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Les Chemins de fer du Sud-Caucase (Turquie/Arménie/Azerbaïdjan)

Ecrit par TN-pige, 2008-07-08 13:57:48


Par Hasan Kanbolat
Traduction : Turquie News

L’Arménie reste incapable de vivre en paix avec ses voisins. En guerre ouverte avec l’Azerbaïdjan dont elle occupe plus d’un quart du territoire et dont elle en a déporté plus d’un million de civils, elle lorgne également sur les terres de la Turquie au nom de la sacro-sainte "Grande Arménie", idéologie pan-arménienne visant à anexer tous les territoires au pourtour de l’Arménie que les nationalistes arméniens considèrent intéressants. Ajoutons à celà la vaste propagande révisionniste que les officine arméniennes mènent en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis sous couvert d’organisations "civiles" qui en réalité roulent soit pour l’Etat arménien soit pour la FRA-Dashnaktsoutioun (parti extremiste arménien), on comprend facilement cet isolement croissant dont le peuple Arménien fait les frais alors que ses dirigeants se portent au mieux. Malheureusement l’auteur passe sous silence cette politique agressive de l’Arménie et se restreint aux aspects économiques des chemins de fer.


Surnommée la "Route métallique de la soie", l’inauguration du chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK) devrait avoir lieu à la station de Kars le 24 Juillet prochain, en présence du Président Abdullah Gül, du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, et des Présidents Ilham Aliyev et Mikhail Saakashvili.

Le réseau de chemin de fer qui reliait l’Europe à l’Asie desservait l’Arménie via la Turquie. On distinguait trois axes principaux.

Le premier : Kars-Gumri-Ayrum-Marneuli-Tbilissi ; le second : Ichevan-Kazakh-Bakou et le troisième : Kars-Gumri-Erevan-Nakhitchevan-Méghri-Bakou.

La Turquie a fermée sa frontière avec l’Arménie à cause de la guerre azéro-arménienne et donc les voies de communication - à savoir, l’autoroute d’Alican et le chemin de fer d’Akyaka - en avril 1993, coupant ainsi sa liaison ferroviaire vers les anciennes républiques soviétiques et qui passait par l’Arménie. Par voie de conséquence, il n’y avait plus de liaison ferroviaire UE-Asie, ce qui empêchait la Turquie d’atteindre la Géorgie, l’Azerbaïdjan, la Fédération Russe l’Ukraine, l’Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan, Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan) et la Chine. Le transport ferroviaire entre la Turquie et l’Asie centrale et la Chine s’effectue à travers l’Iran.

L’Arménie est également dans l’incapacité de se servir de son réseau ferré pour commercer avec l’extérieur dans un contexte Est-Ouest, elle ne peut qu’utiliser son chemin de fer que par la voie de l’Iran. Arménie a également du mal à utiliser la route vers la Fédération Russe via l’Abkhazie, qui constitue le corridor Nord-Sud. La Turquie a trouvé que l’idée d’un chemin de fer passant par l’Arménie vers le Caucase et l’Asie centrale n’était pas suffisamment sécuritaire, même à supposer que la frontière soit rouverte. Pour ajouter à la crise, la ligne de chemin de fer qui passe par l’Arménie qui n’est plus utilisée depuis 1993, n’est plus entretenue, est gravement endommagée, voire totalement arrachée par endroits. C’est pourquoi, les réparations nécessaires pour rouvrir la ligne, plus la suppression de tous les problèmes politiques, prendront un bon nombre d’années.

Le projet BTK comprend la construction d’une ligne directe entre la Turquie et la Géorgie et la connexion de cette ligne avec la ligne existante vers Azerbaïdjan. Le BTK sera l’un des plus importants liens entre l’Asie et l’Europe, avec une ligne qui sera construite entre la Chine et le port d’Aktau (Kazakhstan) à l’Est de la mer Caspienne, et pour l’Ouest par la liaison ferroviaire sous le Bosphore – ce qui ouvrira de nouvelles possibilités dans le domaine du transport de passagers et du fret. Il deviendra également une partie des réseaux trans-asiatique avec l’oléoduc Bakou-Caspienne-Türkmenbaşı-Almaty-Chine. 92 des 124 km du chemin de fer seront en Turquie, les 32 autres km en Géorgie. La Turquie a construit en fait que 68 kilomètres pour relier la frontière, le reste existant déjà. La Géorgie quant à elle, construit les 32 km et réhabilite les 160 kilomètres de ligne entre Akhalkalak, Akhali et Marabda. Celle-ci devrait s’achever fin 2011. On estime le nombre annuel de passagers aux alentours de 1,5 millions et un fret de l’ordre de 3 millions de tonnes. Avec une augmentation prévue en 2034 à 3,5 millions de passagers et 16,5 millions de tonnes de fret.

* Une nouvelle ligne ferroviaire : Kars-Iğdır-Nakhitchevan

Après que la liaison BTK soit en service, la Turquie va continuer à travailler sur d’autres projets visant à établir une connexion entre la Turquie et le Sud-Caucase. À cette fin, la Turquie a déjà relevé ses manches sur d’autres projets qui excluent l’Arménie.

Le projet ferroviaire Batoumi-Hopa facilitera le transport entre la Turquie, la Géorgie et la Fédération Russe, en se connectant à la frontière de Sarp sur Hopa et au réseau de la Fédération Russe à travers l’Abkhazie.

En outre, la ligne Samsun-Poti est conçue pour relier la Turquie et la Géorgie, tandis que le projet Kars-Iğdır-Nakhitchevan (KIN) permettra de relier la Turquie et l’Azerbaïdjan.

Avec le projet KIN, au stade de la construction, une nouvelle ligne de chemin de fer va voir le jour pour le Sud-Caucase. Le Nakhitchevan, coupé du reste du pays par l’Arménie, sera ainsi relié à l’Europe par l’intermédiaire d’un chemin de fer passant par Kars. Aliev, qui a rencontré Erdogan dans la région autonome de Nakhitchevan le 4 juin dernier, ont donné un avis favorable au projet et se sont engagés à fournir les fonds nécessaires pour ce faire.

Les études de faisabilité ont été achevées dans les années 1990 par la Turquie, et près de 750 millions de dollars seront nécessaires. L’Azerbaïdjan a déjà fourni 220 millions de dollars à la Géorgie. Erdoğan au cours de sa visite, la première après 16 ans d’interruption, a également donné son feu vert pour des vols réguliers entre Kars, le Nakhitchevan et Bakou. De cette façon, Kars, avec le consulat d’Azerbaïdjan ouvert le 12 avril 2004, sera raccordé au Nakhitchevan par air, rail et route.

Après le Pont de Hasret, qui relie le poste frontière Dilucu au Nakhitchevan, ouvert le 28 mai 1992, le projet KIN sera le deuxième plus grand projet pour relier la Turquie et le Nakhitchevan.

La poursuite de l’occupation arménienne du sol azéri et son manque de réponses aux propositions de la Turquie, ont empêché l’émergence d’un environnement stable et sûr dans le Sud-Caucase depuis la guerre froide. Que la frontière turco-arménienne demeure fermée ou que les tensions entre les deux pays ne s’atténuent pas, et même si la frontière s’ouvrait, la Turquie et l’Azerbaïdjan ont choisi d’exclure l’Arménie de tous les projets régionaux et ont recherché des solutions alternatives pour l’énergie et les communications. Pour cette raison, l’Arménie, qui souffre d’isolement dans la région, doit prendre rapidement des mesures pour ranimer la coopération et l’amitié avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Ces mesures iraient au mieux des intérêts de l’Arménie

Hassan Kanbolat - Today’s Zaman

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