19 mai 2024

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Turquie : L’armée veut un président laïc mais Erdogan semble faire du forcing

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Le chef d’état-major de l’armée turque Yasar Buyukanit a réaffirmé lundi la position des forces armées à vis à vis de la laïcité. Le prochain président devra défendre la laïcité, non seulement dans ses discours mais également dans ses actes.

"Nous maintenons ce que nous avons dit (...) Nous l’avons dit avec conviction", a déclaré le chef d’état-major de l’armée turque, alors que
des journalistes lui demandaient s’il maintenait les déclarations qu’il avait faites le 12 avril concernant la désignation du prochain président.
Buyukanit avait alors déclaré "nous espérons que le prochain président sera une personne véritablement attachée aux valeurs fondamentales
de la République, dont la laïcité, et pas quelqu’un qui ne fera qu’y souscrire en paroles"
.

Il s’agit de la première intervention publique de l’état-major turc depuis les élections législatives du 22 juillet dernier, remportées par le parti AKP du Premier ministre Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste.

Erdogan a convoqué ces élections anticipées car l’opposition républicaine et laïque, avait empêché l’élection à la présidence
de son candidat, le chef de la diplomatie, Abdullah Gül.

Le Parlement doit se réunir samedi et le dossier prioritaire à l’ordre du jour est la désignation du nouveau président de la République, qui succèdera à Ahmet Necdet Sezer, un défenseur de la laïcité.

Les républicains et les pro-laïcs de Turquie, très attachés aux valeurs héritées de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République suite à la guerre d’indépendance livrée contre les occupants "Alliés" à la fin de la Première Guerre Mondiale, s’est opposée à la candidature de Gül à cause de ses positions islamisantes.

Reconfortée par le soutien que l’Union Européenne et les Etats-Unis apportent aux islamistes de l’AKP, le parti semble malgré tout tenté de présenter à nouveau la candidature de Gül à la présidence de la République, au risque d’un nouveau bras de fer avec les républicains.

Erdogan, qui a clairement affirmé que le président serait issu des rangs du parti islamiste, a malgré tout prétendu vouloir éviter une nouvelle confrontation à ce sujet et a affirmé qu’il consulterait l’opposition sur le choix du successeur de Sezer.

Gül, s’il était élu président, serait le chef de l’armée et aurait le pouvoir de nommer les plus hauts juges et les présidents d’universités. Il
dément vouloir mettre en oeuvre une politique à caractère islamiste pourtant de nombreux signes allant dans le sens d’une islamisation de l’administration sont visibles depuis que l’AKP est arrivé au pouvoir il y a 4 ans.

avec Reuters


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