Turquie-Ukraine : Vers une coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire

mardi 9 février 2016

Les universités russes devaient former les futurs employés de la centrale nucléaire Akkuyu (région méditerranéenne), mais les accords d’enseignement russo-turcs ont été annulés dès le début de la crise entre les deux pays en novembre 2015.

L’Ukraine a proposé à la Turquie de coopérer dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Il est possible que la Turquie et l’Ukraine établissent une coopération dans le domaine nucléaire après l’annulation par l’Université nationale de Russie de Recherches nucléaires (MEPhI) de l’accord sur la formation de la main d’oeuvre turque destinée à la centrale nucléaire Akkuyu, dans la province de Mersin (région méditerranéenne).

L’ambassade d’Ukraine à Ankara commence à assurer le lien entre des universités en Ukraine avec l’Université d’Ankara.

La Turquie avait abattu un avion de combat russe qui avait violé son espace aérien à la frontière syrienne, en novembre 2015, dans le cadre des règles d’engagement. MEPhI avait alors déclaré annuler les accords de coopération d’enseignement signés avec l’université de Hacettepe d’Ankara et l’Université Technique d’Istanbul (ITU). Les documents signés avec Hacettepe et ITU portaient sur la science, la formation et le domaine social, alors que celui signé avec l’Université d’Ankara prévoyait la formation de la main d’oeuvre qualifiée qui sera employée dans la centrale d’Akkuyu.

Le gouvernement ukrainien avait annoncé qu’il soutiendra la Turquie dans le domaine de l’enseignement et de la science après l’annulation des accords avec la Russie.

L’ambassadeur d’Ukraine à Ankara, Sergiy Korsunsky qui a prononcé un discours lors du "Séminaire d’hiver sur les sciences et applications nucléaires" organisé au mont Ilgaz (Anatolie centrale) par l’Institut des Etudes nucléaires de l’Université d’Ankara, a été interviewé par l’Agence Anadolu.

Il a rappelé que son pays est prêt à aider la Turquie dans le domaine de l’enseignement et pas lié uniquement au domaine nucléaire, et que l’Ukraine est prête à accueillir les étudiants turcs qui ne pourront pas recevoir un enseignement en Russie.

Korsunsky a déclaré que son pays est prêt à mettre en place des départements d’énergie nucléaire dans les facultés turques. Il a aussi mis l’accent sur l’expérience de son pays, soulignant l’importance de l’élément sécurité dans la construction et le fonctionnement d’une centrale nucléaire.

"Si les universités turques comptent des experts en énergie nucléaire qui sauront très bien comment faire fonctionner une centrale, cela sera très positif pour la Turquie. Le Japon, les Etats-Unis et plusieurs pays européens profitent de notre expérience. Aucun pays n’a la même expérience que l’Ukraine. Le monde entier profite de notre expérience et nous espérons que la Turquie fera de même", a-t-il affirmé.

Le professeur Niyazi Meric, directeur de l’Institut des Sciences nucléaires à l’Université d’Ankara a déclaré pour sa part, que la Turquie a dû se tourner vers l’énergie nucléaire après avoir constaté les éventuels problèmes de l’énergie électrique. Il a aussi indiqué l’insuffisance de l’énergie éolienne, solaire et hydroélectrique dans l’avenir, malgré les investissements réalisés.

Meric a regretté qu’en Turquie, seuls 15% des quelques 6.5 millions d’étudiants de licence et de master s’intéressent aux sciences et aux mathématiques. Il a aussi insisté sur le besoin du pays en compétences spécialisées en énergie nucléaire pour l’avenir.

"Nous avons fait une réunion avec l’Ukraine et avons décidé de contacter les universités ukrainiennes", a-t-il dit ajoutant que celles-ci semblent favorables à l’idée de coopérer avec la Turquie.

Le professeur a fait savoir que si un accord est établi, et que les décisions sont approuvées par le Conseil de l’Enseignement supérieur turc (YOK), la formation continuera au plus tôt, probablement à partir de septembre prochain ou février 2017.

Source : AA


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