France : Aucun fondement juridique pour l’interdiction des cours de turc et d’arabe à l’école

mercredi 17 février 2016

L’interdiction des cours de turc et d’arabe à l’école dans la ville de Migennes (Bourgogne-Franche-Comté) pour des "raisons de sécurité" ne s’appuie sur aucun fondement juridique, a annoncé la Préfecture de l’Yonne.

Se disant "surpris" de la décision du maire François Boucher (les Républicains) de suspendre les cours de turc et d’arabe, enseignés dans le cadre du programme "Enseignement de langue et de culture d’origine" (ELCO), le préfet de l’Yonne Jean-Christophe Moraud a estimé que le maire n’a aucune compétence sur le sujet, qui dépend normalement de l’Académie de la région.

Dans un communiqué relayé par la chaine locale Auxerre TV, le préfet a souligné que le maire n’avait retenu que "des éléments partiels" de la réunion des maires organisée le 22 janvier sur les mesures de sécurités dans les établissements scolaires, à laquelle Boucher n’a assisté que durant un quart d’heure.

Les mesures de sécurité supplémentaires que les établissements scolaires sont tenues de mettre en place dans le cadre de l’état d’urgence n’évoquent nullement la proscription "au nom de la sécurité tel ou tel enseignement, telle ou telle activité scolaire ou périscolaire sur le fondement d’impératifs de sécurité", a encore insisté le préfet.

D’autre part, l’inspectrice de l’Académie régionale avait refusé à deux reprises la suppression de ces cours, à la demande du maire, lui informant qu’un tel dispositif ne relève pas des compétences de ce dernier, a fait remarquer la chaine locale.

Dans sa récente décision d’interdiction, le maire avait invoqué des "raisons de sécurité" et la "menace terroriste" qui vise les établissements scolaires dans les petites communes en France.

Le vice-président de l’Union culturelle turque migennoise, Faruk Biyik, avait regretté pour sa part une affaire "discriminatoire", évoquant que cela revient à l’Académie et non pas au maire de prendre une telle initiative. Le professeur enseigne la langue turque dans quatre autres communes sans que cela ne pose aucun problème, avait rappelé Biyik, dans son commentaire pour Anadolu.

Source : AA


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