EURTRY:

Accueil > Nos rubriques > Europe > Olli Rehn n’adhère pas à la politique Française (...)

Olli Rehn n’adhère pas à la politique Française anti Turque

La réalité est têtue

Ecrit par Behor, 2007-06-24 00:46:03


Et ce n’est pas l’affirmation d’un simple turcophile inconditionnel : c’est Olli REHN, lui-même le commissaire européen chargé de l’intégration, qui l’a affirmé publiquement, dans un discours prononcé le 20 juin 2007 à l’Ecole Nationale d’Administration à Strasbourg.

Rappelons que l ‘ENA, crée en 1945 est la représentation emblématique d’une vision politique des choses « à la française » : pendant des décennies, cette école a été le but à atteindre, à l’issue d’études secondaires dans les filières adéquates, des jeunes gens de (très) bonnes familles, son entrée ouvrant automatiquement les portes de carrières politiques à ceux qui, pour cela, devaient également disposer d’appuis familiaux et de réseaux influents. Force aura été de constater au fil des trente dernières années, qu’il ne suffit pas d’avoir « intégré l’ENA » et de savoir rédiger brillamment essais et études préfectorales destinées à différents ministères, pour acquérir le cran, le courage, la sagacité indispensable à tout politicien qui se respecte. Il suffit pour s’en convaincre d’examiner la vie politique française depuis 1974 et d’essayer de comptabiliser parmi ses anciens élèves, dont ceux ayant atteint des postes les plus élevés de la politique française, qui aura eu une action « éclatante » sortant la France de l’ornière.

Voici des extraits de son discours, qui contredit la position du président français Nicolas Sarkozy contestant la vocation d’Ankara à rejoindre l’UE.

« La perspective d’une adhésion de la Turquie à l’Union européenne est "plus que jamais pertinente. D’un point de vue historique et stratégique, c’est plus que jamais pertinent"

Il a tenu à souligner que la Turquie était
"partie prenante depuis cinquante ans" du processus d’intégration européenne, via sa présence au sein du Conseil de l’Europe et de l’Otan.
"Pourquoi la Turquie reste-t-elle aussi importante ? Parce qu’elle joue un rôle clé dans le dialogue des civilisations et les relations avec l’Islam",
"C’est une opportunité que nous ne devons pas laisser passer. L’occasion de montrer que l’Islam, la deuxième religion du monde, est compatible avec l’Europe et ses valeurs, à savoir le respect des droits de l’homme et de la démocratie"..

Concernant le "partenariat privilégié" prôné en France, il l’a balayé avec juste raison.
"Cette idée peut paraître séduisante", a-t-il noté, si ce n’est que ce partenariat existe déjà, du fait de l’accord d’association UE-Turquie de 1963 et de l’union douanière établie en 1993, et que "la Turquie ne veut pas entendre parler d’autre chose que d’une adhésion". "Nous nous heurterions à une fin de non recevoir"

De toutes façons, les négociations d’adhésion ayant officiellement débuté le 4 octobre 2005, on ne peut les interrompre pour convenances « personnelles » sans gravement et durablement décrédibiliser les instances signataires européennes.

Pour la même raison, une « Union de la méditerranée" n’offre aucun intérêt supplémentaire au processus "Euromed" lancé à Barcelone en 1995 et ne peut être une monnaie d’échange sérieuse.

"Si la perspective d’intégration s’éloigne, c’est la démocratie et la stabilité turque qui sera affectée et par ricochet la nôtre", a t-il asséné.

Mot-clé :
Intégration Union Européenne (UE)
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2019 | Mentions légales PageRank