Jean-Marc « Ara » Toranian renvoyé devant le tribunal de grande instance de Paris

vendredi 25 décembre 2015, par Maxime Gauin

Il n’y avait pas lieu (pour lui) de se réjouir. Le 2 juillet dernier, Jean-Marc « Ara » Toranian, directeur des Nouvelles d’Arménie magazine et ancien dirigeant de ce qui fut (jusqu’en 1983) la branche politique de l’ASALA en France, avait annoncé, sans précaution ni nuances : « La plainte pour diffamation de Maxime Gauin contre Ara Toranian [déposée le 11 février 2014] s’est soldée par un non-lieu. » C’était, en l’occurrence, faire preuve d’une témérité remarquable, et d’un manque évident de psychologie. Commeje l’ai annoncé, et comme M. Toranian aurait dû s’y attendre, nous avons fait appel, moi, Me Patrick Maisonneuve et Me Marie Normand. L’audience s’est tenue le 13 novembre, et un mois plus tard, le 18 décembre exactement, l’arrêt de la chambre d’instruction a été rendu (puis il est parvenu aux parties le 23, par courrier). Le non-lieu au bénéfice de M. Toranian est annulé. La chambre d’instruction nous a donné raison sur ce qui était l’essentiel, c’est-à-dire le message diffamatoire posté le 13 novembre 2013 par Samuel Tilbian, trésorier de la Fédération des associations arméniennes de Rhône-Alpes. En effet, j’avais alerté M. Toranian à ce sujet le jour même, mais en vain jusqu’au 29 janvier 2014 (M. Toranian ayant finalement réagi, après un deuxième avertissement, envoyé par Me Patrick Maisonneuve cette fois). De ce fait, M. Toranian doit être jugé comme auteur principal, au sens juridique, de ce message-là. La chambre :

« DIT qu’il existe des charges suffisantes contre M. Jean-Marc TORANIAN d’avoir à Paris et sur le territoire national, le 13 novembre 2013, et en tout cas depuis un temps non couvert par la prescription, en sa qualité de directeur de la publication du site www.armenews.com, commis le délit de diffamation publique envers un particulier, en l’espèce M. Maxime GAUIN, par un moyen de communication au public par voie électronique, en diffusant les propos mis en ligne par M. Samuel TILBIAN sous le pseudonyme “SAMTILBIAN” :

“Dussardier, notre prétendu historien, véritable tâcheron au service du fascisme turc, nous sort un article dans Turquie News (http://www.turquie-news.com/rubriques/editos-tribune-libre/17444-taner-akcam-la-mystification.html ), dans lequel il s’épuise à vouloir démonter les preuves irréfutables accumulées par Vahakn Dadrian et Taner Akçam, ça devient chez lui une véritable obsession. (…)

Toujours selon notre négationniste patenté, les déportés étaient très bien nourris et accueillis et au cours des marches forcées, et toutes les photos et films de morts et de déportés squelettiques en haillons sont des faux.”

faits prévus et réprimés par les articles 23, alinéa 1, 29, alinéa 1, et 32, alinéa 1, de la loi du 29 juillet 1881,

ORDONNE le renvoi de M. Jean-Marc TORANIAN devant le tribunal correctionnel pour y être jugé conformément à la loi […] »

Quant à l’autre message de Samuel Tilbian visé par la plainte du 11 février 2014, c’est M. Tilbian seul qui en répondra devant la justice.

Décidément, l’automne judiciaire de l’année 2015 aura été pénible pour les nationalistes arméniens, particulièrement en France et en Suisse. À la suite d’une autre plainte, déposée en janvier dernier, M. Tilbian a été mis en examen, le 18 novembre, pour injure et diffamation envers moi — sa deuxième mise en examen de l’année. En effet, il s’en était de nouveau pris à moi, dans deux autres messages parus sur le forum d’armenews.com, en des termes qui dépassent les limites de la liberté d’expression (« faussaire professionnel en matière historique », par exemple). Le premier des deux messages visés par la plainte de janvier a été expurgé par M. Toranian sans même qu’il ait été nécessaire de le lui demander — ce qui prouve la vertu pédagogique des poursuites engagées contre lui — et le deuxième a été supprimé après un courrier de Me Patrick Maisonneuve. Puis, le 25 novembre, le parquet a requis le renvoi de M. Tilbian devant le tribunal de grande instance de Paris. Deux procédures judiciaires à son encontre ont fini par lui à apprendre à faire attention à ce qu’il écrit, du moins à mon égard, et ce d’autant plus que la solidarité arménienne ne lui a permis, à ce stade du moins, de se payer les services d’un avocat.

Il faut également rappeler que, par une coïncidence du calendrier, c’est le 15 octobre dernier que la Grande chambre de la CEDH a rejeté le recours de la Suisse dans l’affaire Perinçek. D’octobre à décembre, les déconvenues — ou les raisons de réjouir, selon le point de vue — se sont donc accumulées. Et ce n’est pas fini, car le même jour de janvier 2015, j’ai aussi déposé plainte contre M. Toranian, pour un éditorial virulent qu’il a rédigé contre moi à la fin de 2014 — où je suis, notamment, comparé à Robert Faurisson —, et contre la directrice du site du collectif VAN, pour avoir reproduit ce texte, sans prise de distance. Nous n’avons pas encore de nouvelles de l’instruction en cours, mais, logiquement, il devrait y en avoir sous peu.

Bonnes fêtes.

Maxime Gauin


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