L’économie turque reste solide en dépit des crises à répétition

dimanche 3 avril 2016, par Hakan

Le PIB turc a progressé de 4 % en 2015, en dépit des attentats.

C’est un peu une divine surprise dans un pays qui vient de connaître six attentats en huit mois. En 2015, l’économie turque a progressé de 4 % (+2,9 % en 2014), selon les données publiées jeudi par l’institut de la statistique. C’est mieux que ce que prévoyait le Fonds monétaire international, qui tablait sur une fourchette allant de 3 % à 3,5 %.

Forte consommation des ménages

L’accélération est venue surtout au quatrième trimestre avec un bond de 5,7 % du PIB (en rythme annualisé), après +3,9 % au cours des trois mois précédents. Corrigée toutefois de deux déformations statistiques – l’augmentation du nombre de jours travaillés et la saisonnalité –, la croissance s’est stabilisée autour de 3 % annualisés. Ce résultat tient à la « consommation des ménages qui a été forte à +4,7 %, tout comme d’ailleurs la dépense publique (+8, 1 %). La demande extérieure nette a, elle aussi, soutenu le PIB grâce à une facture pétrolière toujours plus basse et à une bonne résistance des exportations », résume Philippe Dauba-Pantanacce, « senior economist » de Standard Chartered Bank.

Ventes de voitures

Les consommateurs turcs se sont en effet affranchis en décembre des incertitudes politiques qui ont accompagné le pays durant toute l’année 2015. Les élections législatives de novembre , dont le parti de Recep Tayyip Erdogan est sorti conforté, ont effacé les craintes nées des premières élections de juin. Mis alors en minorité, Erdogan avait ordonné l’organisation d’un nouveau scrutin. Preuve que l’appétit de consommation est vite revenu : il s’est par exemple vendu, au dernier trimestre, deux fois plus de voitures qu’au cours des premiers mois de 2015.

La crise des réfugiés aurait pu peser davantage sur la croissance, il n’en a rien été. Et le premier groupe de 500 migrants renvoyés de Grèce en vertu du récent accord conclu avec l’Union européenne, qui arrive lundi sur le sol turc, ne changera rien : la Turquie est déjà devenue, avec 2,9 millions de personnes arrivées sur son sol, le premier pays d’accueil de migrants au monde. Les tensions internationales, enfin, sont elles aussi restées sans effet. Alors que le ton se durcit avec le Kurdistan, le président Erdogan n’a pas hésité à ouvrir un nouveau front avec Moscou en faisant abattre, fin novembre, un avion de chasse russe qui avait fait une incursion dans son espace aérien.

Facteurs de risque

Mais même si l’année 2015 se termine sur une note positive, les investisseurs étrangers continuent de s’inquiéter des facteurs de risque pour les mois à venir : « La concentration du pouvoir autour de la personne du président, la quasi-disparition d’une tolérance à la contestation dans l’espace public, le remaniement de postes clefs dans les grands corps d’Etat, dans la justice, la police, les renseignements. Tout cela pointe vers une érosion de l’Etat de droit, des processus de décisions politiques et administratifs plus arbitraires », note Philippe Dauba-Pantanacce. Et le calme ne règne pas. Jeudi, l’armée turque a démenti toute velléité de coup d’Etat contre le président. Et a engagé des poursuites contre certains journaux accusés de saper le moral des troupes.

Source : Les Echos


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