ils rajoutent des étoiles de David aux drapeaux brûlés [15]. Le 24 avril 2006, toujours à Erevan, huit cents flambeaux sont allumés avec la flamme du drapeau turc incandescent [16]. En France même, la dernière destruction par le feu d’un drapeau turc, par des militants arméniens, remonte à 2003.

Conclusion

Le terrorisme n’est pas un simple épisode, limité à une douzaine d’années, et qui n’aurait été le fait que de quelques individus isolés. Il apparaît au contraire comme un phénomène quasi récurrent, fortement lié aux manifestations identitaires et nationalistes arméniennes, des origines à nos jours.

Toutefois, si le terrorisme intellectuel ne paraît pas près de disparaître, ou même de décliner, la violence physique, et même les menaces de violence physique, semblent connaître un déclin rapide. L’ANCA a vivement protesté contre les conférences données par Guenter Lewy pour présenter son livre The Armenian Massacres in Ottoman Turkey, mais cette fédération, comme ses sympathisants les plus agressifs, s’en sont tenus à la gesticulation verbale. Il est vrai que M. Lewy n’a pas encore essayé de s’exprimer en Californie. D’une façon peut-être plus significative, Justin McCarthy a pu prononcer une conférence en Floride quelques jours seulement après l’affaire de la banderole, sans être interrompu par des nationalistes.

En France, face aux réactions croissantes d’associations turques, et de simples citoyens qui ne sont pas d’origine turque, armenews.com commence à se tenir mieux. Dès janvier 2008, la rubrique de commentaire des articles a été fermée. Le forum proprement dit est nettement mieux surveillé depuis le printemps.

Deux enseignements sont à tirer de ces faits :

- L’assimilation commence à faire son œuvre, cette fois d’une manière irrémédiable ;

- La violence du nationalisme arménien est aussi, en partie, dépendante de la vigueur et de l’efficacité des réactions du côté turc.


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« Cause arménienne » et terrorisme
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« Cause arménienne » et terrorisme
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Attentat à la bombe devant le bureau de la Turkish Airlines à l’aéroport d’Orly (Paris), le 15 juillet 1983. Bilan : 8 morts (4 Français, 2 Turcs, 1 Suédois, 1 Américain) et 56 blessés. L’Asala revendique la tuerie.
Emblème de l’Asala
Attaque sanglante de l’Asala à l’aéroport Esenboga d’Ankara le 7 août 1982.
Autriche : les terroristes arméniens assassinent dans sa voiture Erdogan Özen, diplomate en poste à Vienne, le 20 juin 1984.
Les attentats meurtriers de l’organisation terroriste de l’ASALA font la une du magazine Time (édition du 29 septembre 1986).

[1Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, op. cit., p. 109. Voir aussi p. 83.

[3Voir par exemple Soner Cagaptay, « Can PKK Renounce to Violence ? », The Middle East Quarterly, Winter 2007 (http://www.meforum.org/article/1060).

[4Affidavit de Mme Bonnie Jay Kaslan, 25 septembre 2000, disponible en ligne : http://www.ataa.org/reference/topalian/VIS3_Kaslan_Affidavit.pdf.

[5Affidavit de M. Koran Incki, 26 septembre 2000, disponible en ligne : http://www.ataa.org/reference/topalian/VIS4_Incki_Affidavit.pdf.

[6ATAA, A Chronicle of Armenian Terrorism in North America and Elsewhere, pp. 17 et sqq.

[8« Un représentant de Boris Eltsine tué dans le Caucase du Nord », Le Monde, 3 août 1993 ; Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, op. cit., p. 262.

[9« Le Premier ministre arménien a été assassiné en pleine session du Parlement », Le Monde, 29 octobre 1999.

[10« En Arménie, le massacre au Parlement soulève de multiples interrogations », Le Monde, 30 octobre 1999.

[11Affidavit de M. Karahan Mete, 27 septembre 2000, disponible en ligne.

[12Affidavit de M. Sema Karaoglu, 4 octobre 2000, disponible en ligne.

[13Des lettres sont citées dans Samuel Weems, Armenia : The Secrets of A « Christian » Terrorist State, St John’s Press, 2002, pp. 10-11.

[15Rapporté sur le site du Comité de défense de la cause arménienne : http://www.cdca.asso.fr/cdca/cdca-24avril2002.html

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