REVUE DE PRESSE DU 06 DECEMBRE 2017

Ecrit par Dilek, Pakize, 2017-12-06 17:33:01


L’équipe tient à souligner que les informations émises dans cette revue de presse ne reflètent pas nécessairement son opinion. Elle s’adresse à un public qui souhaite connaître les sujets traités par les médias francophones relatifs à la Turquie.

Revue de presse du 6 décembre

REVUE DE PRESSE DU 06 DECEMBRE 2017

Le 5 décembre 1934, les femmes turques deviennent citoyennes à part entière

A l’occasion du 83ème anniversaire de l’obtention du droit de vote des femmes en Turquie le 5 décembre, L’ORIENT XXI fait le point sur l’état de la représentativité des femmes au Parlement turc. La création de la République de Turquie est souvent associée à l’égalité de droit entre hommes et femmes en s’appuyant sur le Code civil de 1926, inspiré du Code civil suisse.

En 1934, les femmes peuvent désormais être parties prenantes dans les affaires politiques. Si toutefois l’Etat a accordé les pleins droits aux femmes, ces dernières, dont l’Union des femmes turques (Türk Kadınlar Birliği, TKB) portait la voix, revendiquaient bien avant l’accès aux droits politiques note l’article. Les femmes veulent une participation active à la vie sociale et économique, une implication dans l’armée et faire leur service militaire. Le journal soutient que l’histoire officielle a mis de côté ces luttes des femmes turques.
Bien qu’elles aient obtenu une égalité de droits, des décennies plus tard, les citoyennes turques sont sous-représentées, cette sous- représentation, explique l’article, est connectée à l’enracinement de la domination masculine dans la sphère politique.
Malgré une légère évolution, la représentativité des femmes demeure en dessous de la moyenne mondiale dans le parlement : elles sont un peu plus de 14% en Turquie. Les seuls partis politiques du moment qui pratiquent un quota visant l’égalité sont le Parti républicain du peuple (Cumhuriyet Halk Partisi, CHP), fondé par Atatürk, et le HDP précise l’ORIENT XXI.

Zoom sur le dossier Zarrab

Cette semaine, le procès du turco- iranien Reza Zarrab à New-York sur le contournement des sanctions économiques contre l’Iran a été traité par la majorité des médias francophones. Il est accusé d’avoir violé l’embargo des Etats-Unis contre l’Iran.
Le procès inquiète considérablement Ankara car le président turc Recep Tayyip Erdoğan et un ex-ministre sont impliqués. On apprend que le golden boy aurait versé, entre mars 2012 et mars 2013, plus de 50 millions d’euros à Zafer Çağlayan, alors ministre de l’Economie.
LE PETIT JOURNAL.COM aborde le sujet de manière plus instructive : il explique en 5 réponses l’affaire en amont, la raison de ce procès, les révélations faites par M.Zarrab et le lien avec Fethullah Gülen selon Ankara. L’homme d’affaires a plaidé coupable à sept chefs d’accusation et devient un témoin-clé apprend-t-on dans OUEST-FRANCE. Selon M. Zarrab, Erdoğan était au courant du trafic avec la banque publique turque Halkbank pour aider Téhéran à contourner les interdictions américaines en blanchissant de façon complexe des revenus de vente de pétrole et de gaz iraniens indique le site suisse ROMANDIE.COM. A la demande du président, 2 autres banques turques, Vakif et Zirrat auraient participé au trafic poursuit le site.
Du côté turc, les accusations ne sont pas acceptées prévient L’ORIENT LE JOUR. La Turquie ne peut pas être condamnée par un tribunal américain estime le chef d’Etat turc. Par ailleurs, il se défend en insistant sur le fait que la Turquie n’a jamais pris d’engagement à ce sujet envers les Etats-Unis. Lors d’un discours à Kars dans le nord-est du pays, il a accusé Gülen d’être derrière cette conspiration. On retrouve les propos identiques de la part du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu « FETO (acronyme de l’organisation terroriste de Fethullah Gulen) a infiltré les missions américaines en Turquie, la justice américaine, le congrès, (...) FETO a infiltré toutes les institutions (américaines) par tous les moyens, légaux et illégaux  ».
Les déclarations accusatrices, la chute de la devise, le silence des médias sur cette affaire ajoutent à l’angoisse d’Ankara affirme RFI. Parallèlement, le parquet turc a ordonné vendredi la saisie des avoirs de l’homme d’affaires selon l’agence de presse ANADOLU, ce que relaye LA LIBRE BELGIQUE. Il est accusé d’"espionnage" pour le compte d’un Etat étranger continue le journal. L’accusé devenant un témoin-clé serait désormais sous protection du FBI dans un lieu tenu secret suite à des "menaces en prison " explique ROMANDIE.COM. Cette affaire va à nouveau soulever les vives tensions entre la Turquie et les Etats-Unis prédit LE PETIT JOURNAL.COM.

Mandat d’arrêt contre un ancien responsable du CIA

Les autorités turques soupçonnent Graham Fuller, ancien vice-président du National Intelligence Council de la CIA, d’être impliqué dans la tentative de putsch de juillet 2016 peut-on lire dans Le FIGARO. L’ex-agent serait connu en Turquie pour avoir soutenu la demande de carte verte du prédicateur Gülen en estimant qu’il ne représentait pas une menace à la sécurité nationale américaine, explique le journal. Il serait accusé d’avoir violé la Constitution turque, d’avoir tenté de renverser le gouvernement et d’avoir fait de l’espionnage détaille RADIO CANADA. La radio met l’accent sur la dégradation des relations turco-américaines. Ces dernières affaires, en particulier le procès de Zarrab à New-York, ne vont pas du tout les apaiser.

Vers un nouveau conflit

Le gouvernement turc, connu pour défendre les palestiniens, a réagi suite à l’annonce de Washington d’un éventuel déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem signale L’ORIENT LE JOUR. Le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdağ, lors d’une conférence de presse, a estimé que ce changement "mettrait fin au processus de paix". Cette mesure risque "d’entraîner la région sur la voie d’une nouvelle catastrophe " a-t-il ajouté. Les Palestiniens attendent depuis fort longtemps que Jérusalem-Est devienne leur capitale, de surcroit la communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël ni l’annexion de sa partie orientale occupée en 1967. Par ailleurs, le président turc Recep Tayyip Erdoğan et son homologue palestinien Mahmoud Abbas se sont entretenu au téléphone au sujet de la nécessité de la création d’un Etat palestinien indépendant a soutenu le quotidien.

Chasse aux membres de l’E.I

Selon l’agence de presse DOGAN, à Istanbul, la police a arrêté 63 personnes soupçonnées de liens avec le groupe Etat islamique informe PARIS MATCH. Ils auraient aidé financièrement des membres de l’E.I au combat. Le magazine rappelle que 634 personnes ont été arrêtées en novembre pour des soupçons de liens avec l’E.I. Le premier ministre turc Binali Yıldırım a mentionné, lors d’un discours télévisé, l’arrestation de 5000 membres présumés de l’EI dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme.

Mort du cerveau présumé de l’attentat de l’aéroport d’Istanbul

Les services de sécurité géorgiens ont annoncé la mort du Tchétchène Akhmed Tchataïev, soupçonné d’être l’organisateur de l’attentat à l’aéroport d’Istanbul du 28 juin 2016. Il a été tué lors d’une opération antiterroriste le 22 novembre à Tbilissi révèle la presse francophone. EUROPE 1 rappelle que l’attentat avait fait 47 morts et 239 blessés. Selon l’agence de presse Anadolu, il était le chef de la cellule du groupe djihadiste Etat islamique (EI) à Istanbul. Il aurait refusé de se rendre lors de cette opération antiterroriste dans la capitale géorgienne indique la station.
Son identité a pu être confirmée grâce à l’analyse ADN et d’empreintes digitales a déclaré une porte-parole des services de sécurité géorgiens, Nino Guiorgobiani.
Le gratuit 20 MINUTES note que selon Tbilissi, une cinquantaine de ressortissants géorgiens seraient engagés en Syrie et en Irak aux côtés du groupe Etat islamique.

Des universitaires turcs attendant leur sort

La presse francophone s’intéresse de près au procès le 5 décembre de centaines d’universitaires de prestigieuses universités turques. Ils sont poursuivis pour « terrorisme » après avoir signé une pétition favorable à la reprise du processus de paix dans le sud-est du pays peut-on lire dans LE MONDE. Ils sont supposés soutenir et faire de la propagande pour le PKK, ils risquent ainsi jusqu’à 7 ans et demi de prison.
Pourtant le droit à la libre expression est mentionné dans l’article 26 de la Constitution du pays explique le quotidien. En 2016, certains ont été limogés, d’autres n’ont pas vu leur contrat se renouveler, et puis d’autres se sont retrouvés en prison. Des universitaires signataires ne peuvent plus quitter le territoire et n’ont donc pas pu honorer leur engagement à l’étranger indique le journal. Le gouvernement semble les entrainer vers une mort sociale en confisquant leur passeport et en ne leur permettant plus de travailler se désole le quotidien. FRANCE INFO donne la parole à des universitaires ; "on est fichés partout", "c’est une mort civile" sont des propos qui reviennent sans cesse. Selon Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch "Rien, dans cette pétition, ne justifie une accusation aussi absurde » ; déclaration récupérée dans L’EXPRESS.
En soutien aux universitaires, des personnes étaient rassemblées à Bruxelles dont des députés bruxellois et une minute de silence a pu être observée souligne LA LIBRE BELGIQUE. "Environ 30 000 ont été réintégrées”, se défend un diplomate turc, en réponse aux reproches faits concernant les 120 000 personnes limogées dans la purge dont des professeurs, des juges, des journalistes et des militaires.

Liberté conditionnelle pour une icône de la résistance turque

L’universitaire Nuriye Gülmen, connue pour sa grève de la faim en protestation à son limogeage vient d’être remise en liberté conditionnelle dans l’attente de son jugement en appel. Le magazine LES INROCKS a été à sa rencontre et relate les moments forts de sa libération. Elle apprend la nouvelle depuis son lit d’hôpital à Ankara et ne pèse plus que 34 kg. Elle éprouve beaucoup de difficultés à marcher. Son entourage pense à la suite logistique explique le magazine. Des militants qui l’ont soutenue l’attendent à la sortie de l’hôpital et d’autres assurent qu’elle ne soit pas dérangée dans son nouveau domicile poursuit-il.
OUEST-FRANCE informe qu’elle a été jugée pour appartenance à une "organisation terroriste". Elle risque jusqu’a 20 ans de prison. Le tribunal l’a condamnée à 6 ans et 3 mois d’emprisonnement précise son avocat Me Omer Faruk Eminağaoğlu. Les charges sont toujours retenues contre l’universitaire. En revanche, l’enseignant Semih Özakça, en grève de la faim avec elle, a été libéré en octobre dernier avec l’abandon des accusations peut-on lire sur ROMANDIE.COM. Le site rappelle que plus de 50.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre des purges lancées par le gouvernement suite à la tentative du coup d’état.

Solidarité avec les journalistes turcs

Mercredi dernier, un rassemblement a eu lieu à Paris pour dénoncer et exiger la libération des journalistes détenus en Turquie rapporte le journal communiste L’HUMANITE. A l’appel des syndicats de journalistes français, des associations de défenses des droits de l’homme et de liberté d’expression, entre autres, se sont retrouvées dans le 11eme arrondissement de la capitale. Les participants ont tenu à rendre hommage aux personnalités du milieu journalistique turc, exilées ou pas. Ils ont appelé également l’Europe à faire respecter la liberté d’expression et les droits de l’Homme en Turquie.

Chute vertigineuse

Les chiffres publiés lundi par l’Office national des statistiques (Tuik) ne sont pas brillants pour ne pas dire alarmants. L’inflation en Turquie est près de 13% peut-on lire dans Le FIGARO. L’augmentation de 2,11% sur les prix de l’alimentation et de 2,01% sur les transports peuvent expliquer cette inflation. Par ailleurs, le cours de la livre turque connaît une baisse continue. Selon les analystes, un des moyens d’action sur cette hausse des prix à la consommation serait de relever les taux d’intérêts termine le journal.

Appel au devoir "civique" lancé aux hommes d’affaires turcs

Le déplacement d’argent des hommes d’affaires vers l’étranger déplait fortement au président Erdoğan qui qualifie cette démarche de trahison rapporte L’ORIENT LE JOUR. Il a affirmé qu’il n’autoriserait pas ces transferts. Alors que se tient à New-York le procès de l’homme d’affaires Zarrab et d’un dirigeant de la banque publique turque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla impliquant des politiques turcs dont l’issue pourrait conduire à de graves sanctions contre le secteur bancaire. Ankara semble vouloir se préparer à cette éventualité en demandant aux hommes d’affaires de laisser leurs avoirs en Turquie car l’économie reste fragile analyse le journal.

Sources :

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