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"La Turquie et l’Europe : un destin commun ?"

Table ronde mardi 29 janvier 2007 à l’Université Paris V en présence de l’ambassadeur de Turquie en France Osman Korutürk

lundi 18 février 2008 | par Centre Culturel Anatolie


Dans le cadre de la formation dispensée à de futurs juristes, politologues, hauts fonctionnaires, par un établissement supérieur de l’Education nationale, la Faculté de Droit de l’Université René Descartes (Paris V), a tenu une table ronde en présence de l’ambassadeur de Turquie en France : "La Turquie et l’Europe : un destin commun ?".

Bien entendu, les organisations extrémistes arméniennes sont en furie et comme d’habitude, entendant régenter la communication française sur la Turquie selon leurs dogmes, ont diffamé la réunion et ses organisateurs sur leurs sites.

UNIVERSITE RENE DESCARTES PARIS V - FACULTÉ DE DROIT - CENTRE DE PRÉPARATION AUX CONCOURS CIVILS DE LA FONCTION PUBLIQUE en collaboration avec le CENTRE CULTUREL ANATOLIE

"La Turquie et l’Europe : un destin commun ?"

Annie Gruber, agrégée de droit public a signalé que ces tables rondes, qui s’inscrivent dans le cadre de la coopération de l’Université René Descartes (Paris V) avec l’Université Marmara d’Istanbul, auraient lieu « chaque année tant que la Turquie ne sera pas entrée dans l’Europe ».

Premier orateur, Ibrahim Kaboglu, co-organisateur de l’Université de Marmara a conclu son exposé sur les constitutions de son pays en souhaitant que les citoyens turcs soient associés à l’élaboration de la future Constitution.

Conformément au titre de son exposé, Annie Gruber a instruit le public sur les progrès de la Turquie pour contrer les images faussées et qualifié les réticences européennes de données irrationnelles d’un inconscient collectif. « Opposer la croix et le croissant n’a aucun sens quand il s’agit de partager la laïcité ».

Demir Onger a déploré qu’en France et en Allemagne, « l’adhésion même lointaine de la Turquie est devenue un élément de politique intérieure ».

Alain Bockel a souligné le côté pour le moment inabouti des réformes.

Baskin Oran évoqua la « peur de l’éclatement de la Turquie » chez les Turcs (ce qu’il appelle la « paranoïa de Sèvres »).

Baskin Oran a qualifié d’islamophobes des pays comme la France et l’Allemagne, dont la population compte pourtant plus d’un dixième de musulmans issus de l’immigration. Il a affirmé, que « les opposants de la Turquie dans l’Europe, ceux d’Europe et ceux de Turquie, s’allaitent mutuellement ».

Didier Mauss a exprimé le soutien de l’Association internationale de droit constitutionnel à Ibrahim Kaboglou, qui en est membre, et se tournant vers l’ambassadeur de Turquie, a déclaré : « Nous sommes attentifs aux désagréments qui jalonnent son parcours. »

Son exposé a concerné la situation de l’Europe en matière de constitutionnalisme.

Le débat

Répondant à une question, Annie Gruber a mentionné d’autres arguments en faveur de l’adhésion de la Turquie (arguments économiques surtout) et a exclu un partenariat privilégié.

Les farouches opposants à la Turquie, dont les organisations extrémistes arméniennes, étaient présent et n’ont pas manqué de vouloir perturber la réunion.

Ainsi, un représentant d’association internationale de défense des droits de l’homme, a tenu à faire une homélie antiturque bien que M. Jacques Buisson lui ai demandé se se contenter de poser sa question.

Néanmoins, il a conservé la parole en proférant les apostrophes habituelles, concernant les minorités qui seraient maltraitées en Turquie, à quoi M. Onger, président de l’Institut Anatolie, a rappelé qu’en Grèce, les Turcs n’étaient pas traités à égalité, et avaient des difficultés à réparer leurs mosquées.

Puis, une perturbatrice apostropha Annie Gruber sur le génocide arménien.

Annie Gruber a indiqué : "Je trouve choquant qu’on exige cela. Chaque pays a des zones d’ombre et il n’appartient à personne d’imposer à un autre d’assumer son histoire", et elle a signalé qu’on avait pas à exiger d’un pays qu’il reconnaisse ses pages sombres pour l’intégrer, que c’était choquant.

Une étudiante turque a parlé du refoulé du génocide arménien parmi les motifs de rejet de la part des Européens, et s’est plainte qu’on en parle toujours. « On dit qu’il y a de la torture en Turquie, mais il y a aussi de la torture en France. », et elle a rappelé qu’il s’agissait de « massacres réciproques ».

M. Buisson a déclaré : « Il faudrait faire la lumière sur le fait que ces deux peuples ont connu une fraternité exemplaire sous l’Empire ottoman et il y a eu ces événements. » et s’est prononcé en faveur de la commission d’historiens arméno-turque proposée par Recep Tayyip Erdogan et le président de la République turque Abdüllah Gül. Il a conclu : « En France, on part du principe qu’une telle chose a existé et que la Turquie refuse. »