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Adhésion de la Turquie à l’UE : les palinodies continuent

les finesses du langage diplomatique


Ecrit par Behor, 2007-12-12 10:10:00


Les ambassadeurs des Vingt-Sept se sont affrontés mercredi 5 novembre 2007sur les conclusions de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, ainsi que sur le mandat du "comité des sages chargé de réfléchir à l’avenir de l’Europe" que le Conseil européen du 14 décembre doit adopter, à la demande de Nicolas Sarkozy.

Ils doivent se rencontrer vendredi pour parvenir à un consensus afin de tenter de vider ce qui devient une querelle sémantique.

Car si un diplomate annonce "ce n’est pas la peine de se battre sur des mots", lorsqu’il s’agit des perspectives d’adhésion de la Turquie, les mots comptent triple, voire quintuple.

Bien que la France ait, pour le moment, rallié la présidence portugaise à ses thèses, certains pays veulent modifier la formulation dans un sens plus favorable à Ankara et plus conforme aux négociations entreprises depuis 1963.

Le président français a d’abord annoncé pendant la campagne présidentielle son intention d’arrêter les négociations d’adhésion avec la Turquie qui selon ses termes, n’avait simplement "pas sa place en Europe", ce qui a permis accessoirement de ravir des électeurs d’extrème droite au FN de Le Pen et au MPF de de Villiers, viscéralement antiturcs et antimusulmans.

Puis une foi élu, il a remodelé sa position : il accepte que des pourparlers se poursuivent mais pas sur les chapitres de la négociation qui impliquent automatiquement l’adhésion, notamment l’entrée dans l’euro, position calquée sur celle de l’entourage d’Angela Merkel. Et Paris approuverait l’ouverture fin décembre de deux nouveaux chapitres - sur la protection des consommateurs et des réseaux transeuropéens -, qui s’ajouteront aux cinq chapitres déjà ouverts, à condition qu’un comité des sages soit formé pour débattre de l’Europe à l’horizon 2020-2030. (pour en fixer les frontières : en excluant la Turquie ?)

La présidence portugaise de l’UE a accepté ces exigences et ainsi le projet de conclusions des ministres des Affaires étrangères ne fait pas explicitement référence à l’adhésion de la Turquie.

"Les Français semblent avoir obtenu gain de cause parce qu’ils ont en principe réussi à sortir du texte le mot ’adhésion’" et "L’objectif français est que l’on se situe dans le cadre de ce qu’a annoncé Sarkozy et de ne pas dire le contraire de ce qu’il s’est engagé à faire. Le souci est de ne pas qualifier les négociations et de ne pas dire explicitement qu’elles mènent à l’adhésion", ont expliqué des diplomates.

Si "Cela nous convient", souligne-t-on de source française, ces finesses de langage et le mandat du comité des sages suscitent un certain scepticisme dans plusieurs Etats membres et entraine la fronde de pays non arcqueboutés par principe contre l’entrée de la Turquie.

Menés par le Royaume-Uni et la Suède, fort d’une douzaine de pays, ses représentants estiment que tout cela ne va pas assez loin et qu’il faut se montrer plus respectueux des engagements pris avec la Turquie.

Et un responsable de la présidence portugaise indique "On va chercher à ménager les sensibilités des uns et des autres, on y travaille".

Plusieurs partenaires de la France tiendraient à "récompenser" Sarkozy d’avoir fait accepter l’idée d’un traité simplifié approuvé par voie parlementaire, écartant d’office un nouveau référendum, bien que 55% des français se soient opposés à la constitution, que leur vote n’est donc pas pris en compte et que leur volonté exprimée est finalement contournée malgré eux.

Le gouvernement français est même prêt à amender la Constitution française pour supprimer l’obligation, introduite par Jacques Chirac, d’organiser un référendum sur les adhésions des nouveaux pays, comme la Macédoine ou la Serbie, procédure evidemment à haut risque compte tenu des votants actuels.

Au sujet du comité des sages : Les "sages" seraient pour le moment des hommes d’affaires, des syndicalistes, des personnalités académiques ou des intellectuels de haut vol - une douzaine de personnes en tout, et on cite l’ancienne présidente lettone Vaira Vike-Freiberga comme présidente possibe de ce comité, et l’ancien président du fabricant de téléphones Nokia, Jorna Ollila, comme un de ses membres, qu auraien deux ans pour rendre leur rapport.

Ceci pour ne perturber ni le calendrier de ratification du nouveau traité, (qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2009), ni interférer avec la présidence française de l’UE, au second semestre de 2008, explique-t-on de source diplomatique.

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