La Turquie devrait être prudente dans son rapprochement avec la Russie (ambassadeur américain)

dimanche 25 décembre 2016

La Turquie devrait être prudente dans son rapprochement avec la Russie, selon l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique à Ankara, John Bass.

C’est ce qu’a affirmé l’ambassadeur dans un entretien diffusé par une chaîne de télévision turque, NTV, vendredi.

Interrogé sur le rapprochement entre Ankara et Moscou, Bass a rappelé que son pays le soutient et le comprend, étant donné que la Turquie et la Russie partagent une frontière importante dans la région de la mer Noire, outre de profondes relations commerciales et une longue histoire.

« J’estime que la Turquie et la Russie peuvent avoir une relation dans le cadre du respect, mais j’attendrais de la part d’Ankara qu’il fasse preuve de prudence à l’égard des politiques et pratiques du gouvernement russe dans la région, a-t-il déclaré. L’une des allégations qui me dérangent dans les médias turcs, c’est que les États-Unis chercheraient à saboter ce rapprochement car ils voudraient diviser la Turquie et voir son échec. Aucun pays autre que les États-Unis ne serait autant rattaché à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Turquie. Par contre, la Russie est le seul pays européen qui a recouru à la force militaire pour annexer un territoire ou redécouper des frontières internationales. Donc nous souhaitons que la Turquie tienne compte de ces réalités lorsqu’elle approfondit ses relations avec la Russie. »

John Bass a en outre condamné l’assassinat de son homologue russe, Andrey Karlov à Ankara, en début de semaine, et a nié les allégations selon lesquelles les États-Unis y seraient impliqués.

Bass s’est félicité des démarches entreprises par la Turquie et de l’approche diplomatique qu’elle a adoptée pour résoudre la question syrienne.

Il a ajouté que les États-Unis continuent de soutenir des groupes qui luttent contre l’organisation terroriste Daech en Syrie, dont des mouvements arabes syriens et le PYD (branche syrienne du PKK).

« Cela ne signifie pas un soutien direct au PYD, a-t-il affirmé. Nous ne leur fournissons pas d’armes ou de munitions. »

L’ambassadeur a souligné que la campagne menée en Syrie depuis deux ans vise à vaincre Daech et à traiter la question syrienne via des opérations militaires pour qu’elle ne pose plus un problème stratégique à la Turquie, pays allié de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

« C’est la raison pour laquelle nous n’avons jamais soutenu l’unification de ce qu’on appelle les cantons en Syrie, a-t-il dit. Voici pourquoi nous voulons que personne ne puisse changer la structure démographique ou l’administration en se reposant sur les victoires militaires contre Daech dans les zones concernées. »

Interrogé sur les excuses présentées par la CIA et le Secrétaire d’État américain John Kerry, pour avoir accusé la Turquie d’échange pétrolier avec Daech, Bass a dit : « Selon des indices initiaux, une partie de ce pétrole a été découverte à la frontière turco-syrienne. Le gouvernement turc a pris des mesures importantes pour empêcher la contrebande dans cette région. Durant notre coopération sur l’étude de l’incident, nous avons remarqué qu’il n’y avait plus autant de contrebande et nous en avons informé le gouvernement turc. »

L’ambassadeur a fait remarquer que le gouvernement russe qui avait accusé fermement la Turquie de contrebande pétrolière, n’a pris aucune initiative pour corriger la situation, contrairement aux États-Unis.

« Nous avons admis que nos évaluations avaient perdu leur sens, a-t-il ajouté. Nous l’admettons quand nous faisons une erreur. Nous nous attendons à ce que plusieurs autres gouvernements agissent de la même manière. »

Source : AA


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