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Adhésion à l’UE : la Turquie satisfaite du "début de changement" de la France


Ecrit par Hakan, 2013-02-20 08:00:00


[avec AFP] - Le "début d’un changement". Le ministre turc aux Affaires européennes Egemen Bagis salue ainsi la position de la France sur l’entrée de son pays à l’Union européenne, après la levée annoncée du veto qu’exerçait Paris sur un des chapitres des négociations d’adhésion.

"C’était une chose logique à faire. Bloquer le processus d’adhésion de la Turquie n’a aucun sens", estime Egemen Bagis dans un entretien accordé à l’AFP à la veille d’une rencontre avec son homologue français Bernard Cazeneuve à Paris.

La Turquie a entamé dès 2005 des négociations d’adhésion à l’UE. Mais les pourparlers patinent en raison de l’hostilité de pays européens comme la France et l’Allemagne à une pleine adhésion turque, et aussi de blocages d’Ankara. La Turquie refuse notamment d’élargir à Chypre, sous administration chypriote-grecque et membre de l’UE, le bénéfice des accords de libre circulation qui la lient au bloc européen. Ce refus a entraîné le gel de plusieurs chapitres de négociation. Sur les 35 prévus, 13 seulement font l’objet de discussions et un seul à été conclu.

Virage

L’ancien chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, qui avait fait une partie de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 sur son refus de l’entrée de la Turquie dans l’UE, a opposé son veto à cinq de ces chapitres.

Après l’arrivée à l’Elysée du socialiste François Hollande en mai 2012, la France vient d’amorcer un prudent virage. Son chef de la diplomatie Laurent Fabius a fait savoir la semaine dernière qu’il était prêt à lever son blocage sur un des chapitres gelés, celui qui porte sur les politiques régionales. La Turquie a accueilli avec satisfaction l’élection de François Hollande, moins hostile que son prédécesseur à son éventuelle adhésion. Malgré la promesse du nouveau président de faire adopter une nouvelle loi pénalisant la négation du génocide arménien, à l’origine d’un sérieux coup de froid entre Paris et Ankara il y a un an.

"L’attitude de M. Sarkozy était illogique... mais je suis ravi que le peuple français ait décidé de l’envoyer à la pêche plutôt que de le maintenir à la tête du pays, parce qu’il faut un peu de bon sens pour diriger un pays", griffe Egemen Bagis."Nous avons des attentes plus positives de l’administration de M. Hollande", poursuit le ministre. "En Turquie, on dit que la tête qui porte une couronne devient plus sage", ajoute-t-il, "j’espère que la nouvelle équipe de l’Elysée sera plus encline à renforcer ses relations avec un allié important" comme la Turquie.

Au-delà de la France, celui qui est aussi le négociateur en chef de la Turquie avec l’UE espère une relance du processus d’adhésion de son pays, un bloc de 75 millions d’habitants à forte majorité musulmane classé au 17e rang économique mondial.

"Tout ce que l’Europe a à faire, c’est de donner à la Turquie une date précise pour son adhésion et dire que, si la Turquie satisfait à tous les critères, elle deviendra membre à telle date", juge M. Bagis, "ainsi nous retrouverons du jour au lendemain le soutien du public (turc) à ce processus". Car au fil des ans, l’opinion publique turque est devenue de moins en moins europhile. Une enquête publiée en janvier a évalué à 43% seulement la proportion des Turcs prêts à voter "oui" à un référendum sur l’adhésion à l’UE. La crise financière qui frappe les pays de la zone euro joue également dans le scepticisme de la Turquie qui, après deux années de croissance tonitruantes en 2010 et 2011 (8,9% et 8,5%), en a subi le contrecoup en 2012 avec à peine plus de 3%.

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