Les USA et la Turquie se rapprochent dangereusement en Syrie

Ecrit par Hakan Akgün, 2018-02-08 23:42:38


[Turquie-News] - La Turquie menace de lancer une opération dans la ville syrienne de Manbij où sont concentrées des terroristes.

Manbij pourrait être l’un des thèmes de la prochaine visite du conseiller du président américain pour la sécurité nationale Herbert McMaster à Ankara. Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

« Les Arabes représentent 95% de la population de Manbij. Nous ne permettrons pas de transmettre le contrôle de cette région aux terroristes qui agissent sous la forme des dites Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance multiethnique autour d’un noyau kurde) », a déclaré Fikri Isik.

La tension autour de Manbij et l’opération turque qui se poursuit à Afrin (nord-ouest de la Syrie) seront les thèmes principaux de la visite d’Herbert McMaster en Turquie cette semaine. Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson se rendra à Ankara juste après lui. Washington éprouve probablement des craintes par rapport à Manbij : toute tentative des Turcs de prendre cette ville déclencherait un affrontement avec les forces américaines qui s’y trouvent. Le général Joseph Votel, chef du commandement central de l’armée américaine, a déclaré que les forces américaines n’avaient pas l’intention de quitter cette région.

L’éventuelle opération turque à Manbij comporte des risques. Selon les experts, les démarches pour la prise de la ville ne pourraient qu’aggraver la situation en Syrie.

Une guerre causée par les Américains

Selon le site média24, le président Erdoğan avait prévenu de longue date que la Turquie ne tolérerait jamais une présence militaire du YPG, une branche armée du PKK. Le président avait ordonné l’opération "Rameau d’Olivier", le vrai coupable de cette guerre est l’intérêt des Etats-Unis d’une victoire sur le jihadisme régional.

Faute d’une politique syrienne cohérente, les administrations américaines successives se sont entêtées à cibler l’Etat islamique (EI) sans tenir compte des ramifications complètes de leurs actions. L’incursion de la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie n’en est qu’une conséquence.

- En juillet 2012, quand le Parti de l’union démocratique kurde (PYD) a pris le contrôle d’une série de villes syriennes à la frontière, la Turquie s’en est inquiétée. Le PYD est la branche armée terroriste PKK, qui mène une guerre de type guérilla contre le gouvernement de la Turquie depuis 1978.

- En août 2012, la secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton, a déclaré que "la Syrie ne doit pas devenir un refuge pour les terroristes du PKK." Mais après que l’Etat islamique eut conquis de vastes étendues de territoire en Syrie et en Irak, l’Amérique a trouvé dans le PYD un allié utile. Bientôt, les Etats-Unis ont fourni des armes et un entrainement à l’aile armée du PYD.

Furieux de ces coups, Erdoğan a cherché à s’assurer que le soutien américain aux Kurdes syriens soit temporaire et que les combattants ne traversent pas l’Euphrate. Mais une fois que les Turcs eurent reçu les garanties qu’ils voulaient, le PYD bien armés ont quand même traversé l’Euphrate.

- En août 2016, le vice-président Joseph Biden a adressé des réprimandes publiques aux terroristes du PYD, en les avertissant qu’ils perdraient le soutien des Etats-Unis s’ils ne reculaient pas. Mais les militants ne se sont jamais repliés et les Etats-Unis ont continué à les armer et à les entraîner.

- En avril 2017, un Erdoğan enragé a déclaré que l’administration Obama avait "trompé" la Turquie sur le PKK. "Je ne crois pas que l’administration Trump agira de la même manière", a-t-il prédit.

Mais Erdoğan a eu tort une nouvelle fois. Malgré le fait apparemment prometteur de l’arrêt des transferts d’armement américains, le président Donald Trump n’a pas changé de cap et les armes américaines continuent d’affluer vers les Kurdes de Syrie.

Pour ces motifs, les dirigeants turcs ont perdu confiance dans toutes les déclarations du gouvernement américain. Les deux pays ne peuvent même pas se mettre d’accord sur le contenu d’un appel téléphonique présidentiel, comme l’illustrent leurs comptes rendus contradictoires d’une conversation téléphonique du mois dernier.

Allégeance des Kurdes aux Etats-Unis

En Syrie, les Kurdes se sont avérés être un allié plus fiable. Mais leur allégeance aux Etats-Unis a un coût. Obama était prêt à négliger les liens de leurs combattants avec le PKK, en utilisant de subtiles distinctions pour différencier des groupes indiscernables. Sans avoir jamais vraiment tenu compte de l’appréhension d’Erdoğan, Obama a choisi de ne prendre en compte que superficiellement les préoccupations de la Turquie.

Quand Trump est arrivé au pouvoir, son manque d’intérêt pour les détails et son inclination pour la démagogie ont exacerbé les tensions. Un élément clé de la présidence de Trump a été son désir de se faire plaisir auprès de ses invités en faisant des promesses qu’il ne peut pas tenir (comme ce fut le cas lors d’une récente réunion avec les démocrates du Congrès sur l’immigration). Ce penchant à plaire semble avoir abouti à ce que Trump fasse des promesses à Erdoğan, que les décideurs du Pentagone à la tête des politiques américaines sur l’Irak et la Syrie n’ont jamais eu l’intention de tenir.

De fausses promesses

Mais contrairement aux législateurs américains, Erdoğan dispose d’une armée qui obéit à son bon vouloir. La Turquie considère le PKK comme une menace existentielle depuis 1984 et considère le PYD, la branche armée du PKK comme son appendice syrien mortel. Les messages confus de l’Amérique, délivrés par un président non qualifié en matière de politique ou de diplomatie, ont enflammé un rapport critique qui, à son tour, a mis en péril la lutte contre l’EI. En dépit de l’affirmation du discours sur l’état de l’Union de Trump selon laquelle l’EI est presque vaincu, quelque 3.000 combattants sont toujours en Syrie, en prennent même parfois le contrôle de certains territoires.

Bref, la politique américaine est vouée à l’échec. Non seulement elle encourage des adversaires comme l’Iran et ses alliés. Mais elle met également en péril près de 2.000 soldats américains qui collaborent avec les Kurdes en Syrie.

Les instincts d’Obama ne l’ont pas trompé. Les invasions à grande échelle réussissent rarement à déraciner les menaces jihadistes. Mais la sous-traitance par l’Amérique de ses batailles à des combattants locaux en Syrie a créé de nouveaux dangers. Si Trump entend rompre avec le passé et jouir des mérites qu’il s’attribue, les Etats-Unis doivent trouver une nouvelle façon de parvenir à leurs objectifs de sécurité sans déployer des divisions entières. Pour le moment cependant, les Etats-Unis proposent à la Turquie – et à la région – leur seule incohérence et de nouvelles fausses promesses.

Source : avec Media24

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