Nous proclamerons la République !

Ecrit par Abdullah, 2017-10-28 21:13:00


Il y a quatre-vingt-quatorze ans jour pour jour, le 28 octobre 1923, le fondateur et premier président de la République de Turquie disait ces mots : « Messieurs, demain nous proclamerons la République ». Cette phrase anodine pour beaucoup, marque le point culminant de quatre années de combat, d’abnégation, de sacrifice de toute une population. La victoire est acquise, les revendications nationalistes sont acceptées. Voilà ce qu’elles sont d’après Mustafa Kemal :

« […] nous n’avons jamais voulu porter atteinte au droit d’autrui : notre seul désir consiste à assurer et à garder, hors de toute atteinte, notre droit à la vie et à l’indépendance. Le peuple turc n’a pas d’autre but que celui de vivre dans ses frontières nationales, comme toute nation civilisée, libre et ne subissant aucune ingérence étrangère. » [1]

Au prix du sacrifice de tout un peuple, du paysan à l’intellectuel, la nation turque acquiert enfin sa liberté. Pour ce peuple il n’y a rien de plus important que l’indépendance en témoigne cette conversation entre une vielle femme, la journaliste française Berthe Georges-Gaulis et des soldats :
« A ce moment vint jusqu’à nous une vieille femme de soixante-dix ans, qui s’appuyait sur une canne. Elle demanda :

- Est-ce d’Angora que vous venez ?
- Oui !
- Ah ! quelle nouvelle de l’armée ?
Et la flamme de ses yeux disait l’ardeur de son cœur.
- Notre armée est comme du fer. Dieu aidant elle anéantira sous peu l’ennemi.
- Grâces en soient rendues, mon fils !
La femme poussa un long ah !
- As-tu des enfants, mère ?
- J’avais quatre fils. Trois sont mort pour la foi. Le dernier est au front je l’attends.
La larme qui roula de ses yeux vint humecter les rides de sa face.
- Dieu aidant, il reviendra bientôt vainqueur pour la foi, et vous serez heureuse.
- Ah ! mon fils il suffit que le pays soit libéré et que le ghiaour ne vienne pas.

Pour nous nous sommes décidés à tout endurer. Que ces terres ne soient pas piétinées. » [2]

En ce jour particulier marquant la fin du sacrifice du peuple turc, n’oublions pas le lourd tribut qu’il a dû payer pour nous garantir la paix d’aujourd’hui. Je m’incline devant ce peuple qui a montré au monde entier il y a quatre-vingt-quatorze ans que rien n’est impossible à qui le veut vraiment.

Vive la République !

[1Berthe Georges-Gaulis ; Angora, Constantinople, Londres : Moustafa Kemal et la politique anglaise en Orient p.91 ; Ed. Primary Source Edition, 2013.

[2Berthe Georges-Gaulis ; Angora, Constantinople, Londres : Moustafa Kemal et la politique anglaise en Orient p.102-103 ; Ed. Primary Source Edition, 2013.

Democratie république Turquie
Plan du site | RSS 2.0 | Copyright Turquie News 2006-2017 | Mentions l�gales |

Visiteurs connectés : 16