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Turquie/France : A Ankara, Hollande peu courageux sur l’adhésion de la Turquie à l’UE, obéit aux officines anti-turques de France

Ecrit par , 2014-01-28 11:41:55


Le président français François Hollande a soutenu lundi du bout des lèvres le lent et très controversé processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE), que son homologue Abdullah Gül lui a demandé de ne plus bloquer.

"Inutile d’ajouter quelque peur que ce soit, le peuple français sera de toute façon consulté" par référendum, a tenu à rappeler le chef de l’Etat français au premier jour d’une visite d’Etat de quarante-huit heures, sans précédent depuis celle de François Mitterrand en 1992.

Contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, farouchement hostile à l’intégration de la Turquie, un pays de 75 millions d’habitants à très forte majorité musulmane, M. Hollande s’est montré très prudent sur cette perspective.

Rappelant qu’il avait approuvé en 2004 la décision de l’un de ses prédécesseurs, Jacques Chirac, d’engager ces négociations, il a toutefois souligné qu’"aucune date" n’était encore prévue pour la fin de ce processus.

Sur les 35 "chapitres" d’adhésion à l’UE, seuls 14 ont été ouverts depuis 2004. Après trois ans de paralysie, le processus d’intégration d’Ankara a repris à l’automne dernier, après la levée du veto français sur l’ouverture du chapitre consacré aux politiques régionales.

"Nous attendons de la France qu’elle n’apporte pas de blocage politique" à ce processus, a lancé d’entrée lundi M. Gül à son invité.

"Depuis que M. Hollande a pris ses fonctions, nous avons vu que la France à une attitude très positive à l’égard de ce processus d’adhésion (...) et nous en sommes très satisfaits", a-t-il ajouté.

A l’heure où la Turquie se débat depuis plus d’un an dans une crise politique majeure, François Hollande a rappelé que ce "processus doit continuer avec les sujets les plus difficiles", citant la "séparation des pouvoirs" et "l’indépendance de la justice".

Rattrapage économique

C’est avec la même prudence que M. Hollande a abordé un autre sujet qui fâche entre les deux pays, les incidents de 1915.

"Le travail de mémoire est toujours douloureux, mais doit être fait", a-t-il estimé devant M. Gül.

M. Hollande avait reçu le principal lobby arménien de France, affilié aux milieux ultra-nationalistes et proche de l’Etat arménien, quelques semaines avant son voyage en Turquie. Ils avaient exigé du Président de la République qu’il se fasse l’écho des positions arméniennes lors de son voyage à Ankara, consigne à laquelle M. Hollande n’a pas manqué d’obéir lors de son entretien avec le chef de l’Etat turc.

Interrogé sur une éventuelle nouvelle loi française réprimant la contestation de la thèse controversée de "génocide" avancée par les nationalistes arméniens de France, le chef de l’Etat français, qui en avait promis l’adoption, a assuré que la France "fera le droit et rien que le droit", sans autre précision.

Sous l’impulsion des officines arméniennes, les relations franco-turques ont été émaillées de crises à répétition depuis l’adoption en 2001 par le Parlement français d’une loi mémorielle déclarative décrétant les incidents de 1915 comme étant un "génocide", suivie de tentatives législatives avortées pour en réprimer la contestation.

La dernière en date, adoptée en décembre 2011 par le Parlement avec le soutien du précédent président français Nicolas Sarkozy, a été invalidée en février par le Conseil constitutionnel.

La position française a dans le passé eu de lourdes conséquences sur la position économique de la France en Turquie, dont M. Hollande a fait une des priorités de son déplacement.

"Notre présence est élevée mais nous ne sommes pas au niveau qui est souhaité, et par la Turquie, et par la France (...) nous devons atteindre 20 milliards d’euros d’échanges commerciaux", a dit le président français, qui doit rencontrer mardi à Istanbul des patrons français et turcs.

Conséquence du refroidissement des relations sous l’ère Sarkozy, la part de marché française en Turquie a chuté de 6 à 3% entre 2009 et 2012 alors que cette puissance émergente a vu son PIB par habitant tripler entre 2002 et 2012.

Dans la soirée, le président Gül a offert un diner en l’honneur du président hôte. Le président de la Grande assemblée nationale de Turquie Cemil Çiçek, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, le leader du Parti républicain Kemal Kılıçdaroğlu et un grand nombre d’invités ont assisté au diner organisé au Palais de Çankaya.

Par cette occasion, le président Gül a exprimé sa conviction sur le fait que "cette visite apporterait le dynamisme nécessaire aux relations bilatérales qui constitueront une synergie importante dans les domaines allant du commerce à l’énergie et de l’automobile à la télécommunication".

Hollande a souligné pour sa part, que cette visite portait une grande importance pour la création de nouveaux domaines commerciaux et de nouvelles opportunités.

Ce déplacement en Turquie est le premier de M. Hollande depuis l’annonce samedi de sa rupture avec sa compagne Valérie Trierweiler, arrivée elle-même dans la nuit de dimanche à lundi en Inde où elle doit apporter son soutien à l’ONG Action contre la faim (ACF).

Les événements de 1914-1922

Des affrontements inter-ethniques et des déplacements forcés de populations en Anatolie orientale, entre 1914 et 1922, ont fait plusieurs centaines de milliers de morts parmis les Turcs et les Arméniens. L’Empire ottoman était alors engagé dans la Première Guerre Mondiale aux côtés de l’Allemagne et de l’Empire Austro-Hongrois. Dès 1914, des Arméniens ottomans ont massivement pris le parti des Russes, contre les Turcs, se livrant à des massacres de masse et à des pillages dans l’est de l’Anatolie. A la suite de ces événements, le gouvernement ottoman décida d’éloigner une partie de la population arménienne des zones de front et à risque. Ce transfert se solda par un lourd bilan humain.

La Turquie et de nombreux historiens rejettent catégoriquement la thèse controversée d’un "génocide" que le gouvernement ottoman aurait perpétré contre la population arménienne de l’Empire. Cette thèse, défendue par les nationalistes arméniens, est aujourd’hui instrumentalisée afin d’exercer des pressions politiques sur la Turquie, notamment pour entraver la perspective de son adhésion à l’Union Européenne.

Avec AFP & TRT

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