facebook
twitter
rss
EURTRY:
logo

A propos de la commémoration des événements de 1915

Ecrit par TN-pige, 2008-05-06 10:38:48


Turquie News - www.turquie-news.fr - Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir un article de François BERNARD publié le 06 mai 2005 à propos des "commémorations" organisées par les organisations nationalistes arméniennes chaque année le 24 avril et le défouloir anti-turc que la majorité de ces manifestations imprégnées de turcophobie et d’intolérance représentent.

La photo ci-contre prise à Erevan au mémorial du "génocide" illustre bien l’état d’esprit et la véritable raison d’être de ces manifestations violentes et anti-turques devenues au fil de temps de véritables festivals de la turcophobie avec les extremistes comme chefs d’orchestre : réconforter les ultra-nationalistes arméniens dans leur racisme primaire et se dédouaner de tous les crimes arméniens commis contre les populations civiles turques entre 1914 et 1922 en y jetant un voile de doute et de déni. Chaque participant à la manifestation est forcée de piétiner le drapeau turc pour déposer une fleur au mémorial... pas le choix... et on imagine facilement les effets pervers que peuvent avoir ce genre de "spectacles" nauséabonds auprès des enfants qui sont entrainés dans ces manifestations. Une future génération de turcophobes ... ?

Le lobbying à échelle industrielle dirigée et financée par les franges extrémistes arméniennes met en jeu des moyens colossaux afin de maintenir une désinformation permanente autour de tout ce qui touche aux Turcs et/ou à la Turquie. En France (véritable laboratoire d’essai de la turcophobie après la Californie), certaines des principales manifestations ultra-nationalistes arméniennes sont notamment dirigées, animées et financée par des publicitaires mettant au profit de la doctrine nationaliste arménienne toutes les techniques de communications et de manipulation du "consommateur" utilisées dans le métier afin de mener une propagande raciste et anti-turque perpétuelle fondée sur l’ignorance du "consommateur"... le "consommateur" étant, en l’occurrence, l’opinion publique française.

Nous vous souhaitons bonne lecture...


A propos de la commémoration des événements de 1915

par François BERNARD

Chaque 24 avril, les organisations militantes Arméniennes commémorent le " génocide " perpétré par les " Turcs " en 1915 mettant, de par le coté unilatéral des thèses qu’elles développent, un peuple, un pays, une civilisation au ban des nations dites civilisées.

La présentation de ce qui est probablement l’une des plus importantes tragédies du début du XX ième siècle semble relever non pas d’une amnésie collective mais plutôt d’un " déni de mémoire " et par là, de justice.

Dans de nombreux pays occidentaux, notamment là où de puissantes diaspora de la communauté Arménienne sont présentes et actives, la présentation des faits, leur déroulement, leurs causes relèvent exclusivement de la version officielle soutenue par les " victimes " et est devenu, au fil des manifestations et des soutiens parfois intéressés, norme incontestable (pas encore juridiquement mais effective dans l’espace du " politiquement correct ") et incontestée. Ainsi, quelques parlements Nationaux et organisations politiques se sont appropriés une seule vérité, parfois plus pratique, au mépris du respect de certains des principes fondamentaux qui ont bati notre liberté et notre Europe, principes que pourtant, ils sont censés faire appliquer ou promouvoir.

La machine médiatique aidée en cela par certains politiques, érige en dogme absolu et intangible soit par complaisance soit par ignorance soit encore par facilité, un pan de l’histoire, réel certes, mais incomplet et partiel pour ne pas dire partial.

Dire cela ne signifie absolument pas nier la réalité des massacres évoqués, événements qu’aucun peuple l’ayant vécu ou subi ne peut et ne doit passer sous silence dans l’approche de son histoire ! cela signifie seulement qu’un peuple, un pays et a fortiori deux pays et deux peuples ne peuvent faire la paix avec eux-mêmes et entre eux-mêmes que si l’histoire qui les sépare est commune et mutuellement reconnue.

Ce ne sont pas les événements qui ont pu se produire à cette époque (déportations, massacres, exactions,…) qui sont niés par les Turcs ; ce sont seulement les conditions dans lesquels ils ont pu se produire qui ne sont et ne peuvent pas, d’après eux, être acceptées et reconnues !

Certains lecteurs parmi les plus extrémistes considèreront que ce qui vient d’être dit est une négation des événements terribles qui se sont déroulés dans cette période ; cela ne m’étonnerait pas car d’une part, refuser le dialogue en s’abritant derrière ce terme de "négation" est commode et facile d’utilisation, et d’autre part, cela signifierait seulement que, plutôt que de lire ce billet et de comprendre l’esprit dans lequel il a été écrit, ils relisent leur texte, la même partition qu’ils diffusent avec patience et persévérance depuis de nombreuses années…

Il est difficilement acceptable et compréhensible que, sous la pression, certains pays Européens, et en premier lieu la France, s’alignent aveuglément sur une seule thèse, une seule vision, une seule explication des événements ; en faisant cela, l’Europe en général et la France en particulier perdent ce qui a fait a puissance de leur pensée : la liberté de penser !

Imaginons un peu de " politique fiction " : si, en France, par une loi votée dans une Assemblée Nationale dévouée au pouvoir, le Gouvernement annonçait qu’il s’était décidé à supprimer l’article 80 du code de procédure pénale Français, probablement peu de personnes, hors certains intellectuels et les professionnels concernés, comprendraient l’enjeu et les conséquences d’un tel vote.

L’article 80 du CPP dispose en résumé que " le juge d’instruction, dans toute les cas de crime et délits dont ilest saisi, doit instruire le dossier à charge et à décharge et diligenter par conséquent toute enquête qu’il jugera nécessaire pour la manifestation de la vérité ". Aussi terrible ou abominable que soit le crime dont il est accusé, le mis en examen à droit a une défense sereine et à une administration de la justice équitable.

C’est le rôle de la justice, c’est son honneur également !

Cela serait dans certains cas beaucoup plus simple, en supprimant cet article 80, de le remplacer par : " s’il est personnellement et intimement convaincu de la culpabilité du mis en examen ou si cette culpabilité est le sentiment majoritaire de l’opinion publique informée par les avocats de la partie civile (plaignant) ou si des raisons de politique interne nécessitent la culpabilité du mis en examen, le juge d’instruction peut instruire seulement à charge sans prendre en compte les éventuels éléments infirmant la culpabilité ou atténuant la responsabilité du mis en examen".

Il me semble qu’à la lecture d’une telle disposition, tous les hommes et les femmes de ce pays, tous partis politiques confondus (ou presque !) se lèveraient ensemble pour s’opposer à ce qui serait assimilé à juste titre à un déni de justice, à une atteinte impensable et intolérable aux droits de l’homme, de la justice et de la vérité. Personne ne resterait insensible à ce qui ouvrirait la porte à une justice à plusieurs vitesse, à une justice de circonstance, à une justice indigne car ayant dans les fléaux de la balance deux poids manifestement inégaux !

Ce qui choquerait au plus profond de leur être et de leurs convictions les hommes et les femmes de ce pays ne les choque plus lorsqu’il s’agit de la Turquie et des Turcs : ceux-ci n’ont pas même le droit de présenter leurs arguments, leur défense, leur point de vue, leurs archives, leurs explications et même leurs profond regrets pour ces événements sanglants. Pourquoi ? parce qu’au delà de la présentation univoque des faits par une seule partie, un "a priori" domine : concernant tout ce qui vient de la Turquie et des Turcs, cela ne peut être que manipulation, falsification, mensonge, affabulation, exagération, négation ou négationisme alors que par postula, la partie Arménienne est par a priori totalement crédible sans réserve aucune !

Bien que ce qui vient de la Turquie ou des Turcs soit passé au filtre des préjugés depuis longtemps distillés dans nombre de livres scolaires, dans nos comportements de condescendance affectée issue de notre grandeur passée d’empire colonial universel, ne serait-ce pas là la marque même d’une discrimination que notre projet de construction politique Européenne par sa nature, combat ?

Il suffit parfois que nos compatriotes se rendent en Turquie pour voir la réalité d’un pays qui, certes n’est pas parfait (mais y en a-t-il un qui le soit ?), mais n’est pas ce que l’on décrit dans les caricatures médiatique savamment choisies qui perpétuent l’image d’une Turquie plus arabe qu’européenne et plus moyenâgeuse que moderne ; quelle est la surprise de nos compatriotes débarquant dans une Istanbul moderne qui n’a rien à envier aux capitales les plus modernes, loin des clichés faciles des documentaires télévisés dans lesquels tout bon reportage sur la Turquie commence par des vues de rues grouillantes d’une population choisie souvent sur le marché de Mahmut Pacha flânant devant des étals incertains au son de l’appel du muezzin.

Certes, ces images ne sont pas Istanbul et Istanbul n’est pas la Turquie ; mais quelle est la réaction et les sentiments de nos compatriotes lorsque sur certaines chaînes de télévision Nord Américaines, la France est présentée avec uniquement des images des quartiers nord de Marseille ou de certaines banlieues défavorisées de la région Parisienne ou Lyonnaise ? sont-elles réellement le reflet de toute la société Française ou servent-elles des objectifs autres que l’information du public ?

Les amalgames, parfois servis par des films à succès ou des contre-véritées, sont faciles à faire intérioriser et les "a priori" le sont encore plus…y compris aux politiciens qui parfois, pour les plus ardents pourfendeurs de la Turquie, ne se sont même jamais rendus dans ce pays pour se rendre compte, par soucis d’objectivité, par eux-mêmes !

Les événements de 1895-1922 ont impliqué au delà des Arméniens et des Turcs, les grandes puissances Européennes qui ont concouru à leur manière, à la décadence et au dépecage de l’empire Ottoman et ce dès la mise en œuvre des premières réformes du Tanzimat dans la seconde moitié du XIXième siècle : ces puissances, dont les stratégies et les comportements étaient logiques compte tenu des contraintes géopolitiques Européennes de l’époque, se doivent aujourd’hui de participer et d’encourager l’établissement d’une histoire commune, vérité commune, quelle qu’elle soit, et même si cette vérité ne doit pas plaire aux Turcs, aux Arméniens ou à d’autres parties en cause … !

Le choix d’aujourd’hui a donc été fait, soit par absence d’alternative, soit par calcul, soit par une ignorance coupable, de ne commémorer que la mémoire des victimes qui sont "proches de nous". C’est une réaction qui peut être humainement compréhensible car on est toujours plus proche de ceux qui nous ressemblent (grâce à ce qui nous rassemble) que de ceux pour lesquels on a moins de points communs.

Cette discrimination, poussée à son paroxysme parce qu’elle touche à des morts, est devenue négation systématique des douleurs que peuvent avoir subi ce peuple Turc et refus de toute tentative d’explication ou de présentation différentes des faits qui se sont déroulés dans ces années terribles.

Les opinions publiques européennes, traduisant de façon inconsciente un tropisme de Turcophobie qui puise ses racines dans leur culture judéo-chrétienne, semblent s’accommoder sans mal de ce devoir de mémoire partial incompatible avec les valeurs humanistes défendues par l’Europe.

La Turquie d‘aujourd’hui ne fait pas que regarder son passé avec fierté comme tout pays mais elle tente, progressivement et parefois dans la difficulté, d’y faire face, pour les moments glorieux comme pour les autres ; il y a peu de chances qu’elle puisse jamais accepter une lecture de l’histoire qui lui nie son droit à exprimer les souffrances et les douleurs de son propre peuple.

Des millions de Turcs furent les victimes de la purification ethnique pratiquée dans les Balkans par les Grecs, les Bulgares, les Macédoniens, les Serbes, et dans le Caucase, par les Russes ; il n’en est que très rarement fait état dans les manuels Européens ou dans les études des historiens qui soutiennent les thèses distillées par les certains milieux Arméniens.

Du milieu du 19ème siècle aux Guerres Balkaniques (1912-1913), des centaines de milliers de Turcs ont été exterminés par le seul fait de leur religion, de leur culture ou de leur origine. cela rappelle malheureusement d’autres faits similaires...plus ou moins récents.

De part et d’autre, des atrocités ont été commises ; la part de celles commises par l’empire Ottoman a peut être été plus importante que d’autres du fait de la possession d’un appareil d’état : c’est fort probable. Mais cela n’explique pas la différence de traitement qui est réservée aujourd’hui aux Turcs.

Si l’Europe veut rester fidèle à ses principes, elle se doit de porter un regard juste et équilibré sur la tragédie de 1895-1922 et, dans un réel devoir de mémoire permettant le nécessaire travail de deuil et l’indispensable construction d’un avenir de paix, de respecter toutes les mémoires, quel que soient les symboles religieux qui décorent les tombes, lorsqu’il y en a.

François BERNARD

http://www.france-turquie.com/artic...

Arménie histoire Question Arménienne Turcophobie Turquie
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2019 | Mentions légales PageRank