L’accord KCK et son idéologie (1/2)

Le nouveau PKK : Entre extrémisme, violence politique et défis stratégiques

Ecrit par Deniz, Hakan Akgün, Pakize, 2018-01-30 17:01:02


L’accord KCK

(1/2 partie)

La nouvelle organisation a été définie dans un document publié en turc en 2005, qui est devenu l’Accord KCK (KCK-Sözleşmesi, cité comme Accord). Un fichier pdf de la version complète du document - avec les préfaces et le symbole KCK sur la couverture - a été publié sur la fanpage PKK d’Azad Badiki. [1].

Une version sans préface a été publiée et analysée par le groupe de réflexion turc Ankara-Strateji. [2] Une version perse et arabe ont été publiée en 2014. Les deux sont similaires au texte turc, mais avec leur contenu adapté respectivement aux conditions en Iran et en Syrie. La version perse est connue sous le titre Texte complet du contrat social de la Société démocratique et libre de l’Est (KODAR). Ce document n’est plus disponible sur Internet, [3] en contraste à la version Syrienne (arabe) qui a même été traduite en anglais. [4] Aucune version kurde (Zaza, Kurmanci ou Sorani) n’a encore été publiée.

Le texte est composé de deux parties : (a) deux préambules ou préfaces philosophiques ou idéologiques et (b) les 46 articles (madde) divisés en 13 sections (bölüm) constituant la Charte du KCK. Les deux parties sont similaires aux préfaces et statuts de l’ancien Kongra-Gel. [5] Seule la paternité du premier des deux préambules de l’Accord KCK peut être attribuée à Öcalan, le second faisant référence aux citations de ses discours et écrits.

Dans leurs discours historiques et philosophiques, les deux font un rappel du Manifeste publié en 1978 par le Comité central du PKK. [6] Ils ont cependant été approfondis par les nouvelles idées politiques et scientifiques qu’Öcalan, le lecteur vorace, collecta en prison. Cela concerne particulièrement l’adoption de concepts éco-anarchiques du socialiste radical Murray Bookchin (1921-2006), originaire de New York, qu’Öcalan réuni avec son approche principalement Léniniste. [7]

Les statuts sont cependant susceptibles d’être des révisions, qu’il a éditées lui-même. La façon dont cette charte a été éditée la situe entre une constitution nationale et un programme de parti, qui reflète le développement historique du texte.

Le texte de l’accord KCK n’est certainement pas un chef-d’œuvre. Il est extrêmement idéologique et axé sur l’organisation. En outre, plusieurs points sont difficiles à comprendre, car des instructions précises concernant la structure organisationnelle sont confrontées à une terminologie imprécise et contradictoire. Dans certain cas, le sens des mots est actuellement inversé (par exemple démocratique) ou même entièrement éliminé (exemple confédéralisme). La traduction textuelle en Turc des mots et titres kurdes ont des sens différents des versions utilisées par l’organisation. De plus, il apparait qu’Öcalan utilise de manière synonyme les mots “société” (toplum) et “collectif” (topluluk).

De manière idéologique et organisationnelle, le texte s’inscrit directement dans la tradition programmatique d’autres régimes autoritaires dans la région. La suite examinera l’accord KCK concernant son contenu idéologique et la structure organisationnelle souhaitée.

Idéologie

Comme on pouvait s’y attendre, les analyses du contenu idéologique de l’Accord varient. Ahmet Hamdi Akkaya et Joost Jongerdeen considèrent le document comme un nouveau concept « radicalement démocratique » du PKK. [8]

Cependant, les auteurs ignorent les nombreux aspects problématiques de l’organisation, en particulier son caractère autoritaire et antidémocratique. En revanche, Mümtazer Türköne et Tayfun Sezer considèrent l’Accord comme rien de plus que la continuation et l’adaptation des positions éculées du PKK ou d’une variation des systèmes soviétiques. [9]
Dans cette optique, ils ignorent cependant l’aspect attrayant de l’organisation et omettent les problèmes politiques réel de la Turquie, notamment la question Kurde. Le PKK/KCK est essentiellement une organisation de guérilla et donc à peine démocratique, un point déjà mentionné par les auteurs libéraux tel que Oran. [10]

La continuité du PKK/KCK est inscrite dans l’article 36 de l’Accord, selon lequel le PKK “n’est pas qu’un simple parti en quête de pouvoir, mais un être organisationnel, idéologique et moral “ qui est “ la force idéologique au sein du système du KCK “. C’est pourquoi “ Toute personne active au sein du system du KCK doit appliquer les standards moraux et idéologiques du PKK “. Vue de cette façon, le KCK est une boite idéologique et organisationnelle pour le PKK.

Héritage Communiste ‘Kurdifié’

À bien des égards, le KCK reste fidèle à l’histoire de l’extrême gauche turque du PKK [11]. L’article 41 de l’Accord formule l’un des objectifs utopiques du KCK comme la création d’une confédération régionale sur la base de la fraternité et de l’égalité pour « créer un système mondial juste, sans exploitation et oppression, contre l’impérialisme mondial ».

C’est aussi là où se situe la stratégie économique du KCK. L’activité économique et les biens sont autorisés pour tout le monde, conformément à l’article 7m, à condition qu’ils ne soient pas fondés sur l’exploitation ou sur les « différences de statut » (statü eşitsizliği). L’article 4a et similairement l’article 35b de l’Accord stipulent que « la garantie de la transition d’une économie en métastase orientée vers le profit, vers une économie commune (komünal) orientée vers la valeur pratique et la participation », comme objectif supplémentaire du système KCK. Les entrepreneurs et businessmen kurdes tel que Mehmet Aslan de la chambre des commerce de Diyarbakır [12] fustigent la position inflexible du KCK/PKK comme naïve et romantique [13]. En règle générale, une telle critique est vue comme inadmissible et est rejetée. [14]

Le symbolisme et l’emblématique sont eux aussi enchaînés à la révolution de gauche : les seules choses qui disparaissent sont la fauche et le marteau, l’étoile rouge quant à elle reste, à laquelle fut ajouté le symbole solaire, qui était déjà présent sur le drapeau rouge et vert du Kongra-Gel, mais qui fut maintenant réuni avec l’étoile rouge.
Différentes branches du PKK utilisent des variations de rouge-jaune-vert, à l’exception des groupes des femmes, ou le violet domine. En règle générale, les partisans du KCK évitent de brandir le drapeau national Kurde (rouge blanc vert avec le symbole solaire), comme il est très souvent associé au gouvernement régional du Kurdistan de l’Irak considéré comme “réactionnaire”.

La Kurdicité joue naturellement un rôle central ; c’est après tout la motivation la plus importante pour les combattants de rejoindre l’organisation. L’article 4h exige une solution démocratique à la question Kurde, la reconnaissance de l’identité Kurde à tous les niveaux sociaux, et l’enseignement de la langue maternelle. Le fait que l’Accord ne supporte pas ces demandes générales avec des suggestions ou modèles concrets ne pose, à première vue, pas de problème. Mais bien plus délicat est le fait que ni l’Accord, ni aucun autre texte important du PKK/KCK semble régler le problème des différences linguistiques entre le Zaza et le Kurmanci, pour ne citer que les langues les plus importantes des Kurdes Turcs. [15].

Hülya Oran, coprésidente du KCK, reconnaît qu’après avoir passé 20 ans au sein du PKK, finit par oublier le Zaza et se devait d’apprendre le Kurmanci. Destin qu’elle partage particulièrement avec les Alevis parlant le Zaza, qui sont linguistiquement assimilés au Kurmanci ou au Turc parmi le PKK, et culturellement assimilés à l’Islam. [16] Comme la majorité des membres du PKK/KCK sont originaires de Turquie, le Turc est la langue de commandement, ainsi que pour les textes d’information et toutes les publications d’Öcalan, qui ne sont que lentement traduit en Kurmanci : Duran Kalkan et Mustafa Karasu, membres d’origine Turque, ont des postes de haut niveau dans l’organisation.

Une des possibilités pour maintenir l’idéologie communiste et l’associer avec la Kurdicité est d’associer les termes Marxistes aux termes kurdes (indigénisation). C’est pourquoi, dans la préface, (L’accord, p 4), Öcalan attire l’attention sur le point suivant : “comme vous le savez, le mot Kom [communauté, union] est un terme Aryen. Le mot komün [commune] et komünizm [communisme] peuvent être liés à la même origine. Le mot kurde, Kom, signifie n’importe quel type de commune”. Il doit être noté qu’Öcalan fait allusion à la révolution de la Commune de Paris des manifestations de 1870/71, et non de l’unité administrative. Il en est de même pour l’utilisation du mot Kurde civak (société) dans le texte de L’Accord. Civak est constamment traduit en tant que “société démocratique” (demokratik toplum). İl en va aussi de même pour l’utilisation d’arguments sociologiques historiques tels que l’évaluation positive du rôle historique que les clans et les confédérations tribales ont joués.

Dans l’Accord, ils sont introduits comme représentant d’une “société communale (komüal) naturelle et démocratique” qui s’opposait à la “centralisation de la société nationale” (Accord, p 2). Cette analyse positive est surprenante, étant donné les décennies de tension qui ont existé entre le PKK et les tribus de la région. La conclusion tacite mais convaincante de cet argument est que les Kurdes étaient déjà des communistes avant que le communisme n’existe, ou bien que tous les Kurdes tendent vers le communisme. De tel arguments protochroniques ne sont pas vraiment nouveaux et furent déjà utilisés par les communistes Roumains. [17]

Durant la bataille de Kobane, le procédé d’indigénisation des mots a produit des résultats étranges, avec le PKK interprétant la bataille en tant que “guerre de culture sémitique aryenne”. [18]

Écologie et féminisme

Cependant, la tentative était de surmonter le marxisme dogmatique à travers l’introduction de nouveaux arguments de gauche. Cela ne peut être plus clair que dans les questions sur l’écologie et le féminisme. Les termes et paradigmes adéquats ont été enseignés d’une part, par l’écologie gauchiste de l’Europe, et d’autre part, sont le produit la réception de Bookchin d’Öcalan.

-* Ecologie

Ce dernier s’applique certainement à la politique écologique d’Öcalan, qui n’est cependant que faiblement représenté dans l’Accord. Le reste de l’oeuvre d’Öcalan a très peu de choses à dire en ce qui concerne les idées écologiques ou la sensibilisation écologique. [19] L’écologie n’est que très brièvement mentionnée dans l’article 11, néanmoins, et ce sans explication supplémentaire, la préface de l’Accord (p 6) appelle à une révolution écologique. L’article 9e utilise la terminologie de Bookchin en stipulant que “la vie au sein d’un éco-collectif (eco topluluk)” et être “en harmonie avec l’équilibre écologique” sont des droits fondamentaux.

Les articles 10f et 10g engagent tout le monde à la protection de l’environnement. L’accord semble être ici en décalage par rapport aux développements politiques de la région, étant donné que durant ces vingt dernières années, un activisme écologique important a éclairé les réalités politiques du sud-est de l’Anatolie. Dans l’est de la Turquie, la protection de l’environnement a une signification fondamentalement différente, étant donné qu’il est inévitable d’aborder le problème de l’écocide perpétré par les forces armées (feux de forêts, projets de barrages à des fins stratégiques) [20] et donc par conséquent fait partie des débats sur la sécurité ainsi que sur la politique environnementale.

-* Féminisme

Öcalan et le PKK/KCK ont, sans aucun doute, effectué d’importantes contributions pour le féminisme. Le PKK est la seule organisation, hormis le parti Baath en Syrie, et le dernier groupe communiste dissident, à propager l’égalité des droits pour les femmes sur une base séculaire (exemple articles 4c et 4d). Toutes les années, le 8 mars, à l’occasion de la journée de la femme, Öcalan transmet un message personnel, et l’Accord souligne l’importance du féminisme et de la libération de la femme ; car “le niveau de liberté d’une société dépend du niveau de liberté dont peuvent jouir les femmes dans cette société” ce qui signifie que “on ne peut pas parler de démocratisation réelle et de la création d’une vie socialiste libre si on ne combat pas les idéologies, les morales et les cultures mâles dominantes” (Accord p 6).

Un support idéologique pour cela est fourni dans de nombreux écrits d’Öcalan, qui juge le féminisme de façon positive et le voit comme étant un soulèvement contre la plus vieille des formes d’oppression - la Patriarchie. [21]

Une lecture obligatoire pour les guérillas, avant toute autre chose, sont les écrits d’Öcalan « Tuer le mâle dominant, principe fondamental du socialisme » [22] dont de nombreuses versions existent.
Il convient de noter que “mâle” (erkek) et “idéologies masculines” signifient n’importe quelle forme de Patriarchie et de machisme. Quelques années auparavant, presque toutes les positions étaient égales (un homme et une femme) et un quota de 40% était décidé pour le congrès du peuple (Article 12a). Le leadership est constitué de 5 hommes et de deux femmes. [23]

La défense de Kobane a rendu célèbre les unités féminines du PKK/KCK et a produit beaucoup de sympathie dans le monde occidental pour le PKK. Les femmes qui s’engagent au PKK/KCK voient cet engagement comme un acte de libération contre le paternalisme de la Turquie et de leurs propres familles. [24]

Il convient de supposer que les femmes soldats et les politiciennes du PKK/KCK jouissent d’un respect de cette partie de la société kurde qui sympathise avec elles quoi qu’il arrive. Cela ne peut en aucun cas mener à la conclusion que l’existence d’une unité de guérilla composée de femmes soit suffisante pour changer l’image traditionnelle de la femme et de la patriarchie. Des études de conflits [25] où des milices de femmes ont joué un rôle important montrent la ténacité des motifs de pensées et des comportements traditionnels. Des études de genre indépendantes qui examinent la représentation des femmes dans les postes supérieurs, tels que le Conseil exécutif, ou qui scrutent l’image plutôt masculine de l’héroïne de combat asexuée et pseudo-masculine sont encore remarquables.

...

Auteur  : Walter Posch, islamologue et expert en fondamentalisme à l’Institut d’études sur la sécurité de la Commission européenne à Paris et à l’Académie de défense nationale de l’armée fédérale autrichienne

Traduction  : Deniz Akgürbüz


Dossier complet


[1Quoted according to : KCK Koma Ciwakên Kurdistan Sözleşmesi https://rojbas1.files.wordpress.com/2011/10/koma- civakc3aan-kurdistan.pdf. see also : https://tr.wikisource.org/wiki/ KCK_Sözleşmesi

[3I would like to thank Mr. Sherwin Taheri, Hamburg, for having provided a copy. cf. the Kodar homepage http://kodar-online.com/

[6PKK Kuruluş Bildirisi, 1978 [PKK founding document, 1978] https://rojbas1.files.wordpress.com/2012/01/pkk-kurulus-bildirgesi1.pdf

[7Wes Enzinna, ‘A Dream of Secular Utopia in ISIS‘ Backyard. At a College in Kurdish Syria, Rojava tries to train its future leaders’, The New York Times Magazine, 24 November 2015. Bookchin has little relevance and is not recognised by leading Marxists of the present ; there is no reference to him in the following introduction to Marxist thinkers of the present : Andrew Pendakis, Jeff Diamanti, Nicholas Brown, Josh Robinson and Imre Szeman (eds,), Contemporary Marxist Theory. A Reader, New York, London, 2014.

[8Ahmet Hamdi Akkaya and Joost Jongerdeen, ‘Reassembling the Political : the PKK and the project of Radical Democracy’, in, European Journal of Turkish Studies, 14/2012, p. 2-16

[9Tayfun Sezer, Manifesto’dan KCK Sözleşmesine PKK/KCK’da Söylem [From manifesto to KCK Agreement/discourse in the KCK], in, Uluslararası Güvenlik ve Terörizm Dergisi, 3 JAN 2012, p. 41-65 ; Mümtaz’er Türköne, ‘What sort of organization is the KCK ?’, in, Today’s Zaman, 23. Oktober 2010

[10KCK Sözleşmesi ve Olayı [The KCK Agreement and the KCK incident], in, Oran (ed.), Türk Dış Politikası, p. 748

[11Joost Jongerden and Ahmet Hamdi Akkaya, ‘Born from the Left. The making of the PKK’, in, Joost Jongerden and Marlies Casier, Nationalism and Politics in Turkey : Political Islam, Kemalism and the Kurdish Issue, London, 2010, p. 123-143

[13International Crisis Group (ICG), Turkey’s Kurdish Impasse : The View from Diyarbakır, (Europe Report, No 222) 30 NOV 2012, p. 9 notes 72

[14Ahmet Pelda, ‘Kürt Sermayedarlarının tedirginliği‘ [Kurdish entrepreneurs‘ frustration], Özgür Gündem, 27 OCT 2014

[15On the problem of political identity, ethnicity , and assimilation see Gunnar Wießner, ‘Ethnicity and Political Identity among the Kurds’, in, Peter Alford Andrews, Ethnic Groups in the Republic of Turkey. Supplement and Index (=Beihefte zum Tübinger Atlas des Vorderen Orients 60.2), Wiesbaden, 2002, p. 206-221. There are similar problems in the KRG with Sorani, Kurmanci and Gorani. Regarding the variants of Kurdish and Kurdish language policy see Jaffer Sheykholeslami, ‘The language varieties of the Kurds’, in, Wolfgang Taucher, Mathias Vogl, Peter Webinger (eds.), The Kurds. History, Religion, Language, Politics, Vienna, 2015, p. 29-50

[16Bese Hozat’tan Büyük itiraf : Dersim kültürü ve Dili PKK saflarinda asimile oluyor, [Important confession by Bese Hozat (=Hülya Oran) : Dersim culture and language are assimilated in the PKK] http:// www.cilagazete.com/bese-hozattan-buyuk-itiraf-dersim-kulturu-ve-dili- pkk-saflarinda-asimile-oluyor/ This is a transcription of her interview with Nuce TV of 2 FEB 2013, https://www.youtube.com/ watch ?v=tjQ1T0lYw7U

[17cf. Alexandra Laignel-Lavastine, ‘Fascisme et Communisme en Roumanie’, in, Henry Rousso, Stalinisme et nazisme. Histoire et mémoire comparés, Paris, 1999, p. 201-245, here p. 215 notes. 28. David Priestland, The Red Flag. A History of Communism, London, 2009, p. 404

[18Ezgi Demirsu, ‘Aryen-Semitik Kültür Çatışması’, [Arian-Semitic clash of cultures], Yeni Özgür Politika, 22 AUG 2014, http://www.yeniozgurpoli- tika.org/index.php ?rupel=nuce&id=33475 and http://www.pkkonline.com/ tr/index.php ?sys=article&artID=2135

[19In his writings, Özgürlük Sosyolojisi, p. 118-121, 323-325, he does not defend any idea, it seems that he is working on the topic

[20cf. ErcanAyboğan, ‘Zunahme von umweltzerstörerischen Projekten in Kurdistan’, Kurdistan Report, 169, September - Oktober 2013, p. 51f. Joost Jongerdeen (et.al.), ‘Environmental destruction as a counter-insurgency measure in the Kurdistan region of Turkey’, in, Geoforum 2008, p. 1-12

[21Öcalan, Özgürlük Sosyolojisi, p. 317-323

[22Erkeği Öldürmek Sosyalizmin Temel ilkesidir, [Killing the dominant male is the fundamental principle of socialism] http://www.komunar.net/tr/index. php ?sys=nuce&dw=nivis&id=1210

[23Hakkı Özdal, ‘Adı Öğrenilmeyen Kadın PKK’li Kim ?’ [Who is the female member of the PKK whose name nobody knows ?], in, Radikal, 7 MAR 2013

[24Ann-Kathrin Seidel, ‘Am Berg der Amazonen‘, in, Zenith, März-April 2014, p. 38-47

[25cf. Annette Weber, ‘Women Without Arms : Gendered Fighter Constructions in Eritrea and Southern Sudan’, in, International Journal of Conflict and Violence, 5 FEB 2011, p. 357-370

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