Bosnie : "Marcher entre les corps était devenu quelque chose d’ordinaire"

Ecrit par Engin, 2018-07-11 23:39:27


Bosnie : "Marcher entre les corps était devenu quelque chose d’ordinaire"

Avec TRT

"Nous grimpions dans les montagnes pour trouver à manger. Nous marchions entre les corps et ceci était devenu quelque chose d’ordinaire", explique Devra Bavciç, témoin de la guerre de Bosnie.

Devla Bavciç, âgée de 76 ans, a fait par de son témoignage sur la guerre de Bosnie-Herzégovine, qu’elle a vécu dans la ville bosniaque de Goražde, à l’Est du pays.

Le génocide de Srebrenica, qualifié de "plus grande tragédie humaine vécue en Europe après la seconde guerre mondiale", est commémoré à l’occasion de son 23è anniversaire.

Lors d’un entretien accordé au micro de l’agence Anadolu, Devla Bavciç a fait par des ses profonds sentiments et de sa propre histoire.

Deux ans après la guerre, Bavciç est venue en Turquie et s’est installée dans la ville d’Izmir, à l’ouest du pays.

Bavciç explique qu’elle travaillait dans une usine de textile à Goražde et que cette ville aussi a été assiégée par les serbes comme Srebrenica, à la même période.

Elle a expliqué qu’il n’y avait ni eau, ni électricité à cause du siège et qu’ils étaient confrontés à un sérieux problème de manque de nourriture.

"Nous grimpions dans les montagnes pour trouver à manger. Nous marchions entre les corps. Des mères mortes avec leurs bébés entre les bras… des bébés qui pleurent. Nous traversions les montagnes en marchant à côté des morts et avec le sifflement des balles dans nos oreilles", a-t-elle dit, ajoutant "marcher entre les morts était devenu quelque chose d’ordinaire".

Devra Bavciç a affirmé que le décès de leurs proches et le manque de nourritures les avaient vraiment poussé au bord du gouffre.

"Un jour, j’ai pris mes ablutions et je suis sortie dans la rue pour qu’ils me tuent. Les snipers tiraient sans cesse dans les rues. Je me suis promenée les bras ballants mais ils ne m’ont pas touché", a-t-elle dévoilé.

"La nuit, nous ne mettions pas nos pyjamas car nous voulions nous échapper facilement lors de l’arrivée des serbes",a-t-elle ajouté.

Bavciç a indiqué que durant ces jours difficiles, le seul pays ayant réellement soutenu la Bosnie-Herzégovine, a été la Turquie.

"Tout est encore frais dans ma mémoire. J’en rêve les nuits. De temps en temps, je cris au secours dans mes rêves. J’ai l’impression qu’il y a encore des gens qui me poursuivent", a-t-elle conclu.AA

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